Pourquoi les déclarations des enfants sont souvent mal comprises devant le tribunal de la famille

Lors de la séparation des parents, une phrase est particulièrement courante : « Mon enfant ne veut plus aller chez l’autre parent ». Pour beaucoup, cela semble clair. En pratique, c’est rarement le cas.

Les enfants disent souvent des choses différentes selon à qui ils s’adressent

Les enfants se retrouvent souvent dans des conflits de loyauté lors de situations de séparation. Ils ne veulent blesser personne, répondre aux attentes ou éviter les tensions.

Kristina Herrmann est avocate, juge aux affaires familiales et médiatrice et accompagne les personnes lors d’une séparation. Elle fait partie de notre réseau d’experts EXPERTS Circle.

D’après mon expérience devant le tribunal de la famille, il ressort sans cesse que les enfants s’expriment souvent différemment – selon à qui ils s’adressent. C’est différent pour un parent que pour l’autre, différent pour l’office de protection de la jeunesse et pour l’audience au tribunal.

Même si un enfant exprime la même chose sur une longue période, cela ne signifie pas automatiquement que sa volonté n’est pas influencée.

La volonté de l’enfant peut également être influencée – tout en conservant du poids

Dans un cas que j’ai moi-même mené, une experte en psychologie de l’enfant a déclaré dans son rapport que la volonté d’un enfant influencé peut également être significative.

Cela montre à quel point l’évaluation est exigeante : la volonté d’un enfant est prise au sérieux – en même temps, la manière dont elle se réalise est examinée.

Comment les tribunaux déterminent la volonté d’un enfant

Les tribunaux sont tenus d’entendre personnellement chaque enfant, quel que soit son âge. Ce qui suit s’applique : plus un enfant est âgé et mûr, plus sa volonté est importante.

Pour les plus petits, l’audition se déroule souvent dans leur environnement habituel. Il s’agit moins d’une conversation au sens classique du terme que d’observer l’enfant et de se faire une idée de sa situation.

Les enfants plus âgés sont généralement entendus au tribunal – mais pas dans la salle d’audience, mais dans une atmosphère protégée et adaptée aux enfants, par exemple dans une salle spécialement équipée ou dans la salle du juge. L’audience se déroule sans toge.

Outre le tribunal, seul le conseil procédural est généralement présent. Les parents eux-mêmes ne participent pas à cette conversation.

Un cercle vicieux qui se renforce souvent

En pratique, l’évaluation de la volonté de l’enfant suscite souvent des critiques de toutes parts. Si la volonté est prise en compte, on dit que la manipulation est acceptée. Si elle est remise en question, on accusera d’avoir ignoré la volonté de l’enfant.

Cela crée une zone de tension pour les parents, les tribunaux, les services de protection de la jeunesse et les experts, dans laquelle il est rare qu’une décision ne soit pas perçue comme erronée.

Pourquoi des solutions précoces sont cruciales

Autre point clé de la pratique : plus le contact avec un parent est interrompu longtemps, plus la situation s’enracine. La distance grandit – et avec elle la difficulté de renouer avec la relation.

Il est donc crucial de trouver dès le début des modalités de traitement viables. L’objectif doit être de garantir que les enfants ne se retrouvent même pas dans la situation de devoir choisir entre leurs parents.

Particulièrement dans les premières phases, les interactions assistées peuvent aider à maintenir le contact et à éviter les escalades.

Conclusion: La volonté d’un enfant est un facteur important, mais ce n’est pas un critère facile. Il faut le classer – en fonction de la dynamique dans laquelle il surgit.





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