Malgré la consommation d’alcool au travail : le chef de chantier reçoit 102 911 euros



Un directeur de chantier dans le sud de la France a été licencié après avoir été contrôlé positif à l’alcool sur un chantier de construction. Mais l’employeur n’a apparemment pas procédé à l’alcootest comme l’exige le règlement de l’entreprise.

Le plus important en bref

  • L’alcool sur le lieu de travail peut justifier un avertissement ou un licenciement. Le facteur décisif est de savoir si la consommation nuit au rendement au travail ou entraîne un risque.
  • Il n’existe pas de droit général au test d’alcoolémie en Allemagne.
  • Même en cas de soupçon précis, un employé peut généralement refuser de passer un alcootest.
  • Si un employé ne peut pas travailler en toute sécurité à cause de l’alcool, l’employeur ne peut pas continuer à l’employer.
  • Il n’y a pas de valeur fixe pour mille pour la résiliation. Les circonstances de chaque cas sont déterminantes.

Comme le rapporte le journal français « L’Indépendant », l’homme s’est vu accorder plus de 100 000 euros par un tribunal (numéro d’affaire : 24-17 302).

Le cas de la France

Le 14 octobre 2020, son patron lui demande de passer un alcootest sur un chantier du pays de Carcassonne. L’employé a d’abord refusé de souffler dans l’appareil de mesure. Finalement, il a passé le test. Le résultat fut positif. L’homme a finalement reconnu à son supérieur qu’il avait bu de l’alcool au travail.

Le même jour, le directeur des travaux a été convoqué à un entretien concernant son licenciement et a été suspendu de ses fonctions par mesure de précaution. Treize jours plus tard, son employeur l’a licencié.

Au début, la position de l’entreprise semblait forte : si un employé est ivre sur un chantier de construction, cela peut présenter des risques importants pour les employés, les autres personnes et les machines.

Mais le directeur de la construction n’a pas accepté le licenciement. Il s’est adressé au Conseil des prud’hommes de Carcassonne puis à la Cour d’appel de Montpellier. Au total, il a réclamé 128 123 euros à son employeur – y compris pour son salaire impayé et diverses indemnités liées à son licenciement.

Le test d’alcoolémie n’était pas crucial

Le problème pour l’employeur : dans le règlement de l’entreprise, l’entreprise elle-même avait précisé dans quelles conditions des alcootests pouvaient être effectués. Les exigences comprenaient un appareil de mesure approuvé, une personne dûment formée pour effectuer le test et la possibilité pour l’employé de contester le résultat.

Lors du procès, l’entreprise n’a pas pu prouver que ces exigences avaient été respectées.

Il est notamment resté ouvert

  • si l’alcoolomètre utilisé était effectivement agréé,
  • si les personnes qui ont effectué le test étaient formées pour le faire
  • et si l’employé avait été informé de son droit de contester le résultat et de demander une contre-enquête.

Cela signifiait que le test d’alcoolémie positif comme preuve devenait un problème.

Le tribunal accorde au maître d’ouvrage 102 911 euros

Le 3 avril 2024, la cour d’appel de Montpellier a donc jugé que le licenciement n’était pas fondé en droit. Elle a condamné l’employeur à verser au maître d’œuvre 102 911 euros.

La somme comprenait, entre autres, le salaire impayé, l’indemnité de préavis, l’indemnité de licenciement et les dommages et intérêts. En outre, l’entreprise France Travail a dû rembourser les allocations de chômage que l’homme avait perçues – jusqu’à six mois.

L’employeur n’a pas voulu accepter la décision et s’est adressé à la Cour de cassation française, la plus haute juridiction française en matière civile et pénale. Mais là aussi, l’entreprise a échoué.

Alcool au travail : ce qui s’applique en Allemagne

Cependant, les juges ont précisé qu’un employeur en France est autorisé à contrôler l’alcool de ses employés. De tels contrôles peuvent être autorisés en France, notamment pour les activités dangereuses telles que les travaux sur les chantiers de construction.

Mais quelle est la situation en Allemagne ? Que peut faire un employeur si un employé arrive au travail ivre ?

Selon l’assurance accident légale allemande (DGUV), l’employeur peut demander ou proposer un test en cas de suspicion spécifique ; Le salarié peut toutefois le refuser. Les employés ne doivent pas être obligés de subir un test d’alcoolémie ou une alcootest. Ceci s’applique également en cas de suspicion spécifique. Les examens de routine inutiles ne sont pas non plus autorisés.

Si un employé ne peut pas travailler en toute sécurité à cause de l’alcool, l’employeur ne peut pas continuer à l’employer. S’il n’y a pas d’autre tâche sécuritaire, une interdiction d’emploi s’applique pour la journée. L’employeur doit également s’assurer que le salarié rentre chez lui en toute sécurité.

Ceci est particulièrement important pour les ouvriers du bâtiment, les conducteurs, les opérateurs de machines ou autres employés effectuant des tâches dangereuses. La DGUV recommande des règles d’entreprise claires en matière de gestion de l’alcool, notamment pour les activités à haut risque potentiel.

Allemagne : pas d’alcoolémie fixe pour le licenciement

L’alcool sur le lieu de travail peut justifier un avertissement ou un licenciement. Le facteur décisif est de savoir si la consommation nuit au rendement au travail ou entraîne un risque.

Cela ne dépend pas simplement du fait que quelqu’un ait un taux d’alcoolémie de 0,5 ou de 1,0, par exemple. Ce qui est crucial est de savoir si et comment la consommation d’alcool affecte les obligations contractuelles de travail et la sécurité.

La DGUV souligne également que les conséquences en matière de droit du travail ne reposent pas sur des valeurs limites fixes comme dans le trafic routier, mais plutôt sur les effets sur la performance du travail due et sur le risque.

Entre autres choses, les éléments suivants sont cruciaux :

  • Dans quelle mesure l’employé était-il ivre ?
  • Quel métier faisait-il ?
  • Y avait-il un danger spécifique pour lui ou pour autrui ?
  • Y avait-il une interdiction d’alcool dans l’entreprise ?
  • La consommation d’alcool a-t-elle affecté les performances au travail ?
  • S’agit-il d’un incident ponctuel ou existe-t-il déjà des avertissements ?
  • Y a-t-il une dépendance à l’alcool ?

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