Contre le manque de sommeil : un chercheur sur le cerveau s’appuie sur une astuce de 20 minutes

Je suis allongé sur mon matelas, juste à côté du canapé. Mon téléphone portable vibre doucement à côté de mon oreiller, la vidéo YouTube à l’écran. Une voix masculine calme dit : « Inspirez profondément. » Je prends une profonde inspiration, sens ma poitrine se soulever, retiens brièvement ma respiration et la laisse expirer lentement. Mes yeux sont fermés, mon corps devient lourd, comme si je m’enfonçais dans le tapis.

La voix me guide à travers mon corps : pieds, mollets, ventre, dos, visage. Je remarque à quel point les derniers rendez-vous de la journée deviennent flous, comment mes pensées s’éloignent jusqu’à ce qu’à un moment donné tout redevienne calme. Quand je regarde à nouveau mon téléphone, seulement 20 minutes se sont écoulées. Mais je me sens plus éveillé, un peu étourdi, mais je flotte presque en quelque sorte.

Huberman promet une reprise éclair

Ce sentiment me rend curieux et me fait réfléchir : qu’est-ce qui se cache derrière cette méthode que des millions de personnes essaient actuellement et qui est censée procurer une relaxation profonde en un temps record ? Son nom : Non-Sleep Deep Rest ou en allemand : repos profond sans sommeil.

Qu’il s’agisse du patron de Google Sundar Pichai, de l’icône du talk-show Oprah Winfrey ou des influenceurs fitness sur TikTok, ils parlent tous actuellement de « Non-Sleep Deep Rest », ou NSDR en abrégé. La technique a été popularisée par le professeur Andrew Huberman de Stanford. Selon Huberman, elle permet de « contrôler l’état de relaxation du système nerveux et de l’esprit tout entier ».

  • Vous vous allongez confortablement (sur le lit, le tapis, le canapé)
  • Ferme les yeux
  • Suivez une voix de n’importe quel podcast ou vidéo qui guide la respiration et la guide à travers le corps
  • reste éveillé, mais passif.

Exercice de yoga

L’exercice vient à l’origine de l’ancien Yoga Nidra, une relaxation profonde guidée qui est maintenant souvent pratiquée via une vidéo YouTube, une application ou un podcast. Huberman utilise le terme NSDR au lieu de Yoga Nidra. Cela devrait paraître moins spirituel et plus neutre et scientifique.

Les neurobiologistes classent le NSDR entre les états de sommeil et d’éveil. Dans cet état intermédiaire, le cerveau est censé récupérer de manière particulièrement efficace. Les utilisateurs rapportent dans les commentaires sous la vidéo de Hubermann que cela les aide à s’endormir et à se détendre.

Que dit la recherche ?

Une revue systématique de 2025 (une prépublication, c’est-à-dire une étude pas encore entièrement accréditée scientifiquement) a évalué douze études sur le Yoga Nidra avec un total de 326 participants.

Les résultats les plus importants sont les suivants : lorsque l’activité cérébrale est mesurée par ce qu’on appelle un EEG, une procédure de diagnostic neurologique, les praticiens expérimentés montrent souvent une activité thêta plus importante. C’est le signe d’une relaxation profonde. La qualité du sommeil s’est améliorée. Ceci a été mesuré par le nombre de fois où les sujets se sont réveillés pendant la nuit et le temps qu’il leur a fallu pour s’endormir.

Cependant, les données restent incohérentes, souvent faibles sur le plan méthodologique et incomplètes. Les recherches actuelles ne peuvent pas encore dire avec certitude si le repos profond sans sommeil est réellement utile.

Une deuxième analyse systématique est arrivée à des résultats similaires. Après des séances régulières de yoga nidra, les participants se sont mieux endormis, sont restés endormis plus longtemps et se sont sentis plus détendus pendant la journée.
Mais dans ce cas aussi, les auteurs de l’étude écrivent que le Yoga Nidra semble « prometteur » comme mesure thérapeutique pour améliorer le sommeil. Néanmoins, des études « de haute qualité et méthodologiquement robustes » sont nécessaires pour confirmer l’efficacité.

Le neuroscientifique Andrew Huberman a été invité à l’émission The Tonight Show avec Jimmy Fallon. Todd Owyoung/NBC via Getty Images

Dans une étude, les participants ont montré des niveaux de stress inférieurs après une séance de yoga nidra qu’après un simple repos, mais les différences étaient minimes. La variabilité de la fréquence cardiaque, une mesure importante de la récupération physique, est restée la même. Cela suggère qu’une partie de l’effet vient simplement du fait que le corps se repose pendant un certain temps – que vous méditiez ou que vous somnoliez simplement.

L’étude EEG de 2025 arrive également à une conclusion similaire : bien que les ondes cérébrales changent de manière mesurable pendant le Yoga Nidra, les praticiens expérimentés montrent plus d’activité thêta, qui se produit autrement dans les états de transition entre l’éveil et le sommeil. Mais on ne sait toujours pas si ces changements sont réellement plus prononcés qu’avec une sieste. De nombreux sujets sont restés éveillés pendant l’exercice et certains se sont même endormis. Les frontières entre le sommeil et le Yoga Nidra/NDSR sont fluides.

Mieux qu’une sieste ?

Il n’est pas encore clair si le yoga du sommeil comme le repos profond sans sommeil fournit de l’énergie plus efficacement qu’une sieste. La recherche en est encore à ses débuts et les études se sont jusqu’à présent basées uniquement sur de petits groupes de sujets testés.

Le Yoga Nidra fonctionne. Parce que cela amène les participants à s’allonger consciemment, à calmer leur respiration et à reposer leur esprit pendant 20 minutes. Dans un monde qui exige une productivité constante, cela à lui seul peut ressembler à un remède. Il est cependant difficile de dire si cela fonctionne mieux que d’autres exercices de relaxation ou que la sieste.

Pas un remède miracle – mais néanmoins utile

Il est médicalement prouvé qu’une respiration lente et consciente et un arrêt mental calment le système nerveux autonome.
La fréquence cardiaque diminue, les hormones du stress diminuent, les muscles se détendent, que vous dormiez ou non.

Les séances de 20 minutes peuvent donc effectivement faire office de « mini-reset », mais elles ne remplacent pas un véritable sommeil. Ce n’est que pendant les phases de sommeil profond que le corps peut réparer les cellules et que le cerveau traite les souvenirs.





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