Pourquoi la vitamine D a longtemps été décevante dans la SEP – et est à nouveau discutée

Depuis 15 ans, la recherche se penche sur la question de savoir si la « vitamine du soleil » D a une influence positive sur la maladie neurologique inflammatoire chronique, la sclérose en plaques (SEP). La réponse courte d’abord : la situation de l’étude n’est pas encore claire – en particulier pour les personnes qui souffrent de SEP depuis longtemps ou gravement. Néanmoins, de nouvelles découvertes pourraient être particulièrement pertinentes pour les tout premiers stades de la maladie.

Dr méd. Mimoun Azizi est médecin-chef du Centre de gériatrie et de neurogériatrie du KVSW et spécialiste en neurologie. Il fait partie de notre Cercle EXPERTS. Le contenu représente son opinion personnelle basée sur son expertise individuelle.

Petite avancée dans la recherche sur la SEP

L’étude dite D-Lay MS de 2025, dirigée par le neurologue Eugène Thouvenot, donne actuellement un nouvel élan important à la recherche. Contrairement aux études précédentes, cette étude ne s’est pas concentrée sur des patients atteints de SEP déjà confirmée, mais sur des personnes atteintes du syndrome cliniquement isolé (CIS). C’est un précurseur qui peut évoluer vers la sclérose en plaques.

L’étude a montré qu’une dose élevée de vitamine D toutes les deux semaines était capable de réduire considérablement à la fois l’apparition de nouvelles zones d’inflammation dans le cerveau responsables de la SEP et le nombre de rechutes. Cela fait de D-Lay-MS la première étude de plus grande envergure suggérant un effet clair de la vitamine D sur l’activité précoce de la maladie.

Pour les personnes concernées, cela signifie : la vitamine D pourrait jouer un rôle à l’avenir, notamment dans les phases très précoces de la maladie. Si et comment cela entraînera de nouveaux Cependant, les recommandations thérapeutiques doivent être confirmées par des études complémentaires. Ce n’est qu’à ce moment-là que les directives thérapeutiques pourront être adaptées.

Pourquoi la vitamine D est même au centre de l’attention

Les premières observations épidémiologiques avaient montré que les personnes présentant un faible taux de vitamine D étaient plus susceptibles de développer une SEP et présentaient souvent des cas plus graves. La « vitamine du soleil » a donc très tôt fait l’objet de recherches.

Par exemple, un groupe de travail dirigé par Martínez-Lapiscina a analysé les données de patients atteints de SEP sur plusieurs années. Résultat : plus le taux sanguin du marqueur de la vitamine D 25(OH)D est élevé, plus le risque de nouvelles crises est faible, parfois de 10 à 30 pour cent. D’autres groupes de recherche ont également découvert des liens similaires.

L’explication biologique semblait plausible : la vitamine D influence les cellules immunitaires telles que les cellules T et B ainsi que les voies de signalisation inflammatoires qui jouent un rôle central dans la SEP. De plus, il existait un lien global entre la faible exposition au soleil, certaines latitudes et la fréquence de la SEP. Cependant, cette observation a un revers. Les personnes ayant des niveaux plus élevés de vitamine D passent souvent plus de temps à l’extérieur, font plus d’exercice et mènent une vie globalement plus saine. On ne sait toujours pas si la vitamine elle-même ou le mode de vie est responsable de l’effet observé.

Désillusion à travers des études contrôlées

À partir de 2019 environ, les études contrôlées randomisées sont devenues la priorité. Dans la célèbre étude SOLAR dirigée par le neurologue Rolf Hupperts, environ 300 personnes atteintes de SEP récurrente-rémittente (SEP-RR) ont reçu soit de fortes doses de vitamine D3, soit un placebo en plus du traitement standard à base d’interféron-β. Après 48 semaines, il n’y avait aucun avantage significatif en termes de taux de rechute.

D’autres études sont également arrivées à des résultats similaires, notamment l’étude CHOLINE (2019), l’étude VIDAMS (2023) dirigée par Scott D. Cassard et l’étude pilote allemande EVIDIMS. L’étude VIDAMS a comparé, entre autres, une thérapie à forte dose de vitamine D (5 000 unités par jour) avec une dose plus faible (600 unités) et l’acétate de glatiramère, un médicament d’immunothérapie – également sans aucun avantage clinique supplémentaire évident.

Un effet clair de prévention des rechutes de la vitamine D n’a pas pu être prouvé dans les études. Cependant, des recherches antérieures ont également montré que la vitamine D pouvait réduire le nombre de foyers inflammatoires dans le système nerveux central.

La vitamine D ne remplace donc pas un traitement de fond contre la SEP. Cependant, les nouvelles données montrent que, dans les phases très précoces de la maladie, elle pourrait jouer un rôle supplémentaire à l’avenir. Des recherches plus approfondies montreront si cela débouchera sur de nouvelles normes.

Qu’est-ce que cela signifie pour les personnes concernées ?

Quelle que soit la maladie atteinte par la SEP, les sociétés spécialisées recommandent de compenser une carence existante en vitamine D afin de préserver la santé des os. Cela s’applique également aux patients atteints de SEP. Cependant, il n’est pas conseillé de prendre soi-même des doses élevées : les surdosages peuvent être nocifs et ne doivent être effectués que sous surveillance médicale.





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