La façon dont les gens se parlent a fondamentalement changé ces dernières années. Les évolutions technologiques, l’accessibilité constante et la présence omniprésente des smartphones ont sensiblement modifié la communication interpersonnelle. Une capacité qui a longtemps été considérée comme une expression naturelle du respect est de plus en plus mise sous pression : accorder toute son attention à l’autre.
Dans ce contexte, le journal en ligne français « Grazia » fait référence à une génération qui adhère particulièrement à une forme classique de culture de la conversation : les personnes nées avant 1980. Du point de vue des experts, elles sont considérées comme la dernière tranche d’âge pour laquelle il est naturel d’avoir une conversation sans distractions numériques. Celui qui parle à quelqu’un est présent, écoute et laisse son smartphone dans sa poche.
Le smartphone comme facteur perturbateur dans les conversations
Cette attitude se démarque particulièrement clairement des habitudes de communication actuelles. Pour de nombreuses personnes appartenant aux générations plus âgées, il est considéré comme extrêmement impoli de regarder son téléphone portable pendant une conversation ou de le poser ostensiblement sur la table du restaurant. Ce qui est depuis longtemps devenu normal pour certains s’entend ici comme un manque de respect envers l’autre.
Il existe même désormais un terme distinct pour ce comportement : phubbing – un mot créé à partir de « téléphone » et de « snubbing ». Cela décrit l’utilisation inappropriée des smartphones dans les interactions sociales.
Une étude de l’Université de Münster montre que cette forme de distraction n’est en aucun cas anodine. Les chercheurs ont découvert que le phubbing déclenche un sentiment d’exclusion sociale chez les personnes concernées. En conséquence, les besoins fondamentaux tels que l’appartenance et l’estime de soi sont menacés, l’humeur se détériore et la confiance dans l’interaction diminue également. Le smartphone devient non seulement un accessoire de la conversation, mais aussi un véritable facteur perturbateur de proximité interpersonnelle.
Pourquoi les jeunes générations communiquent différemment
Les jeunes générations ont souvent un rapport différent au monde numérique. Quiconque a grandi avec les médias sociaux, les services de messagerie et une disponibilité constante en ligne éprouve souvent la communication sous l’impression d’une urgence cognitive constante. La caisse d’assurance maladie Barmer explique ce qui se cache derrière.
Le phénomène est décrit comme FOMO – Fear of Missing Out – la peur de ne pas être à jour ou de manquer des moments sociaux cruciaux. D’autres personnes développent même des symptômes de nomophobie lorsqu’elles utilisent beaucoup leur smartphone : elles réagissent nerveusement ou anxieusement lorsque le téléphone portable n’est pas à portée de main.
Anisha Arenz, spécialiste en communication de l’Université d’Amsterdam, a évalué de nombreuses études empiriques pour découvrir quelles caractéristiques et quels modèles de comportement rendent le phubbing particulièrement probable. Leurs résultats sont clairs : les personnes qui ont généralement du mal à lâcher leur smartphone sont particulièrement susceptibles de faire du phub.
« Les modèles d’utilisation problématiques sont le meilleur indicateur du phubbing », explique Arenz. Donc, si vous remarquez que vous passez plus de temps sur votre téléphone portable que ce qui est bon pour vous et que vous avez du mal à vous en débarrasser, vous devez prendre ce comportement au sérieux.
Qu’est-ce qui aide contre le phubbing
Si vous voulez éviter le phubbing, vous pouvez y remédier avec des habitudes simples, décrit Barmer :
- Mettez votre smartphone hors de vue lors d’une conversation, par exemple dans votre poche.
- Désactivez les sonneries et les notifications pour réduire les distractions.
- Si vous devez être contacté, annoncez-le brièvement, faites vibrer votre téléphone portable et laissez-le dans votre poche.
- Planifiez consciemment les pauses de votre smartphone dans votre vie quotidienne en mettant l’appareil de côté ou en l’éteignant.
- Remettez régulièrement en question et surveillez attentivement votre propre comportement d’utilisation.
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