Lors des chaudes journées d’été, les piscines extérieures sont souvent un joyeux chaos. Les enfants sautent dans l’eau, rient, s’éclaboussent et jouent avec leurs amis. Les parents s’assoient au bord de la piscine ou sur la pelouse et profitent du soleil. C’est précisément dans cette atmosphère apparemment insouciante qu’existe un danger que beaucoup de gens sous-estiment : la noyade a généralement un aspect complètement différent de celui que nous connaissons au cinéma ou à la télévision.
Dans mon travail de contremaître d’entreprises de piscine, de formateur et de directeur d’exploitation, je constate à plusieurs reprises que de nombreux parents ont une idée fausse d’une urgence dans l’eau. Ils s’attendent à des appels à l’aide, à des signes frénétiques ou à des cris bruyants. La réalité est souvent bien moins spectaculaire – et c’est précisément pour cela qu’elle est si dangereuse.
Ralf Großmann est sauveteur et gère lui-même les piscines. Il fait partie de notre réseau d’experts EXPERTS Circle.
La noyade se produit généralement en silence
La plupart des enfants qui se trouvent dans une situation où leur vie est en danger n’appellent pas à l’aide. Ils sont occupés à essayer de respirer et de garder la tête hors de l’eau. Il n’y a souvent plus de force pour crier à l’aide.
Les signes typiques peuvent inclure un aspect vitreux, une posture droite dans l’eau ou des mouvements non coordonnés des bras. Souvent, les enfants ne progressent plus. De l’extérieur, la situation semble parfois même inaperçue. C’est précisément la raison pour laquelle les situations d’urgence ne sont souvent reconnues que tardivement.
Quiconque surveille un enfant doit donc non seulement le regarder régulièrement, mais aussi l’observer attentivement. Quelques secondes peuvent faire une grande différence dans l’eau.
Les eaux peu profondes peuvent également être dangereuses
De nombreuses personnes associent automatiquement les noyades aux piscines profondes, aux lacs ou à l’océan. En fait, même les eaux peu profondes peuvent être dangereuses.
Les jeunes enfants, en particulier, n’ont pas encore les capacités motrices nécessaires pour se libérer de toutes les situations. Si la tête de l’enfant est immergée dans l’eau et ne peut plus se relever, même une petite quantité d’eau peut constituer un danger.
C’est pourquoi les pataugeoires, les berges peu profondes, les bassins de jardin ou les piscines ne doivent jamais être sous-estimés. L’eau ne fait aucune distinction entre profonde et peu profonde.
L’hippocampe n’est pas un billet gratuit
Une autre erreur que je rencontre régulièrement dans la vie de tous les jours. De nombreux parents associent l’hippocampe à la baignade en toute sécurité. Ce badge ne confirme que les compétences aquatiques de base.
L’hippocampe est une étape importante et un motif de célébration. Cependant, cela ne signifie pas automatiquement qu’un enfant peut gérer en toute sécurité toutes les situations dans l’eau.
De nombreux enfants savent nager quelques mètres après avoir obtenu le badge, mais atteignent rapidement leurs limites lorsqu’il s’agit de longues distances, de vagues, de stress ou d’épuisement. Quiconque considère l’hippocampe comme un gage de sécurité surestime souvent les capacités réelles de son enfant.
Quels enfants sont particulièrement à risque
Les enfants qui ne savent pas encore nager sont particulièrement exposés. Cela ne surprend presque personne. Ce que l’on sait moins, c’est que les enfants ayant des compétences initiales en natation peuvent également appartenir aux groupes à risque.
Les enfants deviennent plus confiants à mesure qu’ils acquièrent de l’expérience. C’est fondamentalement positif. En même temps, cette nouvelle confiance en soi conduit parfois à mal évaluer les dangers.
Les aides à la natation peuvent également procurer un faux sentiment de sécurité. Ils ne remplacent pas la capacité de nager ou la surveillance.
Dans le même temps, il n’existe pas de règle absolue permettant d’évaluer le risque d’un enfant. Les parents connaissent généralement leur enfant mieux que quiconque. Vous savez s’il est plus prudent ou disposé à prendre des risques, s’il se surestime rapidement ou s’il réagit de manière incertaine dans des situations inconnues. Il convient donc de considérer chaque enfant individuellement.
Ce qu’un nageur prudent devrait être capable de faire
Nager en toute sécurité signifie bien plus que pouvoir parcourir quelques mètres dans l’eau.
Un nageur sécuritaire doit être capable de s’orienter en eau profonde, de garder le contrôle après un saut et de parcourir de plus longues distances sans faire de pause. La capacité à rester calme et à réagir correctement dans des situations inconnues est tout aussi importante.
La natation n’est pas un état qui peut être atteint en une seule journée. Il se développe grâce à une pratique régulière et à l’expérience dans l’eau.
L’aide à la nage la plus importante est située au bord de la piscine
Lorsque les parents me demandent comment protéger au mieux leur enfant, ma réponse est toujours la même : par l’attention.
Aucun badge de natation ne remplace l’encadrement. Aucune aide à la natation ne remplace la surveillance. Et même le personnel d’une piscine ne peut pas assumer entièrement la responsabilité des parents.
Quiconque surveille un enfant près de l’eau doit le faire activement. Cela implique de mettre son téléphone portable de côté, de regarder régulièrement l’enfant et de rester à proximité, notamment avec des enfants plus jeunes.
Ce sont les parents qui connaissent le mieux leur enfant. C’est précisément la raison pour laquelle ils sont généralement les mieux placés pour évaluer le soutien nécessaire. Cependant, personne ne doit oublier que la noyade ne suit pas un schéma fixe. Chaque enfant réagit différemment, chaque situation évolue différemment.
En fin de compte, l’idée la plus importante est peut-être aussi la plus simple : les enfants n’ont pas seulement besoin de cours de natation et de badges de natation lorsqu’ils sont sur l’eau. Ils ont besoin que les adultes y prêtent attention. Car à ce jour, la meilleure aide à la natation n’est pas un badge, mais un œil vigilant.