Une nouvelle étude analyse la façon dont l’imagerie est utilisée pour diagnostiquer et gérer la paralysie de Bell, une maladie qui provoque une faiblesse soudaine des muscles d’un côté du visage, généralement temporairement. Bien que l’imagerie diagnostique puisse aider à exclure d’éventuels signaux d’alarme ou à aider les prestataires à comprendre les causes des symptômes d’un patient, elle ne doit être utilisée que lorsque les signes cliniques le justifient. À la connaissance des chercheurs, aucune étude n’a exploré cette relation dans le contexte de la paralysie de Bell.
En évaluant l’utilisation actuelle de l’imagerie dans le diagnostic et la gestion de la paralysie de Bell, les chercheurs ont cherché à garantir que les pratiques mettent l’accent sur les soins optimaux aux patients tout en minimisant les coûts inutiles des soins de santé.
L’article est publié dans Le laryngoscope journal.
Pour cette recherche, les étudiants en médecine de Mount Sinai et les chirurgiens plasticiens du visage ont collaboré avec un résident en chef du département d’oto-rhino-laryngologie du centre médical de l’université Vanderbilt.
L’étude est la première du genre à utiliser une analyse à l’échelle nationale pour examiner comment et quand l’imagerie est utilisée pour diagnostiquer et gérer la paralysie de Bell aux États-Unis.
Cette étude permet d’évaluer si les pratiques actuelles d’imagerie pour la paralysie de Bell s’alignent sur les lignes directrices fondées sur des preuves. Étant donné que la paralysie de Bell est généralement diagnostiquée au moyen d’une anamnèse approfondie et d’un examen physique, l’imagerie n’est généralement pas nécessaire pour les cas simples et un traitement aux stéroïdes dans les 72 heures est recommandé. Cette approche garantit que les patients reçoivent des soins rapides et efficaces tout en évitant les imageries inutiles, réduisant ainsi les coûts des soins de santé.
Pour cette étude rétrospective, les données ont été collectées à partir de deux bases de données : la base de données MarketScan sur les réclamations et les rencontres commerciales, qui comprend les réclamations d’assurance ambulatoire anonymisées pour les assurés privés aux États-Unis, et la base de données supplémentaire MarketScan Medicare, qui couvre les personnes inscrites à Medicare. Ensemble, ces bases de données fournissent des données sur plus de 100 millions de patients, offrant ainsi un échantillon représentatif de la population américaine bénéficiant d’une assurance privée parrainée par l’employeur.
De ce groupe, les données de seulement 35 942 patients adultes atteints de paralysie de Bell bénéficiant d’une couverture d’assurance continue pendant au moins un an après leur diagnostic initial de paralysie de Bell ont été incluses.
D’après cette analyse d’un peu moins de 36 000 patients atteints de paralysie de Bell, environ 25 % ont subi une tomodensitométrie (tomodensitométrie) ou une IRM (imagerie par résonance magnétique) dans les 30 jours suivant le diagnostic, ce qui n’est pas conforme aux lignes directrices actuelles publiées par l’American Academy of Otolaryngology-Head and Neck Surgery. Les chercheurs ont également découvert que les patients ayant subi une imagerie étaient plus susceptibles de recevoir à la fois des traitements antiviraux et stéroïdiens, peut-être parce que les prestataires prennent des précautions supplémentaires dans les cas plus graves.
Ces résultats mettent en évidence la surutilisation de l’imagerie, qui augmente les coûts et pèse sur les ressources sans apporter de valeur diagnostique significative dans les cas de routine. Cette étude souligne la nécessité d’initiatives visant à aligner la pratique clinique sur les lignes directrices fondées sur des données probantes, en favorisant un traitement précoce par corticostéroïdes et en minimisant l’imagerie inutile.
La paralysie de Bell peut être un diagnostic effrayant pour les patients, car la paralysie faciale soudaine qu’elle provoque peut imiter les signes d’un accident vasculaire cérébral. Cependant, si les antécédents et l’examen physique du patient sont normaux, la paralysie de Bell disparaît généralement d’elle-même dans les trois mois et peut être traitée efficacement par une administration rapide de stéroïdes, sans nécessiter d’imagerie.
Bien que les prestataires puissent ordonner une imagerie pour exclure d’éventuels signaux d’alarme, tels que des accidents vasculaires cérébraux ou d’autres déficits des nerfs crâniens, il est essentiel que l’imagerie soit effectuée uniquement lorsque les symptômes d’un patient le justifient. Les résultats renforcent le fait que les cliniciens devraient donner la priorité à une anamnèse et à un examen physique approfondis lors du diagnostic de la paralysie de Bell et administrer une thérapie aux stéroïdes dans les 72 heures suivant l’apparition des symptômes afin de garantir le meilleur résultat possible pour le patient.
Cette étude a utilisé des données portant sur des patients bénéficiant d’une assurance privée ou de Medicare. Les prochaines étapes consistent à examiner si ces résultats s’appliquent aux populations sans assurance privée et à explorer comment des facteurs tels que la race et le statut socio-économique peuvent influencer les tendances en matière d’imagerie pour la paralysie de Bell.
« Cette étude met en lumière la possible surutilisation de l’imagerie diagnostique pour la paralysie de Bell qui est idiopathique, sans cause connue, par rapport aux directives cliniques », explique Ratna.
« Nos résultats soulignent l’importance de mettre à jour les directives cliniques et de les diffuser dans toutes les spécialités qui soignent ces patients, pas seulement en oto-rhino-laryngologie. Je suis reconnaissant à mes mentors, les Drs Mingyang Gray et Joshua Rosenberg du Mount Sinai, et à Rahul Sharma, MD, du Vanderbilt University Medical Center, pour leur mentorat et leur collaboration.