Dans une série d’expériences menées par la chaîne de télévision RTL sternTV, auxquelles j’ai pu participer en tant que conseiller scientifique, nous avons examiné la question de savoir à quoi ressemble le courage civique dans notre société. A cet effet, différents scénarios ont été constellés afin d’observer le comportement des personnes dans des situations quotidiennes qui nécessitent du courage moral :
Deux rockers costauds, conduisant seuls, ont bloqué l’ascenseur de tous les autres dans un immeuble avec le commentaire « Occupé » et les ont forcés à prendre les escaliers. Un « père » a insulté et battu son bébé dans une poussette dans la rue, visible de tous, parce que les pleurs le gênaient. (L’enfant était une poupée et les gémissements étaient produits par un magnétophone !) Il était triste de constater, dans ces expériences et dans d’autres, combien peu de concitoyens se révélaient courageux.
Alors que la presse faisait au même moment état d’un incident au cours duquel plusieurs adultes regardaient un enfant se faire attaquer par un chien dans une cour de récréation, il est devenu nécessaire d’enquêter de plus près sur les raisons du « refus du courage civique » largement répandu. À cette fin, le plus grand nombre possible d’urgences documentées par la police, dans lesquelles aucune personne présente n’est intervenue ni même n’a soutenu quiconque l’a fait, ont été collectées et évaluées. L’analyse a révélé quatre causes principales :
Le professeur Siegbert Warwitz est un universitaire allemand, scientifique du sport et psychologue expérimental. Ses recherches portent sur le développement humain influencé par le jeu et le risque dans les processus éducatifs. Il fait partie de notre Cercle EXPERTS. Le contenu représente son opinion personnelle basée sur son expertise individuelle.
Qu’est-ce qui bloque une action courageuse
Le frein biologique : Chaque personne est naturellement dotée d’une inhibition automatique, que nous appelons en psychologie un « mécanisme d’autoprotection ». Elle vise à empêcher l’individu de prendre inutilement des risques qui pourraient lui faire du mal. Afin de pouvoir rassembler le courage moral, ce frein, qui peut se manifester par exemple par la peur, doit être surmonté. il s’agit généralement d’un instinct d’aide sociale ou d’une orientation éthique, comme le sens de la justice.
L’effet spectateur : Lorsque des personnes et d’autres personnes sont confrontées à une situation critique, un « effet spectateur » se produit souvent, connu en termes techniques sous le nom d’« effet spectateur ». Il s’agit d’un changement de responsabilité. « Il y en a beaucoup d’autres », justifiez-vous votre propre inaction, « qui sont certainement plus compétents, plus courageux et plus forts que moi et qui devraient aller de l’avant. » Cette mentalité se cache dans la foule avec les autres en refusant d’agir.
L’inhibition de la compétence : Dans les situations très dangereuses, la police conseille de ne pas intervenir soi-même, mais plutôt d’appeler le numéro d’urgence et d’alerter les secours professionnels. Cependant, une telle attente aurait conduit à des blessures graves lors de l’attaque de chien décrite sur l’enfant ou, dans le cas de la fusillade en Australie en décembre 2025, à des dizaines de morts supplémentaires. De tels conseils n’ont donc qu’une utilité limitée. Cependant, le courage civil ne doit pas être confondu avec le courage casse-cou et l’insouciance. L’engagement seul ne suffit pas. Aider dans une situation critique nécessite des compétences pertinentes. Cela inclut toujours une évaluation correcte de la situation de danger existante et de vos propres capacités.
Faiblesse du personnage : Outre l’impuissance face aux situations difficiles, des déficiences de la personnalité telles qu’une faible confiance en soi et la peur de l’échec peuvent également empêcher une action courageuse qui est réellement nécessaire et raisonnable. Le contraire du courage moral est la lâcheté, une faiblesse de caractère. Cela se caractérise, par exemple, par le fait que l’on a peur de représenter ses propres convictions, mais impopulaires, ou d’aider les autres si cela fait naître la peur de ses propres désavantages.
