Une mauvaise entreprise coûte la vraie vie

Beaucoup de gens connaissent de telles situations : une rencontre avec un certain ami se termine par l’épuisement. Le voisin apparaît en permanence hostile. Le collègue provoque constamment de la frustration. De telles rencontres semblent toxiques. De nouvelles recherches suggèrent désormais que ce sentiment est plus qu’une perception subjective.

Une étude de l’Université de New York montre que de telles relations stressantes accélèrent le processus de vieillissement biologique d’environ 1,5 pour cent. Cela correspond à une durée de vie raccourcie d’environ neuf mois en moyenne. Les relations sociales difficiles peuvent non seulement être stressantes sur le plan psychologique, mais peuvent également avoir des conséquences physiques mesurables et même entraîner un vieillissement plus rapide du corps.

Enquête et analyse ADN

Pour cette étude, les chercheurs ont analysé les données de plus de 2 000 adultes de l’État américain de l’Indiana. Les participants ont pris part à une enquête de santé de six mois.

Entre autres choses, ils ont indiqué à quelle fréquence certaines personnes leur rendaient la vie difficile. Environ 30 pour cent ont signalé au moins une personne stressante dans leur environnement. De plus, les chercheurs ont prélevé des échantillons de salive au début et à la fin de la période d’étude. Ils ont utilisé ces échantillons pour examiner les changements dans l’ADN et les utiliser pour déterminer l’âge biologique des participants.

Le stress accélère le vieillissement cellulaire

L’analyse montre un lien clair. Les personnes qui interagissent régulièrement avec ceux que l’on appelle les « haineux » ont montré un vieillissement biologique plus rapide. Selon les chercheurs, la raison réside dans le stress. Les interactions sociales négatives activent ce qu’on appelle l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien dans le corps. Cela entraîne une augmentation des niveaux d’hormones de stress telles que le cortisol et l’adrénaline.

À court terme, ces hormones sont utiles pour faire face au stress. Cependant, si le taux d’hormones reste élevé en permanence, un stress oxydatif se produit dans les cellules. Cela met le corps et l’esprit à rude épreuve, favorise l’inflammation et peut ainsi augmenter le risque de maladie. Il s’agit notamment du cancer ou de la maladie d’Alzheimer.

Chaque fauteur de troubles augmente l’effet

Les chercheurs ont également constaté un effet cumulatif. Chaque personne stressante supplémentaire augmente le taux de vieillissement, écrivent précisément les auteurs de l’étude : « Sur une période de dix ans, ce taux de vieillissement plus rapide entraîne un vieillissement biologique d’environ 1,8 mois plus long chez les personnes présentant un facteur de stress supplémentaire. » Les participants à l’étude ayant plusieurs fauteurs de troubles dans leur liste de contacts ont également évalué leur propre santé physique et mentale comme étant nettement pire.

Les données suggèrent également que les femmes réagissent plus fortement que les hommes aux relations sociales stressantes. Les fumeurs et les personnes qui ont déjà eu des problèmes de santé ou des expériences négatives dans leur enfance sont particulièrement sensibles.

Les problèmes viennent souvent des familles

Ce qui est frappant, c’est d’où viennent ces contacts stressants. Les personnes interrogées mentionnent le plus souvent les membres de la famille, notamment les parents ou les enfants. Mais au sein de la famille, il est particulièrement difficile de se démarquer des fauteurs de troubles :

« Leur familiarité amène souvent les gens à les considérer et à les tolérer comme étant normaux, ce qui a conduit à étonnamment peu d’attention à leurs effets à long terme sur la santé. »

Une exception est apparue dans l’analyse. Lorsque le conjoint était décrit comme stressant, il n’y avait aucune influence mesurable sur l’âge biologique. Les chercheurs soupçonnent que les partenariats peuvent également offrir un soutien. Ces effets positifs pourraient compenser en partie les conséquences négatives des conflits individuels. Selon l’enquête, d’autres contacts sociaux perçus comme toxiques surviennent dans la vie quotidienne, par exemple dans les appartements partagés, dans le quartier ou au travail.

« Le côté obscur des relations sociales »

Les chercheurs interprètent les résultats de leur étude comme une indication de l’éventuelle forte influence négative des contacts sociaux sur la santé : « Cette étude montre que le « côté obscur » des relations sociales peut affaiblir la résilience physiologique et accélérer le processus de vieillissement et le développement de multiples maladies.

Des contacts stressants affaibliraient donc la résistance physiologique de l’organisme. À long terme, ils pourraient accélérer le processus de vieillissement et augmenter le risque de plusieurs maladies.





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