« J’espère que mon Schnabl a grandi. » Ce dialecte évoque la maison, la famille et l’enfance, mais il a longtemps été considéré comme un mauvais allemand. Une nouvelle étude de l’Université Philipps de Marburg dresse un tableau différent : ceux qui passent en toute confiance du dialecte à l’allemand standard forment leur réseau linguistique et ont des structures cérébrales sensiblement différentes de celles des personnes qui ne parlent que l’allemand standard.
Les travaux ont été publiés dans la revue spécialisée « Scientific Reports ». L’équipe dirigée par le phonéticien et neurolinguiste Mathias Scharinger et le dialectologue Jürgen E. Schmidt a examiné 49 adultes à l’aide d’une imagerie par résonance magnétique (IRM) à haute résolution. 26 personnes parlant le dialecte du nord de la Hesse ont été comparées à 23 personnes ne parlant pas le dialecte hessois. L’âge, le sexe et le niveau d’éducation étaient similaires dans les deux groupes.
Le dialecte défie le cerveau
Les chercheurs n’ont pas seulement travaillé avec des auto-évaluations, ils ont également testé les compétences dialectales à l’aide d’un test phonétique développé à l’aide de l’Atlas de la langue allemande. Il s’agissait du son « ai » dans des mots comme « jambe » ou « glace ». De tels mots sonnent aujourd’hui de la même manière en allemand standard. Dans de nombreux dialectes, cependant, des différences sonores plus anciennes ont été préservées.
Selon l’endroit, « Bein » peut ressembler à « Been », « Bään », « Baan » ou « Boan » dans le dialecte. Quiconque parle avec confiance un dialecte de base doit connaître ces formes et les attribuer correctement. Le test nécessite donc plus qu’un peu de prononciation régionale. Il vérifie si quelqu’un peut basculer entre deux systèmes linguistiques : l’allemand standard d’un côté, le dialecte de l’autre.
Le dialecte a son propre système linguistique
Le groupe dialectal a reconnu et formé les phonèmes régionaux avec beaucoup plus de confiance que le groupe de comparaison. Le profil linguistique différait également nettement : les personnes sans compétences dialectales étaient beaucoup plus attachées à l’allemand standard. Plus une personne réussissait au test de dialecte, moins cette orientation unilatérale vers l’allemand standard était importante.
Lors de la prise d’images du cerveau, les chercheurs ont prêté attention à deux caractéristiques : le volume de la matière grise et l’épaisseur du cortex cérébral. La matière grise contient de nombreux corps de cellules nerveuses et joue un rôle important dans le traitement de l’information. L’épaisseur corticale décrit l’épaisseur du cortex cérébral dans certaines zones.
Voici les conclusions les plus importantes des chercheurs :
- Les locuteurs de dialectes avaient plus de matière grise dans les deux lobes temporaux médiaux.
- Le cortex insulaire bilatéral était également plus grand.
- Dans le cortex orbitofrontal droit, le cortex cérébral était plus épais.
- Ces régions sont liées au traitement du son, au contrôle du langage et au basculement entre les formes linguistiques.
Pourquoi le dialecte fonctionne pour le cerveau
Les lobes temporaux moyens aident à traiter les sons et leur signification. Le cortex insulaire soutient, entre autres, l’articulation, la planification linguistique et la résolution des conflits. La zone orbitofrontale droite est associée à des processus de contrôle et de sélection flexibles. Cela convient aux personnes qui, dans la vie de tous les jours, alternent entre le dialecte et l’allemand standard.
Les auteurs résument soigneusement l’essentiel de leurs conclusions : « Les résultats suggèrent que la compétence dialectale peut façonner la structure du cerveau de la même manière que le bilinguisme. »
Le dialecte n’est donc pas assimilé à une langue étrangère. Mais cela peut mettre à rude épreuve le cerveau dans des réseaux similaires.
Le dialecte ne vous rend pas automatiquement plus intelligent
L’étude ne fournit aucune preuve que le dialecte rend généralement les gens plus intelligents. Les sujets testés ont accompli plusieurs tâches cognitives. Les chercheurs n’ont trouvé aucune différence significative entre les groupes en ce qui concerne la compréhension de la parole dans le bruit, le test d’Eriksen Flanker et l’étendue des nombres directs. Dans le test de Stroop, il n’y avait qu’une tendance en faveur des locuteurs dialectaux.
Le constat demeure. Il ne s’agit pas d’une capacité générale de réflexion, mais plutôt d’une formation linguistique. Quiconque connaît le dialecte doit choisir les formes phonétiques, les mots et les significations appropriés en fonction de la situation. À la maison, le dialecte peut être un choix naturel. L’allemand standard domine généralement à l’école, au bureau, à l’université ou au travail. Ce changement se produit souvent inconsciemment, mais il remet en question le réseau linguistique.
Les chercheurs contredisent les vieux préjugés dialectaux
Le dialecte a longtemps été considéré comme un défaut dans de nombreuses familles et écoles. Les enfants étaient censés parler « correctement » l’allemand standard ; le dialecte apparaît vite démodé ou peu instruit. Les données du nord de la Hesse suggèrent un point de vue différent : un dialecte maîtrisé avec confiance n’est pas un allemand standard brisé, mais une capacité linguistique supplémentaire.
« La compétence dialectale semble donc avoir des conséquences sur la structure cérébrale et la plasticité cérébrale », écrivent les auteurs. Leur conclusion précise également : « La capacité de parler un dialecte en plus d’une langue standard a un impact sur le réseau linguistique cortical. »
Cela signifie que l’ancienne dévaluation des langues régionales se heurte à des vents contraires sur le plan scientifique. Le dialecte reste la maison, le son et l’identité. Mais il s’agit apparemment aussi d’un entraînement pour un cerveau qui doit travailler de manière flexible en termes de langage.
En résumé :
- Le dialecte n’est pas un « faux haut-allemand », mais plutôt une capacité linguistique propre : quiconque connaît le dialecte et la langue standard bascule entre deux formes de langue.
- Une étude de Marburg a révélé des différences dans les régions du cerveau en matière de traitement du son, de contrôle du langage et de changement de langue chez les locuteurs de dialectes.
- L’étude ne prouve pas que le dialecte vous rend généralement plus intelligent, mais elle montre que le dialecte peut exercer une pression similaire sur le cerveau que le bilinguisme.
Par Anne Bajrica
L’original de cet article « Ceux qui parlent ce dialecte entraînent leur cerveau – les chercheurs découvrent des différences visibles » vient de Smart Up News.