Les ruptures de célébrités montrent pourquoi les ex-couples restent souvent proches pendant longtemps



Les séparations actuelles de célébrités montrent clairement ce qui n’est en aucun cas inhabituel sur le plan psychologique : une séparation ne doit pas nécessairement être une rupture radicale. Sarah Connor a expliqué en septembre 2026 qu’elle et Florian Fischer ne formaient plus un « couple marié classique », mais continuaient à partager un espace de vie, un travail et du temps ensemble.

Annemarie et Wayne Carpendale ont rendu public qu’ils n’étaient plus en couple au début de l’année et qu’ils continuaient toujours à vivre sous le même toit en famille. Rien de sérieux ne peut être dit de l’extérieur sur les motivations privées de ces couples. Ce qui est plus excitant, c’est le phénomène qui se cache derrière : que se passe-t-il lorsque la relation amoureuse prend fin, mais que le lien et la vie quotidienne restent ensemble ?

Le professeur Wera Aretz, psychologue diplômée et professeur de psychologie d’entreprise, est thérapeute de couple certifiée et experte en rencontres en ligne. Elle fait partie de notre Cercle EXPERTS.

Psychologiquement, une rupture est souvent moins un point final clair qu’un processus de transition. Les relations ne se dissolvent pas sur simple pression d’un bouton. Les sentiments, les liens, les routines et les domaines de vie partagés peuvent continuer à exister même si la décision de ne pas être en couple est prise depuis longtemps.

Existe-t-il un terme psychologique pour désigner les couples qui se séparent en amoureux mais continuent à entretenir beaucoup de proximité et d’activités partagées ?

Il n’existe pas de terme uniforme en psychologie pour désigner exactement cette forme. La recherche examine plutôt comment les relations se développent après une séparation – par exemple sous la forme d’une amitié entre ex-partenaires ou, s’ils ont des enfants ensemble, sous la forme d’une relation de coparentalité.

Une relation étroite et continue avec votre ex-partenaire n’est pas nécessairement le signe que la séparation n’a pas encore été traitée. Les relations peuvent avoir leur fonction changement. Les amoureux peuvent devenir des amis, des personnes responsables les uns des autres ou continuer à être des personnes importantes. Des études montrent que des amitiés entre ex-partenaires existent, surtout si la relation précédente a été vécue comme positive.

Pourquoi la proximité persiste-t-elle ?

La théorie de l’attachement fournit une explication importante. Les partenaires à long terme deviennent souvent des figures centrales de liaison qui assurent la sécurité, influencent la vie quotidienne et aident à réguler le stress. Les psychologues Sbarra et Hazan (2008) décrivent ainsi les relations de couple proches comme des systèmes de co-régulation mutuelle. Ces fonctions qui se sont développées au fil des années ne disparaissent pas automatiquement avec la décision de séparation.

Il y a aussi des routines partagées, des amitiés, un espace de vie, des décisions économiques et souvent des enfants. Tout cela ne peut pas être réorganisé d’un instant à l’autre. Une séparation n’est donc pas un événement isolé, mais un processus d’adaptation plus long au cours duquel les liens émotionnels, les rôles et les domaines de vie partagés changent progressivement. Ce processus peut comprendre différentes phases, depuis une première confrontation interne avec l’insatisfaction jusqu’à la confrontation au sein du couple et le processus social jusqu’à la réinterprétation de la relation passée.

C’est précisément parce qu’un grand nombre de niveaux sont concernés en même temps que cette réorganisation se déroule rarement sans heurts. Même si un couple retrouve plus tard une relation amicale, le voyage peut être marqué par la colère, la tristesse, les insultes et les besoins contradictoires.

Une réorganisation progressive peut encore être un soulagement car tout ce qui a été porté pendant des années ne doit pas nécessairement disparaître au même moment. Mais c’est précisément là que réside le risque : une proximité continue peut être l’expression d’une réorientation réussie, mais elle peut aussi entretenir l’incertitude ou prolonger un état d’incertitude. Ce qui est donc crucial est moins si il y a encore de la proximité après la séparation, mais quelle signification cela a pour eux deux.

