Pourquoi nous n’agissons que lorsque notre corps tire la sonnette d’alarme

Quiconque travaille longtemps dans la piscine remarque rapidement qu’il existe deux types de clients très différents : ceux qui viennent de leur plein gré et ceux qui viennent par nécessité. On reconnaît ces derniers non pas à leur maillot de bain ou à leur technique de nage, mais aux phrases qu’ils prononcent, souvent à la caisse ou lors de la première petite conversation au bord de la piscine. « Le médecin m’a dit que je devrais déménager. » Cette phrase est souvent utilisée. Parfois doucement, parfois presque en s’excusant, comme si vous deviez expliquer pourquoi vous étiez ici en premier lieu. Pour beaucoup, l’exercice ne commence pas par la motivation, mais plutôt par un diagnostic.

Quand le mouvement n’est plus une décision

Problèmes de dos, problèmes de genoux, obésité, hypertension artérielle, diabète – les raisons sont différentes, le schéma est souvent le même. Cela a fonctionné pendant longtemps. Vous avez organisé votre quotidien, ignoré la douleur, reporté les rendez-vous, vous êtes dit que les choses s’amélioreraient plus tard. Et à un moment donné, il arrive un moment où quelqu’un de l’extérieur dit ce que l’on soupçonnait depuis longtemps : les choses ne peuvent pas continuer ainsi. L’exercice devient alors une tâche et non une joie. Non pas « je veux », mais « je dois ».
Ces personnes sont particulièrement visibles dans la piscine. Ils se déplacent avec précaution, observent les autres, ne savent pas s’ils sont au bon endroit. Beaucoup ne savent pas par où commencer, ont peur de faire quelque chose de mal ou ont peur de se démarquer. Bon nombre se comparent à ceux qui semblent vaquer à leurs occupations sans effort et ne se sentent pas à leur place.

Pourquoi l’eau est souvent la première étape

Il y a des raisons pour lesquelles de nombreuses personnes se retrouvent dans cette situation à la piscine. L’eau promet un soulagement. Les articulations supportent moins de poids, les mouvements sont plus sûrs et les chutes ne sont pas un problème. C’est un point crucial pour les personnes qui bougent peu depuis longtemps ou qui souffrent. En même temps, la salle de bain n’est pas un espace protégé au sens thérapeutique.
Il n’y a aucune notice, aucun accompagnement, aucune explication. Vous êtes seul. C’est précisément là qu’il devient évident à quel point la prévention est difficile dans la pratique si elle ne commence que lorsque le niveau de souffrance est élevé. Beaucoup de gens savent en théorie que l’exercice est important, mais en pratique, il n’y a souvent pas d’accès tant que rien ne fait mal.

La prévention échoue rarement en raison de la connaissance

Presque personne ne conteste que l’exercice est sain. Le problème n’est pas le manque d’information, mais la vie quotidienne. Travail, famille, obligations, fatigue, tout cela repousse les précautions. Tant que le corps « avance », il n’y a aucune raison de changer quoi que ce soit. Ce n’est que lorsque la vie quotidienne ne fonctionne plus que l’exercice est pris au sérieux. Mais souvent avec des attentes trop élevées, trop de pression et trop peu de patience. Cela devient évident dans la piscine lorsque les gens deviennent frustrés après quelques semaines parce que les symptômes ne s’améliorent pas immédiatement ou qu’il n’y a pas de progrès. Le corps a besoin de temps, surtout s’il a été débordé ou négligé pendant longtemps.

L’incertitude tranquille de nombreux invités

Ce que l’on dit rarement, c’est que de nombreuses personnes qui débutent pour des raisons médicales ne se sentent pas en sécurité. Ils ne savent pas ce qui est juste, à quelle fréquence ils devraient venir, quand c’est trop. Vous avez peur de vous surcharger, mais aussi de faire trop peu. Beaucoup de gens se découragent entre ces deux pôles. Non pas parce qu’ils ne le veulent pas, mais parce que personne ne leur dit que commencer lentement n’est pas une erreur. Ceux qui restent ne sont souvent pas les plus ambitieux, mais plutôt les plus patients. Ils nagent pendant des périodes plus courtes, font des pauses et écoutent leur corps. Ils ne font pas de l’exercice un projet, mais plutôt une partie de leur vie quotidienne.

Ce que font les piscines – et ce qu’elles ne font pas

Les piscines publiques peuvent accomplir beaucoup de choses, mais elles ne remplacent pas une thérapie ou des soins. Ils offrent de l’espace, de l’eau, du temps. Ils offrent la possibilité de se remettre en mouvement, sans pression de performance et sans évaluation. Ce qu’ils ne peuvent pas fournir, c’est des conseils et une sécurité pour chaque individu. En particulier, les personnes qui débutent pour des raisons de santé ont souvent besoin de plus de soutien que celui fourni par les opérations de bain normales. Le fait que beaucoup viennent quand même montre à quel point le besoin est grand – et à quel point la réponse est souvent tardive.

Conclusion

De nombreuses personnes ne commencent à faire de l’exercice que lorsque le médecin le leur demande – non pas parce qu’elles ne savaient rien auparavant, mais parce que la vie quotidienne est depuis longtemps plus forte que les signaux d’alarme du corps. La piscine devient alors le premier pas de remise en mouvement, souvent prudent, parfois dangereux, mais nécessaire.
C’est peut-être là que réside l’un des plus grands défis dans le domaine de la santé : non seulement prendre l’exercice au sérieux lorsqu’il devient une exigence, mais plus tôt – plus calmement, plus lentement, sans pression. Et peut-être qu’un regard sur la piscine révèle avant tout une chose : la prévention échoue rarement à cause de la volonté, mais plutôt parce qu’elle intervient trop tard dans la vie quotidienne.

Ralf Großmann a grandi dans la piscine et est impliqué dans le secteur de la piscine depuis son enfance. Sur H2ohero.de, il partage son expérience des piscines allemandes – authentiques, proches du quotidien et soucieuses de la sécurité et de la qualité. Il fait partie de notre Cercle d’Experts. Le contenu représente son opinion personnelle basée sur son expertise individuelle.





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