Le 18 septembre 2023, un élève de deuxième année de sept ans s’est noyé lors de son premier cours de natation à Constance. Deux enseignants se tenaient avec la classe au bord de la piscine et les 21 enfants ont été mis à l’eau en même temps – nageurs et non-nageurs. Le garçon a coulé. Il n’a pas été remarqué à temps. Le tribunal de district de Constance a par la suite condamné les deux enseignants pour homicide par négligence. La question de la culpabilité a été clarifiée, le verdict de culpabilité est maintenu. L’affaire sera de nouveau entendue devant le tribunal en avril – la seule question en litige est la peine. Mais le verdict a depuis longtemps eu un impact au-delà du tribunal : il déstabilise les enseignants, les piscines et tous ceux qui portent des responsabilités au bord de la piscine.
Quand un jugement fait des vagues
L’affaire est devenue calme, du moins de l’extérieur. Plus de tollé, plus de nouvelles de dernière minute. Et pourtant, ce jugement continue de fonctionner. Dans les salles des professeurs. Dans les piscines. Dans les discussions entre la direction de l’école, les municipalités et les exploitants de piscines. Pas bruyant, mais perceptible.
La mort d’un enfant de sept ans alors qu’il prenait des cours de natation est choquante. Toujours. Il n’y a rien à relativiser là-dessus. Et pourtant, après l’horreur initiale, une question se pose, que beaucoup ne formulent qu’à voix basse : quel effet ce jugement aura-t-il sur ceux qui sont censés assumer à nouveau leurs responsabilités à l’avenir ?
Ralf Großmann a grandi dans la piscine et est impliqué dans le secteur de la piscine depuis son enfance. Sur H2ohero.de, il partage son expérience des piscines allemandes – authentiques, proches du quotidien et soucieuses de la sécurité et de la qualité. Il fait partie de notre Cercle d’Experts. Le contenu représente son opinion personnelle basée sur son expertise individuelle.
Les cours de natation ne sont pas une salle de classe
Quiconque n’a jamais surveillé l’eau peut facilement sous-estimer ce qui s’y passe. Les cours de natation ne sont pas une rangée ordonnée de tables et de chaises. Les enfants bougent en même temps, à des vitesses différentes, avec des capacités complètement différentes. Nageurs et non-nageurs se côtoient, souvent sans que cela soit évident au premier abord.
Dans l’eau, ce n’est pas la minute qui compte, mais la seconde. Un rapide coup d’œil au mauvais moment. Un enfant qui descend en silence. Pas de cris, pas de coups de pied. La noyade se produit tranquillement. Tous les spécialistes de la salle de bains et tous les enseignants expérimentés dans l’eau connaissent cette réalité.
La supervision pendant les cours de natation signifie une attention constante dans des conditions qui ne peuvent être entièrement contrôlées.
Quand la responsabilité se transforme en peur
Cette décision a suscité une nouvelle incertitude chez de nombreux enseignants. Non pas parce qu’ils veulent se soustraire à leur tâche. Mais parce qu’ils ont le sentiment que la responsabilité et l’obligation s’éloignent de plus en plus.
Les enseignants rapportent qu’ils se demandent s’ils peuvent encore assumer cette responsabilité. Les stagiaires ne vivent plus les cours de natation comme une tâche pédagogique, mais comme un risque juridique. Les administrateurs scolaires se demandent si la natation est toujours proposée ou si les gens peuvent se protéger en ne le faisant pas. La responsabilité se transforme en prudence. La prudence se transforme en retraite.
Ce que cela signifie pour les enfants
Le retrait n’est pas sans conséquences. Si les cours de natation sont réduits ou annulés, les enfants apprendront à nager plus tard, voire pas du tout. La responsabilité est transférée aux parents, qui n’ont souvent ni le temps ni accès aux plans d’eau. Les clubs de natation ne peuvent pas faire face à cette situation : ils manquent de capacité, de temps d’eau et de personnel.
Le résultat est paradoxal : un jugement censé créer de la sécurité peut accroître l’incertitude à long terme. Pas dans la salle d’audience, mais à l’extérieur, dans la vie de tous les jours.
La perspective des salles de bains
Quelque chose change également pour les salles de bains. Les cours de natation, c’est de l’organisation, des accords clairs, du personnel, des zones d’encadrement. Si les écoles deviennent dangereuses, cela affecte également le fonctionnement des piscines. Dans le même temps, les attentes augmentent : plus de sécurité, plus de contrôle, moins de risques.
Mais la sécurité n’est pas une condition qu’on peut simplement prescrire. Cela dépend de la formation, de l’expérience, d’un personnel suffisant et de conditions-cadres réalistes. Le risque zéro n’existe pas dans l’eau.
Entre attentes et réalité
Personne ne conteste la nécessité d’identifier les erreurs. Personne ne remet en question le fait que la responsabilité a des conséquences. Mais il y a une différence entre punir une négligence grave et créer un système dans lequel chaque décision est soumise à la suspicion générale.
Aujourd’hui, de nombreux enseignants se demandent : est-il encore suffisant d’agir au mieux de ses connaissances et de ses convictions ? Ou cela nécessite-t-il un contrôle absolu, qui ne peut tout simplement pas exister dans l’eau ?
Du soutien au lieu du risque
Ce qui manque, c’est une classification sociale honnête. Les cours de natation sont politiquement nécessaires, mais structurellement difficilement garantis. Il y a un manque de travailleurs qualifiés, de ratios de soins clairs, de normes contraignantes – et souvent de soutien pour ceux qui assument les responsabilités quotidiennes. Si vous souhaitez des cours de natation, vous devez les permettre – pas seulement les exiger.
Un appel discret
Cet arrêt ne doit pas conduire chacun à se protéger en se retirant. Il devrait y avoir l’occasion d’y regarder de plus près : les conditions générales, la formation, l’accompagnement. Sur ce qui est raisonnablement abordable – et sur ce qui ne l’est pas.
Car une chose est sûre : si personne n’ose plus prendre ses responsabilités, les enfants finiront par y perdre. Pas au tribunal, mais dans l’eau.
La sécurité ne vient pas de la peur. Cela naît de la confiance, de la compétence et de structures claires.