Les outils de prédiction des risques pourraient aider à identifier les patients présentant le risque le plus élevé de surdose et de décès après une sortie de l’hôpital « avant avis médical » (BMA), selon une nouvelle recherche du Journal de l’Association médicale canadienne.
Les patients qui quittent l’hôpital contre l’avis d’un médecin ont environ deux fois plus de risques de mourir et environ 10 fois plus de risques de subir une surdose de drogues illicites au cours des 30 premiers jours suivant leur sortie de l’hôpital. De telles décharges de BMA sont initiées chaque année par environ 500 000 personnes aux États-Unis et 30 000 personnes au Canada.
« Le calcul du risque de décès et de surdose médicamenteuse d’un patient spécifique, combiné au jugement clinique et à d’autres scores de risque, pourrait aider les cliniciens et les patients à avoir une discussion constructive et centrée sur le patient sur la décision d’initier une sortie de BMA, notamment en évaluant la capacité du patient à prendre une telle décision et en discutant des moyens d’atténuer les risques après la sortie de BMA », écrit le Dr Hiten Naik, de l’Université de la Colombie-Britannique, à Vancouver, en Colombie-Britannique, avec les co-auteurs.
« En réduisant l’incertitude, les estimations des risques pourraient également réduire la détresse morale des cliniciens face à une décharge de BMA. »
Les chercheurs ont développé deux modèles de prédiction des risques : un pour estimer le risque de décès, quelle qu’en soit la cause, au cours des 30 jours suivant une sortie de BMA, et un autre pour les patients ayant des antécédents de consommation de substances afin d’estimer le risque de surdose de drogues illicites chez les patients ayant des antécédents de consommation de substances.
À l’aide de données provenant de la Colombie-Britannique, les enquêteurs ont examiné la cohorte A, un groupe de 6 440 adultes de la population générale qui ont initié une sortie de BMA, et la cohorte B, qui comprenait 4 466 personnes ayant des antécédents de consommation de substances et qui ont initié une sortie de BMA.
Dans la cohorte A, les chercheurs ont constaté que les décès étaient moins fréquents que prévu, avec un décès dans les 30 jours pour 63 sorties de BMA. La multimorbidité, les maladies cardiaques et le cancer étaient de puissants prédicteurs de décès dans les 30 jours suivant la sortie.
Dans la cohorte B, l’itinérance, l’aide au revenu, les troubles liés à la consommation d’opioïdes, les troubles liés à la consommation de substances non alcooliques, la surdose de drogue au cours de la dernière année et la sortie d’un service chirurgical étaient de puissants prédicteurs de surdose de drogue après la sortie de BMA.
« Parmi les patients ayant des antécédents de consommation de substances, une surdose de drogues illicites était un résultat relativement courant peu de temps après la sortie du BMA (c’est-à-dire environ une surdose de drogues illicites dans les 30 jours pour 19 sorties de BMA), ce qui suggère que cette période est une opportunité critique mais largement inexplorée pour la prévention des surdoses », écrivent les auteurs.
Ils suggèrent que les hôpitaux et les systèmes de santé pourraient utiliser des modèles de prévision des risques pour automatiser l’approche des sorties BMA à plus haut risque, avec des alertes et une inscription automatique aux programmes de soutien.
« Ces modèles offrent un point de départ pour identifier les patients à haut risque et pouvant bénéficier d’un plus grand soutien. »