Une telle forme de séparation peut-elle fonctionner pour les deux partenaires, ou existe-t-il un risque que des attentes et des sentiments différents conduisent à des conflits ?

Les deux sont possibles. Ce qui compte, c’est moins le nombre de contacts que deux personnes ont après une rupture, mais plutôt le sens que ce contact a pour elles deux.

Cela devient particulièrement difficile lorsque les deux se trouvent à des moments émotionnels différents. Pour certains, des vacances ensemble sont déjà une expression d’amitié, pour d’autres, cela peut être le signe d’un espoir de retour. De même, la proximité physique peut signifier une certaine familiarité pour une personne, mais un amour continu pour une autre.

La recherche ne dresse donc pas un tableau simple du type « le contact avec son ex est bon » ou « le contact avec son ex est mauvais ». Une étude montre que l’effet d’un contact continu dépend, entre autres, de la mesure dans laquelle la séparation a déjà été acceptée et de la fonction que remplit le contact. Si vous avez des enfants ensemble, cela peut être nécessaire et utile, mais s’il y a encore un espoir de réconciliation, cela peut rendre la séparation émotionnelle plus difficile.

Un test utile est donc le suivant : le contact me rend-il plus calme et plus clair à long terme – ou entretient-il l’espoir, la rumination et le désir ?

Quelles conditions doivent être remplies pour qu’un tel modèle relationnel soit viable pour les deux parties ?

La nouvelle forme devient particulièrement viable lorsque la proximité est volontaire et ne découle pas de la culpabilité, de la peur de la solitude ou de l’espoir secret de retrouver la relation de couple. D’un autre côté, cela devient psychologiquement problématique si une personne vit déjà la nouvelle intimité sous forme d’amitié, tandis que l’autre continue de vivre intérieurement dans une relation de couple.

Il faut également des accords clairs : que signifie concrètement la séparation ? Quel rôle joue la proximité physique ? Comment gérez-vous les nouveaux partenaires ? Combien de temps ensemble vous semble-t-il approprié pour vous deux ? Et quelqu’un peut-il avoir besoin de plus de distance à tout moment ?

Cette clarté devient particulièrement importante lorsque nous avons des enfants ensemble. Les recherches sur la séparation et le divorce montrent que la séparation des parents n’est pas la seule à être stressante pour les enfants. Les conflits persistants, intenses et non résolus ainsi que les situations dans lesquelles les enfants sont pris entre les fronts sont particulièrement problématiques. Cependant, une coparentalité respectueuse, la fiabilité et de bonnes relations avec les deux parents peuvent être d’importants facteurs de protection.

Le facteur décisif est donc moins la forme extérieure de la vie familiale que la qualité de la vie commune après la séparation. Cela signifie également que vivre ensemble n’est pas automatiquement la meilleure solution pour les enfants. Ce qui est plus important, c’est l’atmosphère émotionnelle. Un ménage partagé où règnent de l’incertitude, des tensions ou des attentes contradictoires peut être plus stressant que deux ménages séparés avec des parents coopérants. Les enfants ont avant tout besoin de prévisibilité : que reste-t-il ? Qu’est-ce qui change ? Qui assume quel rôle ? Et ont-ils le droit d’aimer leurs deux parents sans avoir à prendre parti ?

C’est peut-être là le message le plus important : les relations ne doivent pas nécessairement passer de la proximité à la distance totale. Un partenariat peut prendre fin et la connexion peut toujours subsister. Cependant, cette nouvelle forme émerge rarement automatiquement et sans conflit. Il faut souvent le développer à travers des phases d’ambivalence, de tristesse, de colère, de distanciation et de réorientation.

Une séparation réussie ne signifie pas nécessairement ne plus avoir rien à voir l’un avec l’autre. Cela peut aussi consister à développer une forme de connexion différente, clairement définie et mutuellement compatible à partir d’une relation amoureuse.







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