Le cash sous pression : les associations tirent la sonnette d’alarme et réclament désormais une loi

En Allemagne, la marge de manœuvre des payeurs en espèces diminue sensiblement. Dans une déclaration commune, les associations de protection des consommateurs, sociales, sociales et économiques mettent en garde contre le déplacement progressif de l’argent liquide de la vie quotidienne. Ils appellent le gouvernement fédéral à sécuriser l’argent liquide comme moyen de paiement légalement protégé et à en garantir l’accès à l’échelle nationale.

Le constat des associations : Les consommateurs sont de plus en plus confrontés à des situations dans lesquelles l’argent liquide est quasiment impossible. Les caisses libre-service n’acceptent souvent que les paiements par carte et les détaillants individuels refusent de plus en plus les espèces. Les moyens de paiement numériques deviennent également de plus en plus indispensables dans le secteur public – par exemple lors de l’achat de billets de train, de billets de piscine ou de billets d’entrée.

Rétrécissement des infrastructures de trésorerie et hausse des coûts

Dans le même temps, l’accès aux liquidités devient de plus en plus difficile. Les banques suppriment leurs succursales et leurs distributeurs automatiques, et les dépôts et retraits deviennent de plus en plus chers. Dans les régions rurales notamment, les consommateurs doivent parfois parcourir de longues distances pour obtenir de l’argent liquide.

Selon les données de la Bundesbank, le nombre d’agences bancaires en Allemagne a diminué de plus d’un tiers depuis 2017. Le réseau ATM a également été considérablement réduit.

Participation sociale et prévention des crises

Du point de vue des associations, cette évolution est particulièrement problématique pour les groupes socialement défavorisés. Les personnes sans compte bancaire, avec des écritures Schufa négatives ou un accès limité aux appareils numériques dépendent des espèces. Dans leur appel, les associations mettent en garde contre « l’exclusion » dans la vie quotidienne – en particulier pour les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de vie précaire et les personnes handicapées. Personne ne devrait être « exclu » parce qu’il veut ou doit payer en espèces, poursuit-on.

Par ailleurs, les organisations soulignent le rôle systémique du cash. En cas de pannes de courant prolongées, de cyberattaques ou de catastrophes naturelles, l’argent liquide reste fonctionnel. La Bundesbank et l’Office fédéral de la protection civile considèrent également les espèces comme un élément central de la résilience civile.

Il y a aussi une dimension culturelle : l’argent liquide facilite les transactions informelles, les dons, le travail dans les clubs et enseigne aux enfants comment gérer l’argent de manière pratique.

Directives légales pour les espèces

Dans ce contexte, les associations réclament une loi de protection des espèces. Il vise à garantir que les espèces soient généralement acceptées et que chacun puisse accéder librement et sans obstacle à des espèces à proximité appropriée.

L’objectif n’est pas de supplanter les modes de paiement numériques, mais de garantir la liberté de choix. Personne ne devrait être obligé de payer exclusivement par voie numérique.

L’euro numérique : un complément au cash, pas un remplacement

Au niveau européen, il est également souligné que les nouveaux modes de paiement ne doivent pas remplacer les espèces. La décision du comité de coalition indique expressément : « Nous nous en tenons au cash ». Dans le même temps, l’UE favorise l’introduction d’un euro numérique en tant que système de paiement public à l’échelle européenne.

Dans une interview accordée à FOCUS Online, Burkhard Balz, membre du directoire de la Bundesbank, explique le projet principalement en termes de géopolitique et de politique de concurrence. L’Europe est fortement dépendante des prestataires américains pour les transactions de paiement. Paypal, Visa et Mastercard dominent les segments centraux du marché, tandis que les systèmes nationaux tels que Girocard sont difficilement utilisables au-delà des frontières. En fin de compte, a déclaré Balz, les systèmes de paiement internationaux « pourraient être fermés sur instruction ». L’Europe ne veut pas devenir une telle dépendance.

Cependant, la conception est controversée. Il existe de nombreuses propositions d’amendements au Parlement européen. Alors que le rapporteur souhaite dans un premier temps s’appuyer sur des prestataires privés, de nombreux députés sont favorables à une offre publique de base. L’expérience des dernières décennies montre que le marché à lui seul n’a pas permis de parvenir à une solution véritablement européenne, estime Balz. L’euro numérique devrait donc servir de base, accompagné de services de paiement privés.





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