Beaucoup de gens connaissent le sentiment de tout savoir sur la nutrition et pourtant de ne toujours pas la mettre en œuvre. Les règles sont connues, tout comme les maximes d’action : manger moins, faire des choix plus sains, intégrer davantage d’exercice dans la vie quotidienne. Et pourtant, le même moment de frustration survient toujours dans la vie quotidienne, lorsque les bonnes intentions restent inefficaces. C’est précisément ce domaine de tension entre connaissance et comportement qui constitue l’un des thèmes centraux de la psychologie nutritionnelle moderne.
La connaissance ne suffit pas
Le problème est rarement un manque de connaissances. Les informations sur une alimentation saine sont désormais plus accessibles que jamais. Les livres, podcasts, articles en ligne et autotests sur les réseaux sociaux fournissent d’innombrables recommandations, programmes et stratégies. Théoriquement, presque tout le monde pourrait comprendre à quoi ressemble une alimentation équilibrée en quelques minutes seulement. Cependant, la réalité démontre que malgré ces connaissances, de nombreuses personnes ont du mal à modifier durablement leurs habitudes alimentaires.
La raison en est souvent liée à des schémas plus profonds qui vont bien au-delà des simples règles alimentaires. Le comportement alimentaire n’est pas exclusivement une question de décisions rationnelles, mais est largement façonné par des habitudes, des expériences émotionnelles et des automatismes inconscients. Bon nombre de ces schémas apparaissent tôt dans la vie et se confirment et se renforcent à plusieurs reprises au fil des années.
Steffi Faigle est nutritionniste certifiée, auteure et coach. Elle aide les femmes à sortir définitivement du cycle alimentaire et prend clairement position contre les promesses de l’industrie de l’alimentation.
Pas un échec personnel
Un exemple typique peut être observé dans la vie quotidienne de nombreuses personnes : même si elles envisagent de ne manger qu’une seule portion ou de renoncer aux sucreries, elles recommencent peu de temps après. Ces situations sont souvent interprétées comme un échec personnel. Les personnes concernées estiment manquer de discipline ou de volonté. En fait, il s’agit souvent de comportements automatisés qui se sont développés sur une longue période.
Psychologiquement parlant, de tels automatismes naissent de la répétition. Si un certain comportement se produit assez fréquemment dans des situations similaires, il devient de plus en plus automatique dans le cerveau. Par exemple, au fil des années, manger peut être devenu une stratégie pour réguler le stress, calmer les émotions ou masquer les sentiments désagréables. Dans de tels cas, la nourriture devient inconsciemment une sorte d’exutoire qui procure un soulagement à court terme.
Les régimes ne commencent pas dans une assiette
C’est précisément la raison pour laquelle les régimes classiques échouent souvent. La plupart des programmes se concentrent principalement sur l’assiette. Ils précisent quels aliments sont autorisés, lesquels doivent être évités et combien de calories peuvent être consommées. Cependant, l’origine réelle du comportement alimentaire reste souvent intacte. Si le régime alimentaire est réglementé uniquement alors que les schémas émotionnels ou psychologiques sous-jacents demeurent, de nombreuses personnes reviendront tôt ou tard à leurs anciennes habitudes. C’est ainsi que le comportement humain est évolutif.
Vraiment indiscipliné ou mémoire émotionnelle ?
Il y a aussi un autre aspect : de nombreuses personnes mènent une vie réussie et structurée dans d’autres domaines. Vous avez des responsabilités au travail, prenez des décisions complexes et atteignez des objectifs ambitieux. C’est précisément pourquoi il est particulièrement frustrant pour eux d’avoir l’impression de perdre le contrôle de leur alimentation. Cette apparente contradiction conduit souvent au doute de soi et à la conviction que l’on est « trop incompétent » ou « trop indiscipliné » pour perdre du poids de façon permanente.
En réalité, il existe une différence fondamentale entre connaissance et comportement. La connaissance est cognitive, mais le comportement est façonné émotionnellement. Même si l’esprit sait exactement ce qui aurait du sens, de nombreuses décisions de la vie quotidienne suivent des schémas automatiques profondément ancrés dans la mémoire émotionnelle. Changer ces schémas nécessite du temps, de l’attention et souvent un examen conscient de ses propres habitudes.
Développer la compréhension au lieu des régimes stupides
Un changement durable ne résulte généralement pas de règles alimentaires à court terme, mais plutôt d’une nouvelle compréhension de son propre comportement alimentaire. Cela implique de reconnaître les déclencheurs individuels de certaines habitudes alimentaires et de développer progressivement de nouvelles stratégies pour gérer les émotions, le stress et les habitudes.
Ce n’est que lorsque ces causes plus profondes sont prises en compte que le comportement alimentaire peut changer de façon permanente. En ce sens, le chemin vers un poids santé est moins une question de discipline qu’un processus de compréhension et de réapprentissage. La connaissance peut être une première étape importante. Ce qui est crucial, cependant, est de traduire ces connaissances en nouvelles habitudes qui durent sur le long terme. Une perte de poids durable et réussie commence dans la tête, pas dans l’assiette.
Vers le livre
-
Source des images : mvgVerlag
« Les calories peuvent me faire ! » par Steffi Faigle
C’est ainsi que vous appliquez vos connaissances dans la vie de tous les jours
1. Mangez régulièrement et ne mangez pas seulement quand vous avez faim
De nombreuses crises de boulimie surviennent parce que le corps a été sous-approvisionné pendant une longue période. Prévoyez de manger trois repas réguliers par jour et mangez avant que la faim ne devienne écrasante. Ceux qui mangent régulièrement sont moins susceptibles de perdre le contrôle.
2. Arrêtez consciemment de manger plus tôt
Pendant que vous mangez, posez-vous la question simple : « Ai-je encore faim ou est-ce que je continue à manger sans en avoir vraiment besoin ? Le moment crucial n’est pas celui où vous êtes « rassasié », mais celui où vous vous sentez rassasié. C’est précisément là que réside le plus grand levier de changement.
3. Ne vous interdisez rien mais prenez des décisions conscientes
Des interdictions strictes de manger entraînent souvent une perte de contrôle. En gros, permettez-vous de faire n’importe quoi, mais prenez une décision claire : « Est-ce que je veux vraiment ça ou est-ce que je le mange juste par habitude ? Une alimentation consciente réduit la suralimentation inconsciente.
4. Interrompre les moments de repas automatiques
Beaucoup de gens mangent par habitude, par exemple le soir sur le canapé ou lorsqu’ils sont stressés.
Avant de manger, faites une petite pause de 30 secondes et demandez-vous : « De quoi ai-je vraiment besoin en ce moment ? Souvent, il ne s’agit pas de nourriture, mais plutôt d’un sentiment de détente, de routine, de distraction ou de soulagement.
5. Créez des situations alimentaires claires au lieu d’une consommation occasionnelle
Si possible, mangez à table et non sur votre téléphone portable, votre ordinateur portable ou devant la télévision. Ceux qui mangent consciemment perçoivent mieux la satiété et mangent automatiquement moins.
6. Acceptez les régressions mais réagissez-y correctement
Un faux pas n’est pas un problème, mais fait partie du processus. Ce qui compte, c’est ce qui se passe après. Au lieu de compenser ou de mourir de faim, revenez simplement à votre prochain repas normal. C’est ainsi que vous briserez le cycle de la privation et de la suralimentation.
Steffi Faigle fait partie des nôtres Cercle DES EXPERTS. Le contenu représente leur opinion personnelle basée sur leur expertise individuelle.