Vapoter peut sembler plus sûr que fumer, mais votre cœur pourrait raconter une autre histoire

Vous avez peut-être entendu dire que vapoter est le choix « plus sûr » que fumer. Mais que se passerait-il si ce qui est conçu pour protéger votre santé mettait également votre cœur en danger ?

Le vapotage n’existe pas de manière isolée. Cela fait partie d’une histoire plus vaste sur le tabagisme, les inégalités et le fardeau croissant des maladies cardiaques au Royaume-Uni. Même après des années de campagnes de santé publique, le tabagisme reste courant dans les zones les plus défavorisées d’Angleterre.

Les raisons sont complexes. Les personnes confrontées à des difficultés financières, à un emploi précaire et à un stress chronique sont plus susceptibles de fumer. Un marketing ciblé et un accès limité aux services pour arrêter de fumer rendent l’arrêt du tabac encore plus difficile. Dans le même temps, un adulte britannique sur deux a un taux de cholestérol élevé, et beaucoup ne le savent pas.

Des rapports montrent que les habitants des communautés les plus pauvres présentent les taux les plus élevés de tabagisme et d’autres facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, notamment un taux de cholestérol élevé.

À mesure que le vapotage devient plus courant dans ces mêmes communautés, une nouvelle forme de consommation de nicotine pourrait remplacer un risque cardiaque par un autre. De nombreuses personnes passent désormais de la cigarette au vapotage pour réduire les méfaits, mais de plus en plus de preuves suggèrent que les avantages ne sont peut-être pas aussi évidents qu’on le pensait autrefois.

La recherche montre que le vapotage peut aider certaines personnes à arrêter de fumer plus efficacement que d’autres méthodes, mais des découvertes plus récentes remettent en question la croyance selon laquelle les cigarettes électroniques sont un substitut inoffensif.






Plusieurs études ont désormais établi un lien entre le vapotage et des lésions artérielles au niveau du cerveau et du cœur, même chez les personnes qui n’ont jamais fumé de cigarettes traditionnelles. Les cellules qui tapissent nos vaisseaux sanguins, appelées endothélium, maintiennent la souplesse des artères, régulent la tension artérielle et empêchent les amas graisseux de coller aux parois. Lorsque ces cellules sont endommagées, les artères perdent leur élasticité et la circulation sanguine devient moins efficace, augmentant ainsi le risque de problèmes cardiovasculaires.

Une étude a révélé que les vapoteurs réguliers avaient une fonction vasculaire altérée. Leurs artères ne pouvaient plus se dilater et se contracter correctement. D’autres recherches sur des humains et des animaux exposés à la vapeur ont montré des artères moins flexibles, une pression artérielle plus élevée et des dommages à l’endothélium du cerveau et du cœur. Ce raidissement artériel augmente le risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et de démence.

Alors, qu’est-ce qui se cache derrière ces dégâts ? Lorsqu’une personne vape, la vapeur transporte de la nicotine, des produits chimiques et des particules microscopiques dans la circulation sanguine. Ceux-ci déclenchent une inflammation et un stress oxydatif, ce qui signifie que les défenses de l’organisme s’emballent et commencent à attaquer les tissus sains. Le vapotage réduit également l’oxyde nitrique, une molécule qui aide les vaisseaux à se détendre, tout en augmentant les radicaux libres nocifs. Ensemble, ces effets rendent les artères moins capables de faire leur travail et plus sujettes aux maladies, augmentant ainsi le risque de problèmes cardiaques.

Le vapotage peut également augmenter la tension artérielle et la fréquence cardiaque, même après une seule séance. Au fil du temps, ce mélange d’irritation, d’inflammation et de stress use les artères, même chez les personnes qui n’ont jamais fumé auparavant.

Le programme britannique NHS Health Check teste principalement les risques de maladies cardiaques chez les personnes âgées de quarante ans et plus. Pourtant, le vapotage est plus courant chez les personnes de moins de 40 ans, et le dépistage de routine n’est pas conçu pour détecter les lésions vasculaires précoces dans ce groupe d’âge. Les jeunes vapoteurs peuvent donc subir des lésions artérielles silencieuses pendant des années avant qu’un problème n’apparaisse lors des tests standards. Les données suggèrent que le vapotage peut provoquer des modifications artérielles précoces similaires à celles provoquées par le tabagisme, augmentant ainsi le risque de maladie cardiovasculaire (MCV) plus tard dans la vie.






C’est pourquoi l’éducation et la prévention sont si importantes. Les écoles et les campagnes de santé publique jouent un rôle essentiel en montrant aux jeunes que le vapotage comporte des risques à long terme, notamment des dommages au cœur. Il a été démontré que les programmes combinant apprentissage en classe et activités interactives font une réelle différence. Des initiatives telles que Catch Your Breath et Break the Vape d’Essex visent à empêcher les jeunes de vapoter avant qu’ils ne commencent et à soutenir ceux qui souhaitent arrêter, réduisant ainsi leur risque futur de maladie cardiaque.

Les grandes différences dans les décès dus aux maladies cardiaques à travers l’Angleterre montrent que les efforts de prévention n’atteignent toujours pas tout le monde de la même manière. Une approche systémique globale de la prévention des maladies cardiovasculaires est essentielle. Les écoles, les conseils, les services du NHS et les communautés locales doivent travailler ensemble pour lutter contre les facteurs de risque communs tels que le tabagisme et le vapotage.

Le dépistage ne permet pas encore de détecter les lésions artérielles précoces chez les jeunes adultes, mais l’éducation reste notre meilleure défense. Aider les jeunes à comprendre comment le vapotage affecte le cœur peut protéger la prochaine génération des dangers cachés de la dépendance à la nicotine et des dommages cardiovasculaires.