Fraude au temps de travail : quelques minutes peuvent vous coûter votre travail

Il suffit de faire un achat rapide, de téléphoner rapidement, de cuisiner en même temps ou de suspendre rapidement le linge : ce qui semble inoffensif au bureau à domicile peut, dans des cas extrêmes, même conduire à un licenciement.

Quiconque exerce des activités privées pendant les heures de travail et ne les déclare pas correctement peut commettre une fraude au temps de travail. Quelques minutes suffisent pour déclencher des conséquences en matière de droit du travail, prévient le barreau du Schleswig-Holstein.

Fausse déclaration intentionnelle à des fins personnelles

Surtout, l’intention est cruciale : de nombreux salariés enregistrent eux-mêmes leurs heures de travail lorsqu’ils travaillent à domicile. Quiconque fournit délibérément de fausses informations ou déclare des activités privées comme temps de travail bénéficie de congés payés et commet une fraude au temps de travail. Même des tromperies mineures peuvent nuire de manière permanente à la relation de confiance, expliquent les avocats.

Mais toute interruption n’est pas automatiquement un problème. La question de savoir si et comment les pauses doivent être enregistrées dépend des règles de l’entreprise ainsi que de leur durée et de leur fréquence.

Aller aux toilettes compte généralement comme du temps de travail, mais pas les pauses pour fumer.

Les Français commettent plus souvent des fraudes au temps de travail que les Suisses

Une enquête menée auprès de plus de 5 000 salariés en Europe montre que, notamment en France, près d’une personne interrogée sur deux consacre chaque jour plus d’une heure de son temps de travail à des activités privées.

Les Allemands sont plus réservés, mais là aussi, environ un tiers dépassent régulièrement la barre des 30 minutes lorsqu’ils travaillent à domicile. En Suisse Sept personnes interrogées sur dix consacrent au maximum une demi-heure à des questions privées. Par rapport aux autres pays européens, la distraction y est la plus faible.

Il existe de nettes différences d’âge. Les personnes de moins de 30 ans sont celles qui utilisent le plus régulièrement les espaces ouverts. Quatre personnes sur dix déclarent consacrer plus d’une heure par jour à des activités non liées au travail lorsqu’elles travaillent à domicile.

La résiliation est également possible sans préavis

Si une violation devient publique, les employeurs répondent souvent en premier par un avertissement, qui sert d’avertissement. Cependant, si vous êtes à nouveau remarqué par la suite, vous devrez vous attendre à une résiliation beaucoup plus rapide. Dans des cas particulièrement graves, la résiliation peut même être prononcée sans avertissement préalable.

Un arrêt du tribunal régional du travail de Hamm montre que même de courts délais peuvent suffire : il a confirmé le licenciement immédiat d’un employé qui s’était rendu dans un café pendant environ dix minutes après son pointage et a d’abord nié l’incident.

Cependant, la condition préalable à une résiliation immédiate est une preuve claire. Les employeurs doivent être en mesure de prouver qu’il y a effectivement eu fraude dans les horaires de travail et que la confiance a été définitivement détruite. Même une longue période de service ne protège pas nécessairement contre la perte d’emploi.

Dans le pire des cas : poursuites pénales, amende ou prison

En outre, des horaires de travail frauduleux peuvent également avoir des conséquences pénales. Si les salariés agissent dans l’intention d’obtenir un avantage financier et que l’employeur en subit un préjudice, ils s’exposent à des poursuites pénales.

Des amendes ou – dans les cas graves – même des peines de prison allant jusqu’à cinq ans sont possibles. Une inscription au certificat de bonne vie et mœurs est également envisageable.

Pas de surveillance sans motif

Cependant, la preuve est difficile, surtout lorsqu’on travaille à domicile. Toutefois, les employeurs ne sont pas autorisés à surveiller leurs employés à leur guise. Ce n’est que s’il existe des indications spécifiques – telles que des performances anormales ou une mauvaise accessibilité – que des contrôles plus précis sont autorisés, par exemple en évaluant les données de journal ou les e-mails professionnels. Toutefois, les enregistrements vidéo secrets ou l’utilisation d’enregistreurs de frappe ne sont généralement pas autorisés.

Toute personne confrontée à de telles allégations devrait demander un avis juridique. Un avocat peut vérifier si une violation a réellement eu lieu et si les preuves recueillies sont recevables.





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