Il y a des phrases que les parents peuvent difficilement prononcer, même si elles sont depuis longtemps une réalité. « Mon enfant me frappe » en fait partie, car cette phrase brise un tabou que de nombreuses familles préfèrent ignorer.
Il ne s’agit pas de bagarres enfantines ou d’explosions de colère incontrôlées chez les tout-petits, mais plutôt d’attaques physiques ciblées qui déclenchent la peur et modifient la structure du pouvoir au sein de la famille. De nombreux parents gardent le silence par honte, par loyauté ou par espoir que les choses se calment avec le temps. Cependant, cet espoir même peut être dangereux.
Chris Oeuvray est conseiller psychologique et expert en narcissisme. Dans ses livres comme « You Are Enough », elle montre aux personnes touchées par des relations toxiques des moyens de retrouver leur estime de soi, leur force et une vie libérée. Elle fait partie de notre Cercle EXPERTS. Le contenu représente leur opinion personnelle basée sur leur expertise individuelle.
La violence reste de la violence, même si elle vient de votre propre enfant
Lorsqu’un enfant frappe un parent, c’est de la violence, quel que soit l’expéditeur. Le contexte familial ne rend pas les agressions physiques moins inoffensives, même si l’enfant est psychologiquement stressé ou souffre lui-même.
Dans les recherches internationales, ce phénomène est appelé « violence entre enfants et parents ». Les études de Routt et Anderson (2011) ainsi que les évaluations ultérieures de groupes de recherche britanniques, notamment de l’Université d’Oxford, montrent clairement que l’agression physique envers les parents est très susceptible de se répéter si elle est relativisée ou excusée. Ce qui est particulièrement problématique, c’est que de nombreux parents, par peur ou par loyauté, n’en tirent pas de conséquences claires.
Pourquoi les parents hésitent souvent trop longtemps
De nombreuses personnes concernées tentent d’abord de classifier le comportement de leur enfant. La puberté, les exigences excessives, les expériences traumatisantes ou la maladie mentale peuvent effectivement jouer un rôle. Mais même si de tels facteurs contribuent à expliquer le comportement, ils ne justifient pas la violence.
Il existe également un profond conflit de loyauté. Les parents veulent protéger et accompagner, tout en sentant que leur propre sentiment de sécurité diminue. Les recherches menées par l’American Psychological Association sur les situations de violence familiale montrent que les parents dans de telles situations tombent souvent dans une spirale de doute d’eux-mêmes, ce qui les amène à retarder les étapes nécessaires.
Quand la peur prend peu à peu le dessus
Dès que les parents modifient leur comportement pour éviter les escalades, l’équilibre des pouvoirs au sein de la famille change. Ils parlent plus prudemment, évitent les conflits ou cèdent plus rapidement parce qu’ils craignent de nouvelles attaques. De l’extérieur, cela peut sembler calme, mais en réalité, cela crée un système contrôlé par la peur.
Les recherches systémiques et les travaux sur les dynamiques dites de « contrôle coercitif » montrent que des réactions absentes ou incohérentes peuvent stabiliser un comportement agressif car l’enfant apprend inconsciemment que la violence a un effet.
Ce que les parents peuvent faire spécifiquement
L’étape décisive ne réside pas dans une stratégie de conversation parfaite, mais dans une attitude claire. Si un enfant frappe un parent, cet acte ne doit pas être relativisé, mais doit être clairement identifié comme une violation des limites.
Cela implique de prendre sa propre sécurité au sérieux, d’organiser un soutien et d’impliquer une aide extérieure à un stade précoce. Les centres de conseil, les services d’aide à la jeunesse, les établissements spécialisés dans la lutte contre la violence domestique ou, en cas d’urgence, la police ne sont pas des signes d’échec, mais plutôt des systèmes de protection capables d’éviter une escalade.
Une intervention précoce et la définition de limites claires réduisent considérablement la probabilité de violences répétées.
Obtenir de l’aide, c’est prendre ses responsabilités
De nombreux parents croient qu’ils doivent résoudre le problème seuls car il concerne leur propre famille. Cependant, la violence au sein des familles ne constitue pas un échec privé, mais un risque sérieux pour toutes les personnes impliquées. Plus tôt les attaques physiques seront clairement stoppées, plus grandes seront les chances que les schémas destructeurs changent.
Les limites ne sont pas l’expression d’un retrait de l’amour, mais plutôt une orientation nécessaire car elles créent de la sécurité et attribuent clairement des responsabilités.
L’amour sans limites claires ne protège pas, mais vous rend vulnérable. C’est pourquoi il est crucial de ne pas sacrifier votre propre sécurité au sentiment de loyauté, mais d’équilibrer les deux.
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Source des images : Chris Oeuvray
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