- Dans la vidéo ci-dessus : Peut-on aller travailler avec des antibiotiques ?
Beaucoup de gens remarquent que leur corps change au fil des années. Les niveaux de cholestérol augmentent, le métabolisme du sucre se désynchronise plus facilement et l’énergie diminue. Pendant longtemps, cela a été considéré comme le résultat du vieillissement des cellules et des organes. De nouvelles recherches suggèrent désormais qu’une partie de ce développement commence dans l’intestin et que les bactéries intestinales pourraient jouer un rôle plus important qu’on ne le pensait dans le vieillissement en bonne santé.
Une étude américaine montre que ces micro-organismes peuvent être spécifiquement influencés. On utilise un ingrédient actif qui agit presque exclusivement dans le tube digestif. Il ne modifie pas l’organisme lui-même, mais plutôt l’activité de certaines bactéries intestinales. Ceux-ci produisent alors de plus en plus une substance qui, dans les modèles animaux, est associée à des valeurs métaboliques plus stables et à une durée de vie plus longue.
Les bactéries intestinales modifient le vieillissement via l’acide colanique
L’objectif de l’étude est l’acide colanique. Il s’agit d’un sucre polymère que certaines bactéries intestinales produisent naturellement, mais généralement en petites quantités. Des expériences antérieures avaient montré que cette substance était associée à une durée de vie prolongée chez les nématodes et les mouches des fruits. La nouvelle étude a examiné si cette production pouvait être augmentée de manière ciblée.
Les chercheurs ont travaillé avec une très faible dose d’antibiotique céphaloridine. Ce qui était important n’était pas son effet connu contre les bactéries. La quantité utilisée était bien inférieure à la concentration qui tue les germes ou inhibe leur croissance. Au lieu de cela, cela a modifié le métabolisme des micro-organismes. Les bactéries sont restées actives, mais ont produit beaucoup plus d’acide colanique.
Lors d’expériences avec des nématodes, les animaux vivaient environ 14 % plus longtemps lorsqu’ils entraient en contact avec des bactéries correctement traitées. Le comportement de croissance et de mouvement est resté banal. L’effet s’est produit à plusieurs reprises et a pu être démontré de manière stable.
Un actif spécifiquement actif au niveau des intestins
La céphaloridine a une propriété particulière. Il est difficilement absorbé par les intestins et ne pénètre dans le sang qu’en quantités minimes. Cela a longtemps été considéré comme un inconvénient en médecine humaine, c’est pourquoi le principe actif est rarement utilisé aujourd’hui. C’est précisément cette propriété qui devient pertinente pour la nouvelle approche. La substance agit là où se trouvent les bactéries intestinales sans affecter directement les autres organes.
L’étude a été réalisée avec la participation du Howard Hughes Medical Institute. Il s’agit d’une approche qui diffère sensiblement des stratégies anti-âge classiques. Au lieu d’intervenir sur les cellules humaines ou de bloquer les voies de signalisation, l’environnement dans l’intestin change de sorte que les bactéries produisent elles-mêmes des substances nocives pour la santé.
Effets positifs sur le métabolisme chez les personnes âgées
Les effets ne se limitent pas aux simples organismes. Des changements associés au vieillissement ont également été observés chez la souris. Les animaux ayant reçu une faible dose de principe actif pendant plusieurs mois ont développé des valeurs métaboliques plus favorables à mesure qu’ils vieillissaient. Entre autres choses, les éléments suivants ont été observés :
- une augmentation plus faible du cholestérol LDL chez les souris mâles
- niveaux d’insuline plus faibles chez les souris femelles
- un rapport plus stable du cholestérol LDL au HDL
Ce qui restait perceptible, c’est ce qui ne s’est pas produit : la diversité des bactéries intestinales a été préservée. Il n’y a pas eu d’amincissement de la flore intestinale. Les bactéries n’ont pas été déplacées, mais plutôt fonctionnellement modifiées. Il n’y a pas non plus d’effets secondaires typiques des antibiotiques classiques.
La dose fait la différence
Un résultat central des travaux concerne la quantité de principe actif. Des doses plus élevées n’ont eu aucun effet positif. Ce n’est qu’à des niveaux très faibles que les bactéries ont réagi comme souhaité. Trop de produits chimiques ont apparemment bloqué le mécanisme.
À l’intérieur des micro-organismes, des protéines capteurs spéciales réagissent à ces changements subtils. Ils contrôlent quels gènes sont actifs et lesquels ne le sont pas. Dans ce cas, une filière de production qui serait normalement ralentie est activée. Les bactéries produisent de l’acide colanique même à des températures auxquelles elles auraient du mal à le produire autrement.
Preuves issues de données humaines
L’équipe a également évalué les données existantes provenant d’échantillons intestinaux provenant de personnes très âgées. Il a été constaté que les bactéries présentant les exigences génétiques appropriées en acide colanique sont légèrement plus fréquentes chez les centenaires que dans les groupes de comparaison plus jeunes. Cette observation ne permet aucune conclusion sur la cause et l’effet. Cependant, cela correspond à l’image des modèles animaux.
Les résultats ne fournissent aucune raison de prendre des médicaments ou de manipuler spécifiquement vos propres intestins. La démarche en est clairement au stade de la recherche. Cependant, cela montre que le vieillissement ne commence pas seulement dans les cellules humaines. Les bactéries intestinales peuvent être influencées de manière à contribuer activement à un métabolisme plus stable.
En résumé :
- Un vieillissement sain commence dans l’intestin : les bactéries intestinales influencent le métabolisme et l’inflammation et peuvent être contrôlées afin qu’elles produisent des substances bénéfiques pour la santé.
- Un médicament à peine absorbé a un effet indirect : une très faible dose reste dans l’intestin, y modifie le métabolisme bactérien et augmente la production d’acide colanique, ce qui prolonge la durée de vie dans les modèles animaux.
- Les effets sont mesurables, mais pas encore une thérapie : la durée de vie et les valeurs métaboliques se sont améliorées chez les vers et les souris, tandis que chez l’homme, il n’y a que des preuves issues de données d’observation et aucune raison pour son utilisation dans la vie quotidienne.
Par Eva Schmitt
L’original de cet article « Les bactéries intestinales comme moteur anti-âge : des chercheurs découvrent une nouvelle façon de vivre plus longtemps » vient de Smart Up News.