Beaucoup de gens avalent des pilules pendant des années sans penser à leur cerveau. Mais certains médicaments courants contre les allergies, les problèmes de sommeil ou les brûlures d’estomac sont soupçonnés d’augmenter le risque de démence, tandis que les vaccins, les antihypertenseurs et d’autres médicaments peuvent protéger le cerveau.
Plusieurs études et analyses, dont fait également état le New York Times, en apportent des preuves concrètes. Ce qui est important, ce n’est pas seulement le principe actif lui-même, mais aussi la durée et la fréquence de prise.
Ce qui pourrait augmenter le risque de démence
1. Médicaments contre les allergies et les troubles du sommeil (anticholinergiques)
Les facteurs de risque les plus étudiés comprennent les médicaments anticholinergiques. Ils bloquent l’acétylcholine, un messager chimique important pour l’attention, l’apprentissage et la mémoire. Lorsque ces voies de signalisation sont atténuées, le cerveau a plus de mal à traiter les informations.
Ces ingrédients actifs se trouvent souvent dans les anciens antihistaminiques ou dans les somnifères en vente libre. À court terme, ils provoquent de la fatigue et des problèmes de concentration. Chez les personnes âgées, ils peuvent également créer de la confusion et augmenter le risque de chute. À long terme, les études montrent un risque significativement accru de démence.
Dans certaines études, le risque était environ 50 pour cent plus élevé pour les personnes qui prenaient de telles préparations quotidiennement pendant des années. « L’utilisation occasionnelle de Benadryl n’augmente probablement pas le risque de démence », déclare la pharmacienne Shelly Gray, selon le New York Times. L’utilisation à long terme reste particulièrement critique.
2. Antipsychotiques pour les maladies mentales graves
Les médicaments contre les maladies mentales graves, appelés antipsychotiques, sont utilisés, par exemple, dans les psychoses ou la schizophrénie. Ils peuvent réduire les délires, l’agitation grave ou les hallucinations. Ils sont donc importants pour de nombreux patients et ne doivent pas être considérés comme évitables de manière générale.
Néanmoins, des études montrent un lien avec les déficiences cognitives. L’évaluation reste difficile car une maladie mentale grave elle-même peut être associée à un risque plus élevé de démence. La dépression ou les symptômes psychotiques peuvent également être des signes précoces de l’apparition d’une démence.
Les experts sont particulièrement critiques quant à son utilisation chez les personnes déjà atteintes de démence. Les antipsychotiques sont souvent destinés à réduire l’agitation, l’agressivité ou les problèmes de sommeil. Cependant, selon le New York Times, il existe une forte tendance à réduire ces prescriptions de contrôle comportemental pour les patients atteints de démence. Ce médicament augmente également le risque de complications chez les personnes déjà malades.
3. Sédatifs et somnifères contenant des benzodiazépines
Les benzodiazépines ont un effet calmant et sont souvent utilisées contre l’anxiété ou les problèmes de sommeil. Chez les personnes âgées, ils augmentent les risques de confusion et de chutes.
Cependant, un lien direct avec la démence ne peut être clairement prouvé. Une analyse des patients ayant reçu ces médicaments pour des maux de dos n’a révélé aucune association avec des diagnostics ultérieurs. L’économiste de la santé Geoffrey Joyce a déclaré dans le New York Times qu’il ne voyait pas ce lien et que des recherches plus approfondies étaient nécessaires.
On ne sait pas encore clairement si le médicament lui-même ou les symptômes sous-jacents jouent un rôle.
La recherche est divisée en ce qui concerne les remèdes contre les brûlures d’estomac
Les inhibiteurs de la pompe à protons font partie des remèdes les plus couramment utilisés contre les brûlures d’estomac et le reflux. Ils ralentissent la formation d’acide gastrique et peuvent soulager considérablement les symptômes. Cependant, certaines études ont établi un lien entre ces médicaments et un risque accru de démence, rapporte le journal.
D’autres études contredisent cela. Une étude clinique portant sur l’ingrédient actif pantoprazole n’a montré aucune augmentation du risque sur trois ans. Ceci est important car les études cliniques peuvent souvent examiner les relations plus clairement que les données purement observationnelles.
Comme explication possible, les chercheurs évoquent une carence en vitamine B12, qui peut être favorisée par une réduction à long terme de l’acide gastrique. La vitamine B12 est importante pour les nerfs et la formation du sang ; une carence peut également déclencher des problèmes cognitifs. Toutefois, selon le Times, une évaluation claire est toujours en attente.
N’arrêtez pas vous-même de prendre vos médicaments :
L’arrêt brutal du traitement peut entraîner des risques pour la santé. Les modifications ne doivent être apportées qu’après consultation d’un médecin.
Qu’est-ce qui pourrait protéger contre la démence
1. Vaccin contre la grippe
Aux risques possibles s’ajoutent également des effets protecteurs. La vaccination contre la grippe est particulièrement visible. Plusieurs études montrent que les personnes âgées vaccinées sont moins susceptibles de développer une démence, selon un autre rapport du New York Times.