Ce que le courage civil n’est pas
L’acte d’une mère qui suit par réflexe son enfant alors qu’il fait un écart sur la route et est elle-même heurtée par un véhicule n’est pas un acte d’héroïsme admirable, mais plutôt un acte émotionnel inconsidéré. De même, un père qui saute après son fils tombé dans le tourbillon d’un barrage et se noie n’agit ni de manière rationnelle ni efficace. Ces deux événements ne témoignent pas d’une action courageuse, mais se révèlent être des réactions de panique inconsidérées qui exacerbent un problème né de l’impuissance. Le courage civique exige une action qui peut être spontanée en cas d’urgence, et qui doit même souvent l’être, mais qui n’exige pas d’être décapité, mais plutôt de garder la tête froide. Cela les rend exigeants.
Le courage civil ne se caractérise pas par la bravade. Il s’agit d’un type de courage plus doux qui repose moins sur l’attaque que sur la défense. Elle veut créer la justice, conjurer les dangers et défendre les valeurs. Pour ce faire, il utilise uniquement des moyens « civilisés » qui, si possible, ne laissent aucun dommage matériel, physique ou immatériel.
Qu’est-ce qui constitue le courage civil
Le courage civil est la contrepartie du courage militaire. Alors que le « courage du soldat » se prouve par sa volonté de risquer sa vie en cas de guerre, le courage civil fait référence au courage du civil. Le « courage civique » est un type de courage qui est exigé de chacun presque quotidiennement. C’est un courage qui implique de penser et d’agir avec humanité dans la vie quotidienne et de lutter pour l’équilibre et la justice. C’est un courage qui ne craint pas les choses désagréables. Le courage civique ne doit donc pas se réduire à une vertu rare et exceptionnelle, digne d’éloges du public, mais doit être considéré comme un trait de caractère évident et encouragé par l’éducation. Le courage civil est la marque d’une personne forte et sûre d’elle.
Comment apprendre le courage civil
Le courage civil est un trait de caractère que chacun peut et doit acquérir. Sa formation commence dès l’enfance et devrait commencer dès la petite enfance. À cette fin, des tâches simples qui peuvent être accomplies avec un peu d’effort personnel sont utilisées : reconnaître vos propres erreurs, ne pas essayer de trouver des excuses ou de rejeter la faute, ne pas essayer de vous échapper lorsque vous avez fait quelque chose de mal, ne pas déclarer les autres complices pour relativiser votre propre culpabilité.
Il faut prendre conscience qu’il est lâche de nier des actes répréhensibles par crainte de sanctions et qu’il est courageux d’admettre ses omissions ou ses erreurs et d’en accepter les conséquences. Admettre un acte répréhensible, demander pardon, offrir réparation n’est pas honteux, mais montre une force de caractère. Pour ce faire, il faut vaincre les résistances internes et fixer des normes de valeurs.
Règles pour un courage civique réussi
- Développer le sens du bien et du mal.
- Demandez-vous ce que vous espériez des autres lorsque vous en auriez besoin.
- Demandez-vous comment vous agiriez si votre courage était sollicité.
- Trouvez des modèles personnels que vous pouvez suivre.
- Évaluez d’abord les risques, puis agissez de manière décisive.
- Impliquez-vous, même si vous devez vous attendre à des situations désagréables.
- Agissez dans les limites de vos moyens.
- En cas d’urgence, aidez spontanément, mais pas sans réflexion.
- Préparez-vous à l’avance aux éventuels défis.
- Commencez par des exercices de courage simples et apprenez de vos erreurs.
- Recherchez humblement une aide compétente – à la fois comme conseil et comme soutien.
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Source des images : Siegbert Warwitz
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« À la recherche d’un sens au risque : vivre dans des luttes croissantes. Modèles explicatifs des comportements transfrontaliers » par Siegbert A. Warwitz.