Michl : « Je ne dirai peut-être rien pendant une semaine »



Trois grands écrans d’ordinateur, un écran pour le home cinéma et bien sûr le smartphone : les écrans font partie du quotidien de Michl – dans le vrai sens du terme. Les Berlinois passent au moins 15 heures par jour devant un écran.

« Je ne sais pas si je serais capable de me débrouiller sans cette pression sur mon cerveau », dit-il dans le documentaire d’ARD « Y-Kollektiv : sortir de la dépendance aux médias – mais comment ? » (maintenant disponible dans la médiathèque ARD). Il regarde des films dans sa chambre avec au moins un téléphone portable à la main, et parfois il travaille même sur deux smartphones en même temps.

Regardez jusqu’à 20 films par semaine

« M’allonger sur la plage de sable et simplement être… je ne pouvais pas faire ça. Je deviendrais fou », admet-il à la cinéaste Helena Brinkmann dans le documentaire d’une demi-heure. En plus de son travail à temps partiel au bureau à domicile, il consacre tout son temps à son passe-temps : rédiger des critiques de films, de manière bénévole. Pour ce faire, il va jusqu’à 20 films par semaine. «J’ai dépassé le cap depuis longtemps», déclare Michl à propos du risque d’épuisement professionnel.

Le Berlinois souligne que sa vie est « épanouissante », mais ajoute : « J’aimerais partir en vacances classiques ou bien manger. » Mais la réalité, avec peu de contacts sociaux, est différente : « Il peut arriver que je reste ici pendant une semaine sans rien dire. » De toute façon, Michl a peu accès à ses propres émotions. Il préfère éviter ses sentiments ; « C’est une des raisons pour lesquelles je travaille autant. »

« Je n’étais pas à la soirée de remise des diplômes, je jouais »

Eddy, dont le vrai nom est différent, veut sortir de ce cercle vicieux. Il souffre d’une dépendance aux médias diagnostiquée, mais il la combat activement grâce à une thérapie dans une clinique du Brandebourg. «Je n’étais pas à la fête de remise des diplômes, je jouais», revient-il sur la fin de ses années d’école dans le film ARD. Les dernières inhibitions sont tombées après avoir quitté ses parents : « J’ai joué autant que je pouvais. »

Après avoir échoué à tous les examens au cours de son premier semestre à l’université, il était au « moment le plus bas ». « Peu d’hygiène personnelle, chambre sale, ne pas sortir depuis des lustres », voilà comment il décrit son quotidien de l’époque dans le documentaire. Il soupçonne d’avoir créé un monde parallèle dans le jeu vidéo afin de supprimer les sentiments négatifs et de se distancier du harcèlement dont il a été victime. « J’ai été seul pendant longtemps. Ensuite, vous allumez l’ordinateur et tout d’un coup, ce n’est plus si grave », raconte Eddy.

Au fil du temps, tout est devenu incontrôlable. Eddy a menti à sa famille et à ses amis et a trompé sa petite amie en lui faisant croire qu’il était à l’université, alors qu’il ne faisait que jouer à des jeux à la bibliothèque. Mais à un moment donné, il a révélé la vérité et a commencé une thérapie : « Ce fut une libération absolue. » Néanmoins, Eddy admet que c’était un moment « surréaliste » d’aller à la clinique : « Hourra, maintenant tu es en prison ! »

Par Julien Weinberger

L’original de ce post « Michl passe 15 heures par jour devant l’écran : « Je ne peux rien dire pendant une semaine » » vient de teleschau.







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