Pourquoi les chercheurs recommandent désormais la « position assise active ».

Rester assis pendant de longues périodes est considéré depuis des années comme un risque pour la santé. Il sollicite le dos, favorise l’obésité et augmente le risque de maladies cardiovasculaires. On ne dit pas non plus que la position assise est particulièrement bénéfique pour le cerveau : problèmes de mémoire, manque de concentration, risque accru de démence – tout cela est souvent associé à un quotidien sédentaire. Mais cette vision est insuffisante. Ce qui compte pour la santé du cerveau n’est pas seulement la durée pendant laquelle les gens restent assis, mais aussi ce qu’ils font pour occuper ce temps.

Une analyse complète des études internationales menée par l’Université du Queensland s’est particulièrement penchée sur les activités courantes : lire, jouer aux cartes, travailler sur l’ordinateur ou regarder la télévision. Les résultats dressent un tableau différencié. Être assis peut exercer une pression sur le cerveau, mais cela peut également le mettre à rude épreuve et le stabiliser.

Rester assis pendant de longues périodes perd sa mauvaise réputation. Quiconque pense, planifie, décide ou se souvient en position assise utilise son cerveau différemment de quelqu’un qui consomme passivement du contenu pendant des heures. Cette différence a un impact mesurable sur les performances mentales, en particulier à un âge moyen et plus avancé.

Être assis peut endommager le cerveau, mais cela peut aussi le mettre à rude épreuve

Les nouveaux résultats sont basés sur une revue systématique dans laquelle 85 études ont été rassemblées. Au total, les données d’environ 1,6 million de personnes ont été incluses. Ce sont principalement des adultes d’âge moyen et plus âgés qui ont été examinés. Les études ont comparé différentes formes de travail sédentaire et leur lien avec la performance mentale.

Pour la première fois, les auteurs ont fait une distinction cohérente entre la position assise active et passive. Actif signifie : lire, jouer aux cartes, aux jeux de société ou travailler sur l’ordinateur. Passif signifie principalement la télévision. Les différences sont claires. Alors que les activités mentalement actives en position assise sont souvent associées à de meilleures capacités cognitives, ce n’était pas le cas lorsque l’on regardait la télévision.

Cela devient particulièrement clair lorsqu’on examine la situation de l’étude : sur 43 études sur la consommation de télévision, 28 font état de liens négatifs avec les performances mentales. En ce qui concerne les activités actives en position assise, seules cinq études sur 58 ont mis en évidence des effets négatifs. Le contraste est frappant – et statistiquement fiable.

Les activités mentales passives augmentent le risque de déclin cognitif

Les effets négatifs de la position assise passive affectent principalement les fonctions essentielles à la vie quotidienne. Ceux-ci incluent la mémoire de travail, les fonctions exécutives et la mémorisation situationnelle. Ces compétences contrôlent la planification, l’attention, la résolution de problèmes et la recherche d’informations. Dans de nombreuses études, les personnes qui regardent beaucoup la télévision obtiennent de moins bons résultats.

De plus, plusieurs études montrent un risque accru de processus de déclin cognitif et même de démence. Les effets restent faibles, mais se produisent de manière constante. C’est précisément parce que de nombreuses personnes passent chaque jour plusieurs heures devant la télévision que ces différences deviennent de plus en plus importantes. Les petits effets s’accumulent au fil des années.

Le schéma inverse apparaît dans les activités mentalement actives. Lire, jouer ou travailler sur ordinateur sont plus souvent associés à des performances cognitives plus stables ou meilleures. Le cerveau reste sollicité même lorsque le corps est au repos.

Les résultats montrent la réalité des activités quotidiennes

Un point central de l’analyse réside dans la démarche de recherche. Les études évaluées portaient sur des situations quotidiennes. Aucune expérience en laboratoire, aucun programme de formation, aucune intervention thérapeutique. C’est exactement ce qui rend les résultats pertinents pour la vie quotidienne.

Le responsable de l’étude, Paul Gardiner, explique : « Tout le temps passé en position assise est lié à la santé du cerveau. Cependant, la position assise est souvent traitée comme une seule catégorie sans prendre en compte le type d’activité. » Et plus loin : « La plupart des gens passent de nombreuses heures par jour assis. C’est pourquoi le type de position assise joue un rôle important. »

Gardiner affirme que de petits choix quotidiens – comme lire au lieu de regarder la télévision – peuvent aider à garder le cerveau en meilleure santé à mesure que nous vieillissons. L’exercice reste important, mais l’activité mentale compte également. Il n’est pas nécessaire de le faire debout.

En résumé :

  • Toutes les formes de position assise n’ont pas le même effet sur le cerveau : la durée est moins importante que le type d’activité exercée pendant celle-ci.
  • Les activités mentalement actives en position assise, comme lire, jouer à des jeux ou travailler sur un ordinateur, sont plus souvent associées à de meilleures compétences cognitives, comme la mémoire de travail et la planification.
  • En revanche, la position assise passive, comme regarder la télévision, montre souvent des liens négatifs avec les performances mentales : les effets sont faibles, mais statistiquement fiables.

Par Anne Bajrica

L’original de cet article « Toutes les positions assises ne nuisent pas au cerveau – cette forme peut même le protéger » vient de Smart Up News.





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