Un Berlinois de 69 ans a demandé une aide au logement début 2023. Le bureau de district a toutefois refusé car l’homme disposait d’un « patrimoine important » d’une valeur d’environ 57 500 euros. Demander une aide au logement est donc abusif. La décision de l’Office s’est basée sur le plafond de patrimoine de 40 000 euros applicable au bénéfice des citoyens.
Le tribunal administratif suit dans un premier temps la limite de 40 000 euros
Le tribunal administratif de Berlin a initialement suivi ce point de vue. Les juges ont soutenu que le plafond en vigueur depuis l’introduction des allocations citoyennes pouvait être transféré aux allocations de logement. Les réserves supérieures à ce seuil entreraient en conflit avec la réclamation.
Le Tribunal administratif supérieur souligne la différence entre l’allocation citoyenne et l’allocation logement
Le Tribunal administratif supérieur de Berlin-Brandebourg a clairement contredit cette interprétation et a précisé que le règlement sur les allocations citoyennes ne peut pas être transféré au droit des allocations de logement (numéro de dossier OVG 6 B 3/25).
Le tribunal indique clairement que le logement et les prestations sociales suivent des systèmes différents. Alors que les prestations du SGB II sont des prestations sociales subordonnées, les allocations de logement sont une prestation sociale principale visant à garantir un logement adéquat.
L’adoption automatique d’une limite d’avoirs monétaires du citoyen serait en contradiction avec ce système. Malgré de nombreuses modifications apportées à la loi sur les allocations de logement, le législateur s’est délibérément abstenu de redéfinir la notion de « patrimoine important ».
Une valeur indicative d’environ 61 000 euros est pertinente
La jurisprudence du Tribunal administratif fédéral est également déterminante. Il ne s’agit donc pas d’une limite de patrimoine fixe, mais plutôt de savoir s’il est raisonnable pour le demandeur, dans un cas individuel concret, d’utiliser ses biens pour couvrir les frais de logement.
Une valeur patrimoniale d’environ 61 000 euros peut encore être utilisée à titre indicatif. Cela remonte au montant d’exonération précédent prévu dans la loi sur l’impôt sur la fortune. Le Tribunal administratif supérieur souligne toutefois qu’il ne s’agit expressément pas d’une limite rigide : « Il n’est donc pas possible de la déterminer sur la base d’un plafond général de capital, au-delà duquel le recours à l’aide au logement serait facilement considéré comme abusif. » Ce qui est plus important, ce sont les circonstances personnelles et économiques au moment du dépôt de la demande.
Conséquence : l’aide au logement doit être approuvée
Dans le cas d’espèce, le patrimoine du plaignant s’élevait à environ 57 000 euros, soit en dessous de la valeur de référence pertinente. Le tribunal n’a vu aucune raison d’abaisser ce critère. La décision négative est donc illégale : « Le défendeur est tenu d’accorder au demandeur une allocation de logement d’un montant auquel il a légalement droit à partir du 1er janvier 2023. »