Ceux qui comptent sur la force musculaire restent flexibles

Beaucoup de mes patients viennent en consultation avec des attentes claires. Ils veulent savoir ce qu’ils peuvent faire spécifiquement pour améliorer leur arthrose – et ce qui pourrait leur coûter du temps, de l’argent ou de l’espoir inutilement.

La réponse honnête est souvent surprenante : seules quelques choses font réellement une différence durable. Et en même temps, il existe de nombreuses approches qui semblent bonnes, mais qui ont en réalité beaucoup moins d’effet que prévu.

Faire de l’exercice au lieu de se protéger – la différence cruciale

Une idée fausse très répandue consiste à croire qu’une articulation usée doit être protégée autant que possible. De nombreuses personnes réduisent leur activité, évitent les efforts et tentent d’éviter la douleur en faisant moins d’exercice. À court terme, cela peut paraître compréhensible. Cependant, à long terme, cela conduit presque toujours à une détérioration.

Prof. Dr méd. Karl Philipp Kutzner, chirurgien orthopédiste et fondateur d’ENDOPROTHETICUM Rhein-Main, est spécialiste des endoprothèses de la hanche et du genou. Il fait des recherches et enseigne à Mayence et est considéré comme l’un des principaux experts en endoprothèses à tige courte en Allemagne.

Les articulations dépendent du déplacement. Le cartilage n’est pas alimenté en sang mais en mouvement. Dans le même temps, une activité régulière garantit le maintien des muscles et la stabilité des articulations.

Si ce mouvement manque, un processus progressif commence : les muscles se détériorent, la stabilité diminue, les mouvements deviennent moins sûrs et l’articulation est davantage sollicitée. En conséquence, les symptômes continuent souvent de s’aggraver. C’est pourquoi j’explique souvent à mes patients : ce n’est pas l’utilisation de l’articulation qui pose problème, c’est une mauvaise utilisation ou un manque d’utilisation.

La force musculaire comme clé sous-estimée

Un point central souvent sous-estimé est l’importance des muscles. En particulier dans le cas de l’arthrose, ce n’est pas seulement l’état de l’articulation qui détermine les symptômes, mais aussi, dans une large mesure, la structure musculaire environnante. Des muscles bien entraînés peuvent sensiblement soulager la pression sur l’articulation. Il reprend une partie des forces, stabilise les mouvements et assure une répartition uniforme des charges.

Dans la pratique, il a été démontré à maintes reprises que deux personnes présentant des résultats radiologiques similaires peuvent avoir des niveaux de résilience complètement différents – en fonction du fonctionnement de leurs muscles. Cela signifie également l’inverse : si la force musculaire est perdue, la situation se détériore souvent beaucoup plus rapidement. L’articulation est soumise à de plus grandes contraintes, les mouvements deviennent moins efficaces et les plaintes augmentent. Le développement musculaire n’est donc pas un élément supplémentaire, mais plutôt l’une des approches thérapeutiques les plus importantes.

Analgésiques et injections – utiles, mais ne remplacent pas

Bien entendu, il existe également des mesures médicales qui peuvent atténuer les symptômes. Les analgésiques ou les injections peuvent jouer un rôle important dans certaines phases, notamment lorsque la douleur restreint fortement les mouvements. Il est cependant important de classer correctement ces mesures. Ils peuvent réduire les symptômes et apporter un soulagement à court terme, mais ne modifient pas la situation fondamentale de l’articulation.

Je constate souvent que les patients comptent trop sur ces options et perdent de vue le facteur crucial : la coopération active. Sans exercice ni renforcement musculaire, l’effet de tels traitements est généralement limité.

Pourquoi de nombreuses approches sont surfaites

Un mythe particulièrement persistant est l’idée selon laquelle le cartilage endommagé peut être complètement reconstruit. De nombreux produits et thérapies visent exactement cette promesse. En réalité, ce n’est pas possible. Une fois endommagé, le cartilage ne peut pas être facilement régénéré.

Mais cela ne veut pas dire que vous ne pouvez rien faire. Au contraire : vous pouvez influencer beaucoup de choses – mais d’une manière différente.

Au lieu d’essayer de « ramener » le cartilage, l’objectif est de stabiliser fonctionnellement l’articulation, d’optimiser la charge et de réduire l’inconfort. C’est exactement là que réside la clé.

Quand une opération a du sens

Malgré toutes les options conservatrices, il existe des situations dans lesquelles celles-ci ne suffisent plus. Ce n’est pas un signe d’échec, mais plutôt une progression naturelle. Si la douleur persiste de manière permanente, si la mobilité est considérablement restreinte et si la vie quotidienne en souffre sensiblement, la situation initiale change.

Dans de tels moments, il ne s’agit plus seulement de contrôler les symptômes, mais de retrouver une qualité de vie. Une articulation artificielle peut alors être une solution très efficace – à condition que le moment soit bien choisi.

La clarté au lieu de la complexité

Si l’on réduit la problématique de l’arthrose à l’essentiel, beaucoup de choses deviennent plus faciles. Ce qui aide vraiment n’est généralement pas spectaculaire. Ce sont les éléments de base qui font la différence : une activité physique régulière, des muscles stables et une vie quotidienne active.

Mais ce qui est souvent surestimé, ce sont les mesures passives et l’espoir d’une solution rapide et simple venue de l’extérieur. L’arthrose ne signifie pas qu’on ne peut plus rien faire. Au contraire : si vous restez actif et fixez les bonnes priorités, vous pouvez influencer sensiblement le cours et rester flexible pendant longtemps.





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