Le cancer du poumon n’est généralement diagnostiqué que lorsque des symptômes apparaissent. Il reste alors souvent peu de temps. Dans le cas du cancer du poumon à petites cellules en particulier, la maladie est extrêmement agressive. Les thérapies fonctionnent souvent au début, mais des rechutes surviennent presque toujours. Une nouvelle étude de l’Université de Cologne montre désormais qu’une inflammation précoce peut avoir une influence décisive sur l’évolution du cancer du poumon avant même le diagnostic.
Contrairement à ce que l’on pensait auparavant, l’inflammation dans le cancer du poumon ne se produit pas seulement à cause de la tumeur, mais commence bien plus tôt. Les processus inflammatoires dans le tissu pulmonaire commencent avant la formation d’une tumeur. Cette phase précoce jette les bases de l’agressivité ultérieure de la maladie.
Un point de bascule biologique précoce
L’étude a porté sur le carcinome du poumon à petites cellules, une forme de cancer de très mauvais pronostic. Après cinq ans, seulement cinq pour cent environ des personnes touchées sont en vie. Malgré la médecine moderne, les rechutes surviennent dans la plupart des cas.
Beaucoup de ces tumeurs sont dépourvues de la protéine caspase-8. Normalement, cela garantit que les cellules endommagées meurent de manière contrôlée. Si ce mécanisme fait défaut, les cellules meurent d’une manière différente. Cela provoque des réactions inflammatoires dans les tissus environnants.
La responsable de l’étude, Silvia von Karstedt, explique : « Le manque de caspase-8 conduit à un type de mort cellulaire inflammatoire appelée nécroptose, qui crée un environnement hostile et enflammé avant même qu’une tumeur ne se forme complètement. »
L’inflammation affaiblit les défenses du cancer à un stade précoce
L’inflammation est généralement considérée comme une réaction protectrice de l’organisme ; cela a du sens dans le cas d’infections, mais cet effet est inversé dans le cancer du poumon à petites cellules. L’inflammation précoce modifie le système immunitaire, de sorte que les cellules cancéreuses sont plus difficiles à reconnaître et à combattre plus tard.
Les lymphocytes T régulateurs jouent un rôle important à cet égard. Ils atténuent généralement les réactions immunitaires excessives. Cependant, dans le tissu pulmonaire enflammé, ils ralentissent la défense même qui devrait attaquer les cellules cancéreuses. Cela crée un environnement dans lequel les cellules tumorales se propagent plus facilement.
« Nous avons également été fascinés par la découverte selon laquelle la nécroptose prétumorale peut réellement favoriser le cancer en conditionnant le système immunitaire », explique von Karstedt.
Des conditions cellulaires agressives favorisent les rechutes
L’inflammation affecte non seulement le système immunitaire, mais aussi les cellules cancéreuses elles-mêmes. Cela place les cellules dans un état très immature qui n’est pas sans rappeler les premiers précurseurs des cellules nerveuses. À ce stade, les cellules se divisent plus rapidement, répondent moins bien aux médicaments et se propagent plus facilement vers d’autres organes.
Les chercheurs ont découvert que de tels états cellulaires étaient particulièrement fréquents lors des métastases et des rechutes. Cela explique pourquoi la maladie réapparaît souvent après une chimiothérapie initialement réussie. Les cellules les plus agressives survivent en arrière-plan.
Afin d’étudier ces processus plus en détail, les chercheurs ont développé un modèle spécial de souris. Ici aussi, la protéine caspase-8 manquait. Les conséquences étaient claires :
- Tumeurs développées plus tôt que chez les animaux de comparaison
- Davantage de foyers tumoraux se forment dans les poumons
- Les métastases hépatiques sont survenues presque deux fois plus fréquemment
Si l’inflammation était spécifiquement ralentie, l’évolution de la maladie changeait. Le nombre de métastases a diminué, tout comme le caractère agressif des cellules cancéreuses.
De nouveaux points de départ pour les premières stratégies
L’étude ne propose aucune nouvelle thérapie. Cependant, cela explique pourquoi le cancer du poumon à petites cellules devient incontrôlable si tôt. Ce n’est pas seulement la tumeur elle-même qui est importante, mais aussi l’environnement dans lequel elle apparaît. L’inflammation agit comme un amplificateur de la maladie.
Il existe plusieurs points de départ pour l’avenir. Les processus inflammatoires pourraient servir de signes avant-coureurs. Le système immunitaire fait de plus en plus l’objet de recherches. Les thérapies pourraient commencer plus tôt, avant même qu’une tumeur ne soit visible. Il reste à voir si ces inflammations précoces peuvent être mesurées de manière fiable chez l’homme. Le cancer du poumon est généralement découvert tardivement et les premiers échantillons de tissus manquent souvent.
Comment se protéger du cancer du poumon
En Allemagne, le cancer du poumon est l’un des trois types de tumeurs les plus courants. Mieux encore que traiter le cancer, il est de le prévenir et d’éviter les facteurs de risque suivants.
- Le facteur de risque le plus important et le plus évitable est le tabagisme. En Allemagne, on estime que le tabagisme actif est responsable de neuf maladies sur dix chez les hommes et d’environ huit maladies sur dix chez les femmes.
- Le tabagisme passif augmente également le risque de cancer.
D’autres facteurs de risque jouent un rôle moindre :
- Gaz d’échappement diesel
- Fine poussière
- amiante
- hydrocarbures aromatiques polycycliques
- arsenic
- Poussières de quartz
- Exposition au radon, un gaz noble radioactif naturel
- Rayonnement ionisant
L’étude actuelle résume brièvement :
- Dans le cancer du poumon à petites cellules, l’agressivité commence souvent avant le diagnostic, car une inflammation silencieuse du tissu pulmonaire affaiblit le système immunitaire à un stade précoce et protège les cellules cancéreuses.
- Le déclencheur est souvent le manque de protéine caspase-8, qui provoque la mort des cellules à cause de l’inflammation et crée un environnement favorisant les métastases et les rechutes ultérieures.
- L’étude montre : Ce n’est pas seulement la tumeur elle-même qui est cruciale, mais aussi son environnement précoce, c’est pourquoi l’inflammation pourrait être un signal d’alerte précoce possible et un point de départ pour de futures thérapies.
Par Eva Schmitt
L’original de cet article « Avant même la formation d’une tumeur : une inflammation silencieuse favorise l’un des types de cancer les plus agressifs » vient de Smart Up News.