Un « bonjour » amical ou un petit signe de tête dans la cage d’escalier : de tels gestes quotidiens semblent insignifiants à première vue. Mais ces micro-interactions ou « liens faibles » ont un impact étonnamment important sur notre bien-être, notre sentiment de sécurité et notre capacité à vivre ensemble dans notre quartier.
Six salutations pour un maximum de bien-être
Une étude approfondie sur le sujet provient du Gallup National Health and Well-Being Index, une enquête représentative menée aux États-Unis. Depuis 2008, il mesure le bien-être de la population chaque trimestre. L’indice fonctionne comme suit : plus de 4 500 adultes américains sont interrogés dans cinq domaines clés de la vie :
- carrière
- Sociale
- Finance
- santé physique
- Sens de la communauté
À partir de là, Gallup calcule un score global sur une échelle de 0 (pire bien-être) à 100 (meilleur bien-être).
L’enquête arrive à la conclusion :
- 0 voisins accueillis régulièrement: 51,5
- 3 voisins accueillis régulièrement: 58,0
- 6 voisins régulièrement accueillis: 64,1
- Plus de 6 voisins accueillis régulièrement : plus aucune augmentation
« Le nombre optimal pour le bien-être est de six salutations », a déclaré Dan Witters, directeur de recherche de l’étude, à la chaîne américaine « CNN ». « Après six salutations, les salutations supplémentaires n’ajoutent plus aucune valeur. Mais six vaut mieux que cinq, cinq vaut mieux que quatre, et même pas de salutations du tout. »
Les jeunes se saluent beaucoup moins souvent
Les données Gallup montrent également une nette différence générationnelle : alors que les personnes de plus de 65 ans saluent régulièrement en moyenne 6,5 voisins, celles de moins de 30 ans n’en disent que 2,9. Seulement 14 pour cent des jeunes adultes disent bonjour à six voisins ou plus, contre 41 pour cent des plus de 65 ans.
Witters, chercheur chez Gallup, y voit plusieurs raisons : les jeunes adultes sont plus susceptibles de vivre dans des immeubles de grande hauteur anonymes dans les centres-villes. Le smartphone joue également un rôle : « Les gens ne lèvent pas la tête pour dire bonjour, ils regardent simplement leur téléphone portable. »
Psychologue : « Même un petit bonjour a une valeur ajoutée significative »
Susanne Bücker, psychologue du développement à l’Université de Witten/Herdecke, décrit dans une interview avec l’AOK Rheinland/Hamburg l’importance de contacts apparemment superficiels :
« Dans la recherche sur les relations, on a longtemps pensé que ces relations superficielles ne faisaient pas grand-chose pour le bien-être. Aujourd’hui, nous savons que des rencontres informelles dans la rue ou dans le couloir, un petit « bonjour » ou même un simple contact visuel ont une valeur ajoutée significative pour la santé mentale. Même de si brefs moments où l’on se fait remarquer créent un sentiment d’appartenance à la communauté.«
Il s’agit d’un besoin humain fondamental : le sentiment de faire partie d’une communauté et d’appartenance. Mais cela met également en évidence des conséquences négatives – par exemple, une trop grande attention de la part des voisins ou le sentiment d’être surveillé ou contrôlé. Elle déclare : « Lorsque les relations de voisinage ne fonctionnent pas bien, les gens sont constamment exposés à un stress. »
Saluer les voisins protège aussi le cœur
Une équipe de recherche dirigée par le psychologue Eric Kim de l’Université du Michigan a montré que la cohésion du voisinage protège non seulement l’âme, mais aussi le corps. L’étude, publiée dans le « Journal of Epidemiology and Community Health » en 2014, est considérée comme la première étude scientifique à examiner spécifiquement le lien entre la cohésion sociale dans le quartier et le risque de crise cardiaque.
Les chercheurs ont suivi pendant quatre ans 5 276 personnes de plus de 50 ans qui n’avaient jamais subi de crise cardiaque. Les participants ont évalué sur une échelle de sept points s’ils trouvaient leurs voisins dignes de confiance, fiables et amicaux. Chaque point supplémentaire sur l’échelle de cohésion était associé à une réduction de 17 pour cent du risque de crise cardiaque. Les participants qui ont évalué la cohésion dans leur quartier avec le score le plus élevé avaient même un risque de crise cardiaque 67 % inférieur.
Cependant, les chercheurs soulignent : Il s’agit d’une étude observationnelle – une relation directe de cause à effet ne peut en être clairement déduite. Néanmoins, selon Kim, les résultats constituent une preuve solide qu’un environnement de confiance a une influence mesurable sur la santé.
Cinq conseils : Comment renforcer vos relations de quartier
Basés sur les recommandations des experts, voici quelques conseils concrets pour renforcer vos relations avec vos voisins.
- Saluez consciemment. Décidez de saluer activement au moins trois voisins la prochaine fois que vous irez à la boîte aux lettres ou au supermarché. Je suis avec un contact visuel et un mot gentil.
- Smartphone éloigné, levez les yeux. Surtout lors de courts déplacements dans le quartier : mettez votre téléphone portable dans votre poche et soyez attentif à votre environnement.
- Faites le premier pas. Le psychologue Bücker recommande : Un message dans la boîte aux lettres, une sonnerie à la porte avec une proposition de se retrouver pour prendre un café – de petits gestes brisent la glace.
- Proposez une aide concrète. Sortir les poubelles en vacances, emporter ses courses, recommander un bon médecin : une aide pratique crée la confiance et le lien.
- N’en faites pas trop. Si vous ne souhaitez pas avoir de contact avec vos voisins, vous ne devriez pas y être obligé. Cela peut mettre à rude épreuve les relations de voisinage.
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