Pourquoi le risque cardiaque chez les femmes augmente même avant la ménopause



Pourquoi la phase de transition est plus importante que la ménopause elle-même

La plupart des femmes associent la ménopause aux bouffées de chaleur, aux problèmes de sommeil et aux sautes d’humeur. Presque personne ne parle du cœur. Une nouvelle analyse du Journal of the American Heart Association met exactement cela en évidence. Une équipe de recherche de l’Université d’Alabama à Birmingham a examiné la santé cardiaque de 9 248 femmes et a découvert un problème évident. Le risque n’augmente pas seulement avec la ménopause, mais aussi dans la phase qui la précède. Cette phase de transition est appelée périménopause et comprend les années au cours desquelles les périodes menstruelles deviennent irrégulières et les niveaux d’hormones fluctuent considérablement.

Ce que l’étude a réellement mesuré

Les chercheurs ont utilisé le score Life’s Essential 8 de l’American Heart Association comme référence. Cette valeur varie de 0 à 100 et résume huit facteurs qui reflètent ensemble la santé cardiaque. Quatre d’entre eux concernent le comportement et quatre la condition physique :

Nils Behrens est l’un des experts en longévité les plus connus dans les pays germanophones et animateur du podcast HEALTHWISE. Il fait partie de notre réseau d’experts EXPERTS Circle.

  • Exercice, régime alimentaire, tabagisme et sommeil
  • Tension artérielle, lipides sanguins, glycémie et poids corporel

Les données proviennent d’une vaste enquête américaine sur la santé menée de 2007 à 2020. La valeur moyenne a considérablement diminué au cours des trois phases. Les femmes préménopausées ont obtenu 72,2 points, les femmes périménopausées 67,3 et les femmes ménopausées 64,0. Chaque point en moins signifie un pire profil cardiaque.

Les lipides sanguins et la glycémie sont les premiers à glisser

La véritable découverte réside dans les détails. Après ajustement en fonction de l’âge, les femmes en périménopause étaient environ deux fois plus susceptibles que les femmes préménopausées d’avoir un score global médiocre. Deux domaines se sont démarqués. Le risque d’un faible taux de lipides sanguins était 76 pour cent plus élevé, et celui d’un faible taux de sucre dans le sang était 83 pour cent plus élevé. La valeur globale était encore plus faible chez les femmes ménopausées, mais cette différence n’était pas statistiquement significative. En d’autres termes : le saut le plus net et clairement mesurable se produit pendant la transition, pas après.

Pourquoi la fluctuation est plus dangereuse que la carence

Les auteurs proposent une explication qui modifie le tableau commun de la ménopause. Pendant longtemps, les niveaux d’œstrogènes constamment bas ont été considérés comme le principal problème. L’œstrogène protège le cœur, améliore les lipides sanguins et maintient la souplesse des vaisseaux. Les nouvelles données suggèrent le contraire. Ce n’est pas la carence ultérieure qui cause les plus grands dégâts, mais plutôt les niveaux hormonaux perturbés de la phase de transition. Ces fluctuations créent un environnement métabolique instable qui déséquilibre les lipides sanguins et la glycémie. Cela explique pourquoi l’augmentation du risque est la plus importante avant la ménopause proprement dite.

La plage horaire pouvant être utilisée

C’est là que réside la véritable bonne nouvelle. Le directeur de l’étude parle expressément de fenêtre d’opportunité. Quiconque commence à garder un œil sur ses propres valeurs pendant la périménopause peut prendre des contre-mesures avant que les risques ne s’établissent. Cela ne nécessite pas de diagnostics complexes, mais plutôt de routine. Concrètement, cela signifie quatre étapes :

  1. Faites vérifier régulièrement votre tension artérielle, votre taux de cholestérol et votre glycémie au lieu d’attendre la ménopause.
  2. Ajustez le régime spécifiquement parce qu’il a donné les pires résultats dans tous les groupes. Les auteurs de l’étude recommandent le régime DASH, c’est-à-dire beaucoup de légumes, de fruits et de céréales complètes avec peu de sel.
  3. Intégrez de l’exercice régulier, en particulier pendant la phase de transition. Des recherches antérieures montrent que l’exercice protège la santé cardiaque ici, tandis que son effet est plus faible après la ménopause.
  4. Parlez à votre équipe médicale de votre propre statut hormonal et établissez une base de référence.

Malgré toute la clarté, cela vaut la peine d’y jeter un coup d’œil sobre. L’évaluation montre des liens, pas des causes. Cela montre que les femmes en périménopause sont plus susceptibles d’avoir de mauvaises valeurs, mais cela ne prouve pas que la transition à elle seule en soit la cause. Les chercheurs prévoient donc une observation à long terme qui permettra de suivre les niveaux d’hormones et la santé cardiaque au fil des années. Cela change peu dans la pratique. Parce que les étapes recommandées ne font de mal à personne et sont bénéfiques quelle que soit l’importance de la portion hormonale.

Le levier pour des années plus saines

Cela nous amène à boucler la boucle en ce qui concerne la longévité, c’est-à-dire la question de savoir combien d’années une personne reste en bonne santé. La santé cardiovasculaire est l’un des indicateurs les plus puissants de la durée pendant laquelle une personne sera active, mobile et indépendante tout au long de sa vie. Protéger le cœur à la quarantaine ne réduit pas seulement le risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral. Elle influence l’ensemble de la durée de santé, c’est-à-dire le nombre d’années en bonne forme. La périménopause est bien plus qu’un simple épisode hormonal. Il s’agit d’un moment où l’évolution ultérieure du vieillissement peut être considérablement influencée.








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