Nous nous parlons beaucoup tous les jours. Quand on se lève. Dans la voiture. Après une erreur. Avant une conversation importante. La plupart du temps discrètement, parfois d’une honnêteté impitoyable, souvent de manière complètement inconsciemment. Cette voix intérieure commente, évalue, catégorise. Elle est toujours là. Et c’est exactement pourquoi cette question est si rarement remise en question. Nous les considérons comme « normaux », comme vérité, comme réalité. C’est avant tout une chose : une habitude. Aucun diagnostic. Pas de drame. Pas un échec personnel. Mais un commentaire intérieur constant qui accompagne et oriente souvent nos expériences sans que nous nous en rendions compte.
Se parler est normal et humain
La recherche psychologique montre que presque tout le monde se parle régulièrement. Cela s’applique quel que soit l’âge, le sexe ou la situation de vie. Le discours intérieur aide à traiter les informations, à structurer les décisions et à réguler les émotions. Ce n’est pas un signe de faiblesse. Au contraire : ils font partie de notre boîte à outils cognitive. Le vrai problème n’est donc pas de savoir si nous nous parlons à nous-mêmes, mais comment.
Beaucoup de ces dialogues intérieurs se produisent automatiquement. Ils découlent de l’éducation, des expériences, de la pression de performer ou d’une comparaison constante avec les autres. Personne ne se lève le matin et ne décide consciemment : « Je vais être particulièrement dur avec moi-même aujourd’hui. »
Cela arrive simplement. Et c’est exactement pourquoi il vaut la peine d’écouter plus attentivement lorsque votre voix intérieure s’exprime.
Joern Kettler est psychologue d’entreprise, analyste des expressions faciales et auteur à succès. Expert du langage corporel et du mensonge, il inspire depuis plus de 25 ans avec des analyses précises et des messages clairs. Il fait partie de notre Cercle EXPERTS. Le contenu représente son opinion personnelle basée sur son expertise individuelle.
Les mots façonnent la perception, même dans votre propre tête
La façon dont nous parlons de nous-mêmes en interne influence la façon dont nous percevons et évaluons les situations. Quiconque se dévalorise intérieurement après avoir commis une erreur vit la même erreur de manière complètement différente de quelqu’un qui se corrige objectivement.
Des études sur le discours intérieur montrent que le discours intérieur peut influencer l’attention, la motivation et la concentration. Les personnes qui communiquent de manière constructive en interne sont plus susceptibles de rester capables d’agir. En revanche, la dévalorisation de l’adresse à soi favorise le retrait, la maussade et les blocages mentaux.
Il ne s’agit pas de noir ou de blanc. Il ne s’agit pas de « penser positif à tout prix ». Mais à propos du ton de la voix. De l’espace mental que l’on se donne. Le langage fonctionne, surtout lorsqu’il se déroule uniquement dans votre propre tête.
Pourquoi nous sommes souvent plus durs avec nous-mêmes qu’avec les autres
Ce qui est frappant, c’est que beaucoup de gens s’adressent à eux-mêmes sur un ton qu’ils n’utiliseraient jamais avec les autres. Un ami fait une erreur et nous comprenons. Nous faisons nous-mêmes la même erreur et jugeons sans pitié.
Cela s’explique facilement psychologiquement. Notre voix intérieure reprend souvent des rôles issus de contextes antérieurs : parents, enseignants, supérieurs. Pas par méchanceté, mais par habitude. Ces voix ont été intériorisées à un moment donné et sont désormais automatiques.
C’est exactement pourquoi ils semblent si « vrais ». Et c’est exactement pourquoi ils sont si efficaces.
Les affirmations ne sont pas magiques, elles sont un contact avec soi
À ce stade, le scepticisme apparaît souvent : des affirmations. On dirait un calendrier qui dit. Après enrobage du sucre. Après l’auto-tromperie. Mais la recherche dresse un tableau différent. Des études sur l’affirmation de soi montrent que les personnes qui se rappellent régulièrement leurs valeurs personnelles, leurs forces ou les défis qu’elles ont déjà surmontés réagissent avec plus de résilience au stress et restent plus ouvertes aux nouvelles informations. Quelque chose d’important est ici crucial : les affirmations ne fonctionnent pas lorsqu’elles sont irréalistes, mais lorsqu’elles restent compatibles.
«Je suis parfait» n’aide guère. «Je peux apprendre», en revanche, c’est le cas.
L’affirmation n’est pas une persuasion, mais plutôt un changement de perspective. Un rappel conscient que nous sommes plus qu’une simple erreur ou un sentiment momentané.
Petits changements linguistiques, grand impact
Il n’est pas nécessaire de changer radicalement votre voix intérieure. De petits ajustements suffisent souvent :
- « Je devrais être capable de faire ça » devient « Je m’entraîne ça en ce moment ».
- « C’était stupide de ma part » devient « Ce n’était pas idéal, mais c’était résoluble. »
- « Je ne pourrai jamais le faire » devient « Je ne sais pas encore comment ».
De telles formulations ne changent rien à la réalité. Mais ils modifient l’espace mental dans lequel nous agissons. La force mentale ne signifie pas nécessairement être de bonne humeur en permanence. Mais traitez-vous plutôt équitablement sans vous perdre dans vos rumeurs.
Quand la rumination devient un fardeau constant
Une étude à long terme très appréciée de l’University College London montre que les boucles de pensée internes sont plus que de simples créateurs d’humeur. Plus de 360 personnes âgées de 55 ans et plus ont été examinées.
Le résultat : les personnes qui avaient une forte tendance à s’inquiéter, à ruminer et à penser négativement au fil des années ont montré des désavantages mesurables dans leurs performances mentales. Ceux-ci comprenaient des performances de mémoire plus faibles, une flexibilité cognitive moindre et des limitations des compétences linguistiques.
En outre, les scintigraphies cérébrales ont révélé une augmentation des niveaux de dépôts de protéines liés à des maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer et la démence.
Ce qui est important, c’est qu’il ne s’agit pas de pensées négatives individuelles. Il s’agit de l’habitude de retomber encore et encore dans les mêmes boucles intérieures.
La bonne nouvelle : Il ne s’agit pas de culpabilité ou de panique. Mais à propos de sensibilisation. Quiconque apprend à percevoir ses pensées sans y croire automatiquement soulage son système mental. Dans ce contexte, la pleine conscience ne signifie pas des problèmes d’édulcoration – mais plutôt le fait de ne pas s’imposer une pression supplémentaire.
Conclusion : la voix intérieure n’est pas un ennemi
La façon dont nous nous parlons n’est pas une réflexion après coup.
Il accompagne les décisions, façonne la motivation et influence la façon dont nous relevons les défis. Pas comme une question de culpabilité. Pas comme diagnostic. Mais plutôt comme une invitation à écouter plus consciemment. Parce que si vous ne combattez pas votre voix intérieure, mais que vous la façonnez, vous créez la base d’une plus grande clarté, d’une plus grande efficacité personnelle et d’une plus grande stabilité mentale. Pas à pas. Mot pour mot.
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Source des images : Jörn Kettler
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