Fatigue, moins d’énergie, baisse du désir – de nombreux hommes pensent rapidement à ces changements comme une carence en testostérone, car l’hormone représente la force, l’humeur et la performance. C’est pourquoi de nombreuses personnes recherchent spécifiquement un traitement hormonal. Cependant, de nouvelles données dressent un tableau beaucoup plus nuancé.
Les niveaux de testostérone à eux seuls en disent souvent peu sur ce que ressent réellement un homme. La suspicion est particulièrement évidente lorsque vous êtes épuisé ou d’humeur déprimée. Mais ici, l’explication simple échoue souvent.
La graisse abdominale, l’âge et le mode de vie ont une plus grande influence sur le bien-être
L’âge et la composition corporelle prédisent souvent mieux les symptômes que les niveaux de testostérone eux-mêmes, montre une nouvelle évaluation à grande échelle réalisée en Suède et aux États-Unis.
La graisse du ventre en particulier est liée à l’inflammation et aux changements hormonaux. Selon le responsable de l’étude, Amar Osmancevic, « la graisse du ventre et l’âge semblent être des facteurs de symptômes futurs plus importants que le niveau initial de testostérone ». Plusieurs facteurs interagissent :
- l’âge augmente
- Tissu adipeux dans la région abdominale
- inflammation chronique
- maladies existantes
Cette combinaison a souvent un impact plus important sur le bien-être qu’une seule valeur de laboratoire.
La qualité musculaire est également liée aux hormones
Les muscles fournissent également des informations importantes. Les hommes ayant des niveaux de testostérone plus élevés avaient, en moyenne, plus de masse musculaire et moins de graisse musculaire. Cela est particulièrement vrai pour des zones telles que le ventre, le dos ou la poitrine.
L’estradiol, une hormone sexuelle féminine, est également associée aux caractéristiques musculaires chez l’homme. Cela montre que plusieurs hormones travaillent ensemble. La santé musculaire ne se résume pas à une simple force visible. La qualité des muscles et leur proportion de tissu adipeux sont également cruciales.
Le déficit en testostérone est souvent surestimé
Dans le cadre de l’analyse, l’Université de Göteborg a examiné plusieurs études démographiques portant sur des milliers d’hommes. Certaines données s’étendent sur dix ans. Cela permet d’avoir une vision réaliste des évolutions à long terme.
Une découverte clé concerne l’inflammation dans le corps. Les hommes présentant des niveaux d’inflammation élevés étaient plus susceptibles d’avoir de faibles niveaux de testostérone. Cela était particulièrement clair avec le marqueur hsCRP. Les hommes présentant des taux élevés couraient un risque accru de développer ultérieurement des taux d’hormones anormaux. Le texte indique que des niveaux plus élevés d’inflammation étaient associés à « de plus grands risques de déficit biochimique en testostérone dix ans plus tard ».
D’autres marqueurs tels que l’interleukine-6 ont également montré des relations similaires. Un détail est crucial. Il ne s’agit pas d’infections aiguës, mais d’inflammations silencieuses et chroniques du corps. Ceux-ci résultent souvent d’un surpoids ou d’un mode de vie défavorable. L’état du corps influence l’équilibre hormonal plus fortement qu’on ne le pense souvent.
Souvent, les symptômes ne correspondent pas clairement à un déficit en testostérone
En ce qui concerne les plaintes, le tableau est encore plus clair. De nombreuses personnes s’attendent à ce que de faibles niveaux de testostérone entraînent directement de la fatigue ou une mauvaise humeur. Cependant, les données ne le confirment pas. Dans l’ensemble, la connexion reste faible. Osmancevic explique : « Les liens les plus clairs peuvent être trouvés avec des problèmes sexuels tels que le désir, l’érection et la performance. » Ceux-ci incluent :
- diminution du désir sexuel
- Problèmes d’érection
- performances inférieures
Même là, la connexion reste plus faible que prévu. Pour les autres plaintes, le résultat est encore plus clair. « Les symptômes comme la fatigue ou la dépression semblent être causés par d’autres facteurs que de faibles niveaux de testostérone », explique Osmancevic, en soulignant l’âge, la graisse abdominale et le mode de vie.
En résumé :
- Un manque de testostérone n’explique pas de manière fiable de nombreux symptômes : la fatigue ou la mauvaise humeur sont souvent plus étroitement liées à l’âge, à la graisse abdominale et au mode de vie qu’aux niveaux d’hormones.
- L’inflammation et le métabolisme jouent un rôle clé : des niveaux d’inflammation plus élevés sont plus souvent associés à une baisse du taux de testostérone et augmentent le risque de problèmes hormonaux ultérieurs.
- La fonction sexuelle fournit des indices particulièrement frappants : un faible taux de testostérone se manifeste le plus souvent par une perte de désir ou des problèmes d’érection, tandis que d’autres symptômes sont moins évidents.
Par Eva Schmitt
L’original de cet article « Fatigué, apathique, épuisé ? Pourquoi les hommes ne doivent pas nécessairement manquer de testostérone » vient de Smart Up News.