Que vous dormiez suffisamment en vieillissant ne dépend pas des heures

Pendant des décennies, il y avait une mesure principale du sommeil : le nombre d’heures. Sept, huit ou plus devraient suffire pour commencer la journée en pleine forme. Cependant, de nombreuses personnes âgées se sentent moins alertes mentalement le matin, même si la nuit est suffisamment longue. Les pensées viennent plus lentement, les décisions sont plus difficiles et la vie quotidienne commence sensiblement plus lentement. L’explication évidente selon laquelle il y avait simplement un manque de sommeil est bouleversée.

Une vaste étude observationnelle de l’Albert Einstein College of Medicine fournit une explication simple à cela : ce n’est pas la durée de la nuit qui détermine l’état mental de la journée, mais la façon dont elle se déroule. Si vous continuez à vous réveiller pendant que vous dormez, vous commencerez la journée suivante sensiblement plus lentement, même si vous avez dormi suffisamment de temps.

Les nuits agitées durent jusqu’au lendemain

L’analyse était basée sur les données de 261 personnes de plus de 70 ans qui vivaient de manière indépendante et ne souffraient pas de démence. Pendant 16 jours, ils ont porté au poignet des appareils de mesure, semblables à des montres de fitness. Ceux-ci enregistraient les phases de sommeil et d’éveil. Dans le même temps, les participants ont effectué de courtes tâches de réflexion sur un smartphone plusieurs fois par jour – le matin, pendant la journée et le soir.

Cela a donné lieu à plus de 20 000 tests individuels. Ils ont notamment testé la vitesse de réaction, la mémoire visuelle et l’attention, c’est-à-dire exactement ces compétences qui sont constamment nécessaires dans la vie quotidienne – pour faire les courses, dans la circulation ou pour prendre des médicaments.

Le résultat est clair : ce n’est pas la durée du sommeil qui détermine l’état mental de la journée, mais plutôt le nombre d’interruptions la nuit. En moyenne, les participants restent éveillés plus d’une heure par nuit, répartis sur de nombreuses courtes périodes. Seulement 30 minutes supplémentaires d’éveil nocturne suffisaient à détériorer considérablement les performances mentales le lendemain. « Se réveiller à plusieurs reprises pendant la nuit réduit considérablement la qualité du sommeil », explique Orfeu Buxton, responsable de l’étude. Le facteur décisif pour l’état mental de la journée est avant tout le calme de la nuit et non sa durée.

La qualité du sommeil chez les personnes âgées compte plus que les longues nuits

La comparaison quotidienne directe est particulièrement instructive. Si une nuit a été plus agitée que d’habitude, les personnes touchées ont réagi plus lentement le lendemain. Le retard mesuré était d’environ 200 millisecondes. Cela ne semble pas grand-chose, mais cela peut faire une différence notable dans la vie de tous les jours, par exemple lors de l’évaluation des situations de circulation ou de la collecte de nouvelles informations.

Cet effet s’est produit quelle que soit la durée totale du sommeil. Même ceux qui restaient au lit pendant sept ou huit heures ne bénéficiaient d’aucun bénéfice si leur sommeil était interrompu à plusieurs reprises. Les siestes de l’après-midi, se coucher tôt ou s’allonger plus longtemps le matin n’y changeaient rien.

Pourquoi le cerveau a besoin de nuits calmes

Le sommeil remplit plusieurs fonctions dans l’organisme. Il aide à traiter les expériences, à économiser de l’énergie et à contrôler les processus métaboliques. Cela nécessite avant tout de la continuité. Des interruptions fréquentes perturbent davantage ces processus qu’une nuit légèrement plus courte mais calme.

Il existe également un effet lié à l’âge. Au fil des années, le sommeil devient plus facile. Les phases de sommeil profond diminuent. Cela rend le cerveau plus sensible à des perturbations supplémentaires. L’étude montre que ces changements ne se remarquent pas seulement à long terme, mais plutôt le lendemain.

Cela peut améliorer la qualité du sommeil à mesure que vous vieillissez

Ni des temps de sommeil plus longs ni le moment de l’endormissement n’ont amélioré les performances mentales. Même de courtes périodes de sommeil pendant la journée ne changeaient rien. La stratégie courante consistant à compenser le manque de sommeil en restant allongé pendant de longues périodes ne suffit pas.

Pour la vie de tous les jours, on peut en déduire ceci : il vaut plus la peine de prêter attention au repos et à la régularité qu’à simplement accumuler des heures. Les éléments suivants sont utiles :

  • heures fixes pour se coucher et se lever
  • un environnement de sommeil sombre et calme
  • éviter la lumière de l’écran le soir

Les médicaments, en revanche, sont considérés comme problématiques pour les personnes âgées car ils peuvent augmenter le risque de chute.

En résumé :

  • Ce n’est pas la durée du sommeil, mais la qualité du sommeil qui détermine les performances mentales à un âge avancé : les réveils nocturnes fréquents ralentissent la réflexion et les réactions le lendemain – même avec un sommeil apparemment suffisant.
  • Même de courtes périodes d’éveil supplémentaires ont des conséquences mesurables : à peine 30 minutes supplémentaires de veille la nuit suffisent pour détériorer sensiblement l’attention et la vitesse de traitement.
  • Dans la vie de tous les jours, il est important de se reposer plutôt que de compter les heures : des heures régulières, un environnement de sommeil calme et moins de perturbations nocturnes sont plus importants que de rester au lit pendant de longues périodes.

D’ailleurs: Le déclin de la mémoire au cours de la vieillesse passe souvent longtemps inaperçu – jusqu’à ce qu’un point de bascule biologique soit atteint, après quoi les performances diminuent soudainement plus rapidement. De nombreuses données à long terme montrent pourquoi cette transition n’est pas une coïncidence et quels changements cérébraux se cachent derrière elle – plus d’informations à ce sujet dans notre article.

Image : © Pexels

Par Eva Schmitt

L’original de cet article « La qualité du sommeil chez les personnes âgées détermine votre journée – pas le nombre d’heures » vient de Smart Up News.





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