Sifflets, regards ambigus, paroles plates : pour de nombreuses femmes, c’est le quotidien dans l’espace public. Dans une expérience sociale, les rôles sont inversés : Sophie Werner, journaliste au Café Puls, s’adresse aux hommes avec exactement les répliques que les hommes utilisent habituellement.
Les lignes de ramassage sont irritées
« Es-tu WiFi ? Je ressens une connexion entre nous. » Ou : « Je suis nouveau en ville, pouvez-vous me montrer le chemin jusqu’à votre appartement ? » Les réactions donnent généralement à réfléchir. Beaucoup d’hommes semblent irrités, dépassés ou bloqués. Seuls deux d’entre eux réagissent positivement aux tentatives de flirt offensantes.
Pourquoi beaucoup de gens ne remarquent pas la frontière
Le psychologue Cornel Binder-Krieglstein en voit les raisons dans les modèles de comportement et la socialisation. Les hommes ne sont souvent pas habitués à ce qu’on s’adresse à eux aussi directement. Ce que certaines personnes considèrent comme un flirt inoffensif peut rapidement devenir désagréable pour l’autre personne, quel que soit son sexe.
Une étude met en évidence le problème : 64 % des femmes ont été harcelées verbalement dans des espaces publics au cours des trois derniers mois. L’expérience montre à quel point la frontière est mince entre le flirt et l’agression – et à quel point la perception dépend de l’habitude. Parfois, un simple « Bonjour » suffit.