Le cancer n’a pas besoin d’un régime spécial !

Le cancer n’a pas besoin d’un régime spécial ! Les nouvelles lignes directrices envoient un signal attendu depuis longtemps, car pratiquement aucun diagnostic ne perturbe autant les gens que le cancer.

Et pratiquement aucun autre domaine n’est aussi susceptible de promesses de salut que la nutrition. Régime cétogène contre les cellules tumorales, jeûne thérapeutique, « le sucre nourrit le cancer », cures huile-protéines ou programmes de jus radicaux – l’éventail est large, mais la base scientifique est mince.

Aucun effet inhibiteur des régimes sur les tumeurs

La nouvelle directive S3 « Nutrition clinique en oncologie » envoie ici un signal important : les preuves sont insuffisantes en faveur des régimes dits anti-cancer. De plus, des concepts nutritionnels restrictifs comportent des risques de malnutrition et peuvent affaiblir davantage les patients. Il ne s’agit pas d’un calcul idéologique, mais du résultat d’une évaluation systématique d’études cliniques.

Uwe Knop est nutritionniste diplômé, auteur et conférencier dans des associations professionnelles, des entreprises et lors de formations médicales. Il fait partie de notre Cercle EXPERTS. Le contenu représente son opinion personnelle basée sur son expertise individuelle.

Le groupe de lignes directrices a considérablement élargi le chapitre sur les régimes spéciaux. Qu’il s’agisse du jeûne, du régime cétogène ou des régimes Budwig et Breuß : il existe un manque de preuves fiables d’un effet inhibiteur des tumeurs. « Il y a encore un manque de preuves permettant de recommander un régime végétarien ou végétalien pour ou contre. Jusqu’à ce que des études fiables soient disponibles, une planification minutieuse est absolument nécessaire pour les patients en oncologie afin d’éviter la malnutrition », explique le professeur Jutta Hübner de l’hôpital universitaire d’Iéna et coordinatrice des lignes directrices actualisées.

« En ce qui concerne les « régimes contre le cancer », les directives déconseillent les restrictions alimentaires strictes. Elles restreignent le régime alimentaire et présentent donc un risque de malnutrition et de perte de poids. »

Problème sous-estimé : la malnutrition

Alors que l’on parle sur les réseaux sociaux d’aliments « anticancéreux », les directives pointent du doigt un risque médical réel : la malnutrition. Il a été démontré qu’un mauvais état nutritionnel aggrave la tolérance au traitement, augmente les complications et altère la qualité de vie. Par conséquent, tous les patients oncologiques doivent être examinés tôt et régulièrement pour détecter toute malnutrition. Si nécessaire, une évaluation nutritionnelle structurée sera réalisée par des spécialistes qualifiés.

Les directives définissent des directives claires : environ 25 à 30 kilocalories et jusqu’à 1,5 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel par jour. L’objectif est de maintenir la masse musculaire, facteur pronostique central. Les régimes restrictifs en particulier, tels que le régime cétogène fréquemment promu, ne montrent aucun bénéfice oncologique prouvé dans les études, mais montrent des preuves d’une perte de poids indésirable.

Les directives ne recommandent donc pas de régimes aussi extrêmes. Depuis des années, une thèse fondamentale centrale est la suivante : dans une phase de stress physique maximal, l’organisme a besoin de stabilité et non de restrictions supplémentaires. Quiconque restreint idéologiquement l’approvisionnement en énergie risque d’affaiblir le patient – ​​et non la tumeur.

Jetez également un regard critique sur les micronutriments

Un autre domaine sensible est celui des préparations à forte dose de vitamines et d’oligo-éléments. Par crainte de carences, de nombreux patients se tournent vers les antioxydants ou vers de fortes doses de vitamine C.

La ligne directrice ici est claire : il n’y a pas de besoin général d’en faire plus. Une supplémentation ne doit être effectuée que si une carence est avérée.

La raison est simple : il n’existe aucun avantage supplémentaire prouvé pour l’administration de doses élevées. De plus, les interactions possibles avec les thérapies oncologiques n’ont pas été clarifiées de manière concluante. La médecine fondée sur des données probantes signifie donc retenue et non dose maximale.

Pourquoi la « famine » ne fonctionne pas

De nombreux régimes anti-cancer reposent sur une idée apparemment évidente : si vous privez la tumeur de certains nutriments, comme les glucides, vous pouvez l’affaiblir spécifiquement. Mais le métabolisme humain est très complexe. Les cellules tumorales disposent de mécanismes d’adaptation flexibles. Une réduction isolée des nutriments affecte donc rarement le cancer de manière sélective, mais affecte souvent l’organisme tout entier.

Les lignes directrices le précisent sans détour : aucune recommandation ne peut être faite concernant le choix d’un substrat énergétique spécifique (glucides, protéines, graisses). Ce qui est crucial, c’est de garantir l’approvisionnement global en énergie et en protéines, et non d’éliminer dogmatiquement des groupes alimentaires individuels.

L’individualité au lieu du dogme diététique

En situation palliative, la ligne directrice se concentre particulièrement sur la qualité de vie. La nutrition doit apporter un soutien et non un fardeau supplémentaire. Ici, les preuves cliniques touchent au concept d’« intelligence corporelle culinaire » : la faim. Les désirs et les préférences peuvent être de précieux indicateurs des besoins individuels, à condition qu’ils soient pris en compte dans le cadre d’une thérapie nutritionnelle supervisée par un professionnel.

Il ne s’agit pas ici de « l’instinct au lieu de la médecine », mais plutôt de « l’intuition et de la thérapie » : le patient n’est pas un modèle métabolique standardisé. La nutrition doit être adaptée individuellement – ​​fondée sur des preuves, adaptée à la thérapie et orientée vers les besoins. La compatibilité individuelle est ici en tête

Conclusion : la sécurité plutôt que les lunettes

Les nouvelles lignes directrices envoient un signal important dans un débat souvent caractérisé par des simplifications. Il protège les patients des attentes excessives et leur rappelle que les recommandations médicales doivent être basées sur des études contrôlées et non sur des hypothèses apparemment plausibles.

Le cancer n’a pas besoin de régime. Il a besoin de soins stables et adaptés à ses besoins, qui maintiennent la masse musculaire, soutiennent les thérapies et protègent la qualité de vie. Ce n’est pas un renoncement radical qui renforce les gens, mais plutôt un soutien scientifiquement fondé par des spécialistes qualifiés. C’est moins spectaculaire que certaines promesses diététiques – mais beaucoup plus fiable.

  • Source des images : Uwe Knop

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