Depuis deux hivers, les Français entendent le même message : chauffez à 19 °C pour économiser de l’énergie.
Mais entre les maisons anciennes, les familles nombreuses et les journées glaciales, cette règle universelle ne convient pas à tout le monde.
Selon plusieurs études récentes, la température idéale n’est pas la même pour tous les foyers — et elle pourrait même être plus élevée sans faire exploser la facture.
Alors, quelle est la vraie température de confort ? Et comment l’atteindre sans gaspiller ?
19 °C : une moyenne, pas une vérité absolue
La fameuse recommandation des 19 °C vient de normes énergétiques établies dans les années 1970, à une époque où les logements étaient bien moins isolés.
Mais aujourd’hui, avec l’évolution des matériaux, des fenêtres et des systèmes de chauffage, chaque habitation réagit différemment.
Autrement dit, 19 °C dans un appartement récent n’équivaut pas à 19 °C dans une vieille maison en pierre.
Dans un logement mal isolé, la sensation de froid sera plus forte à cause des parois froides et des courants d’air, ce qui pousse souvent les habitants à monter le thermostat.
“Le corps humain ne ressent pas la température réelle, mais la température dite “opérative” — un équilibre entre l’air et les surfaces autour de nous.”
— Élodie Martin, ingénieure thermicienne
Résultat : dans de nombreux cas, 20 à 21 °C peuvent offrir le même confort ressenti que 19 °C, à condition que la chaleur soit mieux répartie et maîtrisée.
La température idéale selon les pièces
Il n’existe pas de valeur magique valable partout, mais plutôt une plage de confort à adapter pièce par pièce.
Les experts de l’Ademe recommandent désormais de différencier les températures selon les usages :
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Salon / pièces à vivre : 20 à 21 °C
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Chambre : 17 à 18 °C (un air trop chaud nuit au sommeil)
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Salle de bain : 22 à 23 °C le matin, puis 19 °C le reste du temps
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Cuisine : 18 °C suffisent, car les appareils chauffent déjà la pièce
En ajustant chaque zone plutôt que de tout chauffer à la même température, on peut économiser jusqu’à 15 % d’énergie sans perdre en confort.
L’astuce n’est pas de chauffer plus… mais de chauffer mieux
Le secret réside dans la stabilité.
Monter le chauffage brutalement, puis le couper, provoque des cycles de surconsommation.
Mieux vaut maintenir une température constante et optimiser la diffusion de la chaleur : purger les radiateurs, dégager les murs et éviter de bloquer les flux d’air.
Les thermostats connectés permettent aussi d’adapter la température pièce par pièce et selon les horaires de présence.
Un abaissement automatique la nuit ou pendant les absences peut faire économiser jusqu’à 250 € par an sur la facture moyenne d’électricité ou de gaz.
Le confort dépend aussi de l’humidité et de l’isolation
Beaucoup ignorent que le taux d’humidité influence autant le confort que la température.
Un air trop sec (en dessous de 35 %) donne une sensation de froid même à 21 °C, tandis qu’un air trop humide alourdit l’atmosphère.
L’équilibre idéal se situe entre 40 et 55 % d’humidité, que l’on peut maintenir grâce à un humidificateur ou simplement en aérant régulièrement.
L’isolation joue, elle aussi, un rôle majeur : un logement bien isolé permet de ressentir la même chaleur à 1 ou 2 °C de moins, car les murs et les sols ne diffusent pas le froid.
C’est la raison pour laquelle une maison rénovée peut être confortable à 19 °C… quand une autre aura besoin de 21 °C pour la même sensation.
Les erreurs qui font grimper la facture
Les spécialistes rappellent quelques habitudes à éviter si l’on veut garder son confort sans gaspiller :
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Fermer les volets la nuit pour limiter les déperditions de chaleur.
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Ne jamais couvrir un radiateur (rideau, meuble, linge humide).
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Éviter les surchauffes locales : une pièce à 24 °C ne compense pas une autre à 16 °C.
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Aérer 10 minutes par jour, même en hiver, pour renouveler l’air sans refroidir les murs.
Ces petits gestes cumulés peuvent réduire la consommation de 7 à 10 %, tout en améliorant le confort global.
Le vrai chiffre magique : entre 20 et 21 °C
Les études les plus récentes convergent vers une même idée : 20 à 21 °C représentent la température optimale pour la majorité des foyers.
Assez chaude pour garantir le bien-être, assez raisonnable pour préserver la planète — et votre portefeuille.
“Le confort thermique ne dépend pas seulement du chiffre sur le thermostat, mais de la qualité de la chaleur et de la façon dont elle est répartie.”
— Élodie Martin, ingénieure thermicienne
Cet hiver, inutile donc de grelotter pour économiser : mieux vaut viser le bon équilibre, adapter sa maison, et laisser la technologie faire le reste.
Car parfois, le vrai secret du confort n’est pas de baisser la température… mais de comprendre comment la maîtriser intelligemment.