La génération Z n’est pas stupide, mais vit de profonds changements

Les jeunes générations sont-elles plus bêtes que leurs prédécesseurs ? Une question provocante suivie d’une réponse sobre : si l’on regarde les mesures de performance classiques, de nombreux éléments suggèrent un déclin des compétences centrales.

Mais le développement réel est plus profond. Il ne s’agit pas seulement de valeurs de test, mais aussi d’un changement d’attention, d’image de soi, de compétences et de normes dans des conditions de stimulation numérique. Il s’agit moins d’un pessimisme culturel que de la description d’une restructuration en cours qui touche toutes les générations.

Andreas Herteux est chercheur économique et social et auteur de l’ouvrage de référence sur l’histoire des électeurs libres (FW). Il fait partie de notre Cercle EXPERTS.

Baisse des normes dans les tests de performances

Les performances scolaires en Allemagne ont considérablement chuté. Lors de l’enquête PISA 2022, les mathématiques, la lecture et les sciences ont atteint leurs niveaux les plus bas depuis le début de l’enquête ; Rien qu’en mathématiques, l’Allemagne a perdu 25 points depuis 2018. 30 pour cent des jeunes sont considérés comme peu performants en mathématiques et 26 pour cent en lecture. Quiconque veut relativiser se méprend sur la situation.

La tendance éducative IQB 2024 montre une évolution similaire. Des différences subsistent entre les Länder, mais elles sont globalement moindres. La migration est un facteur, mais pas la seule cause. Les explications classiques telles que le sous-financement, la pénurie d’enseignants ou les inégalités sociales ne sont pas non plus des causes individuelles.

Il existe également de plus en plus de preuves de déficits en dehors de l’école. Dans l’enquête DIHK sur la formation 2025, les entreprises signalent des problèmes de résilience, d’allemand et de mathématiques.

Dans le même temps, la capacité à travailler en équipe est majoritairement perçue de manière positive. Cela contredit les jugements généraux sur la « jeunesse ». Cela montre plutôt un écart entre les capacités émergentes et les exigences des systèmes existants.

Qu’est-ce que l’intelligence exactement ?

L’intelligence est bien plus que le QI : la capacité d’apprendre, de s’adapter, de penser de manière abstraite et de résoudre des problèmes. Les compétences analytiques, linguistiques, sociales et émotionnelles fonctionnent ensemble. Les compétences sociales et émotionnelles, en particulier, sont essentielles à la réussite scolaire, à la santé et à la participation sociale et sont étroitement liées aux notes, aux absences et aux attentes futures. Quiconque mesure uniquement la cognition échoue.

L’effet Flynn, c’est-à-dire l’augmentation à long terme des valeurs du QI, semble s’inverser partiellement. Les données norvégiennes, par exemple, montrent des déclins principalement attribués à des facteurs environnementaux. Cela suggère que c’est moins l’intelligence biologique qui change que les profils cognitifs dans de nouvelles conditions.

Le conditionnement numérique change les gens

Un facteur central est l’environnement de relance numérique. Il génère des stimuli rapides et à haute fréquence qui façonnent le comportement et la perception. Le résultat est une personne qui se concentre sur les stimuli changeants, le multitâche, le traitement non linéaire et l’interaction constante.

Les études montrent des changements correspondants dans les profils de compétences, des conflits d’identité et une orientation plus forte vers des systèmes de récompense à court terme. Il ne s’agit pas d’une dévaluation, mais plutôt d’une adaptation à un environnement modifié.

L’individualisme change les normes

Dans le même temps, les normes évoluent. Les espaces numériques offrent une valorisation de soi, une résonance permanente et des étapes individualisées. En revanche, il existe une réalité qui exige des hiérarchies, de la tolérance à l’égard de la frustration, de la procrastination et du respect des règles.

Cela crée des tensions, des problèmes de motivation et des conflits d’identification. Les observations des chômeurs de longue durée, par exemple, montrent que leurs propres systèmes de normes émergent parfois. Ce qui est frappant, c’est que cette évolution ne concerne pas uniquement les jeunes générations.

La pandémie n’a pas créé ces processus, mais elle les a accélérés. Il a été démontré que les restrictions en matière d’éducation contribuent à la baisse des performances. Dans le même temps, l’absentéisme, l’abandon scolaire et les problèmes d’attachement ont augmenté. L’isolement a affecté les jeunes à des stades de développement sensibles et a renforcé les tendances existantes.

Une nouvelle personne émerge

La question « la génération Z est-elle plus stupide » n’est pas à la hauteur. La question la plus pertinente est la suivante : quel genre de personnes notre époque produit-elle ? La réponse : non pas une personne moins intelligente, mais une personne conditionnée différemment. Celui qui traite l’information différemment, sous-traite certains processus de pensée et développe d’autres points forts, mais en même temps a plus souvent des problèmes de profondeur, de patience, de tolérance à la frustration et d’effort linéaire.

Il faut y répondre – avec des formes d’apprentissage adaptées, des structures de travail, une didactique plus intelligente et des informations sur les mécanismes numériques. Il ne faut cependant pas abandonner une limite : la maîtrise de soi. Quiconque permet de contrôler systématiquement son attention, son comportement et ses besoins finira par perdre non seulement sa concentration, mais aussi un peu de liberté.





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