Ce qui devait être une planification fiscale astucieuse s’est soldé par un versement supplémentaire inattendu : un Français doit transférer 48 000 euros à son frère, alors qu’ils avaient tous deux reçu de leurs parents un appartement de même valeur il y a douze ans. Le journal français « Le Figaro » en parle.
En 2013, les parents offrent à leurs deux fils Jules et Félix (prénoms modifiés) un appartement d’une valeur de 300 000 euros. Tandis que Jules obtient un appartement à Paris, son frère acquiert une propriété en périphérie de la capitale.
A cette époque, les deux objets valaient la même chose. Mais dans les années suivantes, les prix de l’immobilier ont évolué différemment.
Un appartement à Paris a pris beaucoup plus de valeur
Lorsque le dernier parent vivant décède douze ans plus tard, les frères se retrouvent chez le notaire. Il s’est avéré que l’appartement en région parisienne valait désormais environ 370 000 euros, tandis que l’appartement à Paris valait environ 490 000 euros.
Selon le droit successoral français, de telles donations sont généralement prises en compte lors de la répartition ultérieure de la succession. Cela a créé un déséquilibre entre les frères.
Résultat : le frère bénéficiant de l’augmentation de propriété a dû verser à son frère une compensation financière – en l’occurrence 48 000 euros. Il a pu le faire grâce à l’argent supplémentaire de la succession.
Le notaire garantit l’égalité de traitement des enfants
Le contexte du versement constitue un principe fondamental du droit successoral français. Si plusieurs donations sont faites au cours d’une vie, un contrôle successoral sera effectué pour déterminer si tous les enfants ont été traités de manière égale sur le plan économique.
Si les biens cédés ont évolué différemment, une compensation peut être nécessaire. Quiconque a davantage bénéficié de la plus-value devra peut-être verser de l’argent à ses frères et sœurs.
Les experts préviennent que de tels paiements supplémentaires peuvent devenir problématiques. Ceux qui ne disposent pas de réserves suffisantes pourraient même être contraints de vendre des actifs pour combler le solde.
De cette façon, les parents auraient pu éviter les problèmes
Selon les experts interrogés, l’affaire aurait pu être évitée grâce à une autre forme de don.
En France, il existe ce qu’on appelle la « donation partage », un don avec une répartition contraignante entre les futurs héritiers. La valeur des actifs est enregistrée au moment du transfert. Les plus-values ultérieures ne jouent généralement plus de rôle dans le litige successoral.
Allemagne : les plus-values ne jouent généralement aucun rôle
En Allemagne, la situation est souvent différente : si un bien est transféré sous forme de donation de votre vivant, c’est généralement sa valeur au moment de la donation qui compte. Les augmentations ultérieures de la valeur de la propriété ne signifient généralement pas automatiquement que les frères et sœurs peuvent exiger une indemnisation après le décès de leurs parents.
Cependant, il existe également des exceptions dans ce pays. Notamment dans le cas de droits supplémentaires à la part obligatoire, d’obligations de compensation entre descendants ou d’instructions particulières dans le testament, les donations antérieures peuvent redevenir pertinentes plus tard.
Sept erreurs coûteuses lors d’un héritage ou d’un don
Selon les avocats spécialisés, voici les principaux risques qui se cachent :
- Reprendre les valeurs des propriétés sans vérifier
- Ne mettez pas d’argent de côté pour d’éventuels paiements d’impôts
- Des délais importants manqués
- Accepter l’héritage prématurément
- Laisser les indemnités inutilisées
- Utiliser à tort les règles fiscales du logement familial
- Réclamez les réclamations de la portion obligatoire sans contrepartie
Particulièrement important : dans de nombreux cas, les allocations pour donations et successions peuvent être réutilisées tous les dix ans. Une planification précoce peut donc permettre d’économiser d’importantes sommes d’impôt.