Dans une étude, le risque était jusqu’à 40 % inférieur. Une analyse récente suggère que les vaccins à haute dose pourraient offrir une protection encore plus grande aux personnes âgées de 65 ans et plus. Ils contiennent plus d’antigènes et stimuleraient davantage le système immunitaire. Ceci est important car le système immunitaire réagit souvent de manière plus faible à mesure que nous vieillissons.
Les experts cités trouvent une explication possible dans le système immunitaire : les vaccinations préviennent les infections ou affaiblissent leur progression. Cela pourrait également réduire les réactions inflammatoires. L’inflammation chronique est considérée comme un facteur pouvant favoriser la démence. Il n’a pas encore été prouvé de manière concluante que ce mécanisme explique réellement l’effet protecteur observé.
2. Vaccination contre le zona
La vaccination contre le zona donne des résultats particulièrement probants. Des études menées dans plusieurs pays montrent un risque de démence inférieur de 15 à 20 pour cent.
L’épidémiologiste Pascal Geldsetzer évalue clairement les données : « Je pense que les preuves d’une relation de cause à effet sont très solides. »
Une des raisons possibles est son effet sur l’inflammation. Le virus attaque les cellules nerveuses et peut déclencher une inflammation du cerveau.
3. Antihypertenseurs
Les médicaments contre l’hypertension artérielle comptent parmi les facteurs de protection les plus importants. Des études les associent à un risque de démence inférieur de 10 à 15 pour cent.
Le lien est médicalement plausible : une pression artérielle constamment élevée endommage les petits vaisseaux, y compris dans le cerveau. Cela peut entraîner des problèmes circulatoires inaperçus qui mettent à rude épreuve la mémoire et les capacités de réflexion pendant des années. Une pression artérielle bien contrôlée peut protéger ces vaisseaux et stabiliser l’apport au cerveau.
Une étude chinoise a montré que les patients traités étaient moins susceptibles de développer une démence après quatre ans. Néanmoins, il en va de même ici : le bénéfice a été prouvé principalement pour les personnes souffrant d’hypertension artérielle.
4. Réducteurs de cholestérol
Les statines abaissent le taux de cholestérol et protègent ainsi le cœur et les vaisseaux sanguins. Le cerveau pourrait également en bénéficier, car des vaisseaux sains sont importants pour une circulation sanguine stable.
Des études établissent un lien entre sa prise et un risque de démence de 10 à 15 % inférieur. Cependant, l’effet n’est pas garanti. Une raison : les personnes qui prennent régulièrement des statines reçoivent souvent des soins médicaux plus rapprochés et peuvent accorder plus d’attention à leur santé.
Une étude clinique plus ancienne n’a trouvé aucune protection claire contre le déclin cognitif. Les statines ne conviennent donc pas comme prévention pure de la démence, mais surtout lorsqu’elles sont médicalement utiles pour des raisons cardiovasculaires.
5. Médicaments contre le diabète
Certains médicaments ont un effet protecteur possible chez les personnes diabétiques. Ceux-ci incluent la metformine et les inhibiteurs du SGLT2.
Le bénéfice éventuel est principalement lié à la glycémie. Des niveaux élevés et soutenus exercent une pression sur les vaisseaux sanguins et les cellules nerveuses. Ils peuvent favoriser l’inflammation et perturber l’approvisionnement énergétique du cerveau. Les médicaments qui stabilisent la glycémie pourraient donc également soulager le cerveau.
Certaines études suggèrent également que ces principes actifs réduisent l’inflammation et influencent les dépôts dans le cerveau. L’effet s’applique particulièrement aux personnes atteintes de diabète ; Ces médicaments n’ont pas fait leurs preuves en tant que prévention générale de la démence.
La recherche est divisée sur les anti-inflammatoires
L’inflammation du cerveau est considérée comme un facteur pouvant favoriser la maladie d’Alzheimer. C’est pourquoi les chercheurs étudient si les médicaments anti-inflammatoires pourraient également protéger contre la démence. Une vaste revue répertorie ce groupe de principes actifs parmi les candidats possibles.
Selon le New York Times, l’épidémiologiste David Llewellyn estime que cette approche est scientifiquement plausible. Cependant, la situation des études reste contradictoire. Certaines études ont trouvé un risque plus faible de démence avec l’ibuprofène, d’autres n’ont trouvé aucune association, voire un risque plus élevé. Une revue Cochrane a conclu en 2020 qu’il n’existait aucune preuve soutenant l’utilisation de l’aspirine ou d’autres anti-inflammatoires non stéroïdiens pour prévenir la démence.
En résumé :
- Certains médicaments anticholinergiques, antipsychotiques, benzodiazépines et inhibiteurs de la pompe à protons sont associés à un risque plus élevé de démence – les preuves varient selon le médicament.
- Les vaccins contre la grippe et le zona ainsi que les antihypertenseurs, les statines et certains médicaments contre le diabète pourraient protéger le cerveau, notamment via les vaisseaux sanguins, le métabolisme et l’inflammation.
- Les médicaments ne doivent jamais être arrêtés de votre propre initiative ; Un examen médical régulier est particulièrement important si vous le prenez à long terme.
L’original de cet article « 4 médicaments courants augmentent le risque de démence – 6 autres pourraient protéger le cerveau » vient de Smart Up News.