De nombreuses personnes essaient de garder leur cerveau vif avec des mots croisés ou un entraînement de la mémoire. Mais pour le neurologue David Dodick, cela ne suffit pas. « Pour protéger le cerveau, il faut protéger le reste du corps », explique l’expert en longévité sur la plateforme américaine « CNBC Make it ».
Le neurologue américain étudie depuis de nombreuses années les migraines, les commotions cérébrales et les maladies des vaisseaux cérébraux. Ces dernières années, il s’est de plus en plus concentré sur la médecine préventive et le vieillissement en bonne santé. Il étudie entre autres comment retarder le plus longtemps possible des maladies telles que la démence.
Il faut plus qu’une seule mesure pour lutter contre la démence
L’actuelle commission du Lancet sur la prévention de la démence montre également que ce n’est pas une mesure unique qui est décisive, mais plutôt que plusieurs facteurs liés au mode de vie interagissent. Elle arrive à la conclusion que jusqu’à 45 pour cent de tous les cas de démence peuvent théoriquement être retardés ou évités grâce à des facteurs de risque modifiables.
En Allemagne également, la démence constitue l’un des plus grands problèmes de santé liés à la vieillesse. Selon la Société allemande Alzheimer, environ 1,8 million de personnes souffrent actuellement de démence. En raison du vieillissement de la population, les experts s’attendent à ce que ce chiffre continue d’augmenter au cours des prochaines décennies. Alors, que peut-on y faire ?
1. L’exercice régulier renforce la santé mentale
Pour Dodick, l’exercice passe avant tout. Il recommande l’entraînement en force et l’entraînement d’endurance régulier, car tous deux maintiennent le corps en bonne santé. « Je fais des sports d’endurance tous les jours. Je fais aussi de la course à pied : je sprinte pendant 60 à 90 secondes, puis je marche ou je fais du jogging vif pendant 60 à 90 secondes et je répète pendant environ six à dix minutes », rapporte le médecin sur « CNBC Make it ».
De nombreuses grandes études montrent désormais que l’activité physique fait bien plus qu’améliorer la condition physique. Entre autres choses, il améliore le flux sanguin vers le cerveau, soutient les processus métaboliques et est associé à un risque plus faible de troubles cognitifs.
L’Organisation mondiale de la santé recommande également aux adultes de faire au moins 150 minutes d’activité physique par semaine et de faire des exercices de renforcement musculaire pendant au moins deux jours. L’entraînement en force, en particulier, joue un rôle plus important que ce que beaucoup de gens pensent. En vieillissant, la masse musculaire diminue naturellement. Dans le même temps, la force musculaire, le métabolisme et la santé cérébrale sont plus étroitement liés qu’on ne le pensait depuis longtemps.
2. Le sommeil protège la santé mentale
En plus de l’exercice, Dodick décrit le sommeil comme essentiel. Pendant le sommeil, d’importants processus de réparation et de nettoyage ont lieu dans le cerveau. Dans le même temps, les souvenirs sont consolidés et les produits métaboliques sont éliminés.
Un mauvais sommeil chronique est désormais considéré comme l’un des facteurs pouvant être associés à un risque accru de démence à long terme. C’est l’une des raisons pour lesquelles un sommeil sain fait partie des recommandations de la Commission Lancet.
3. Restez mentalement actif
Selon le neurologue, quiconque met son cerveau au défi n’entraîne pas seulement sa mémoire. Les activités dans lesquelles le mouvement et la réflexion se rejoignent sont particulièrement utiles, comme la danse ou l’apprentissage d’un nouvel instrument ou d’une nouvelle langue.
De telles activités demandent simultanément de l’attention, de la coordination et de la mémoire. Les chercheurs supposent qu’ils peuvent contribuer à développer ce qu’on appelle la réserve cognitive, c’est-à-dire la capacité du cerveau à mieux compenser les changements liés à l’âge.
4. La nutrition affecte également le cerveau
Dodick ne s’appuie pas non plus sur des superaliments individuels pour manger. Il est basé sur ce qu’on appelle le régime mental. Il combine des éléments des régimes méditerranéen et Dash, en mettant l’accent sur les légumes, les légumineuses, les noix, les baies, le poisson, la volaille et l’huile d’olive.
L’étude originale de l’Université Rush dirigée par Martha Clare Morris a montré qu’une forte adhésion au régime Mind était associée à un risque plus faible de maladie d’Alzheimer. De récentes études de cohorte à grande échelle et une méta-analyse arrivent également à la conclusion qu’une plus grande adhésion au Mind Diet peut être associée à un risque plus faible de démence. Toutefois, les experts soulignent que ce ne sont pas les aliments individuels qui sont déterminants, mais le régime alimentaire global.
5. Entretenir des contacts sociaux
Dodick passe beaucoup de temps avec sa famille et ses amis. Il existe également des preuves scientifiques à ce sujet. L’isolement social est désormais l’un des facteurs contrôlables associés à un risque plus élevé de démence.
En revanche, une interaction sociale régulière peut aider à rester mentalement actif et à favoriser le bien-être. La Commission Lancet souligne que la santé du cerveau ne dépend pas seulement de l’exercice ou de l’alimentation, mais également de nombreux domaines de la vie.
Conclusion : aucune habitude ne fait la différence
Le message le plus important de Dodick n’est pas qu’un exercice particulier ou un seul aliment maintient le cerveau jeune. La recherche montre désormais une image claire : aucune habitude seule ne détermine un vieillissement en bonne santé.
La santé cérébrale résulte plutôt de l’interaction entre l’exercice, un sommeil suffisant, une alimentation équilibrée, l’activité mentale et les contacts sociaux. Bien qu’il n’y ait aucune garantie, dans l’état actuel des connaissances, ils peuvent avoir une influence positive sur le risque de démence.
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