Infection H5N1 sans symptômes chez l’homme : les preuves restent rares

Des chercheurs des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis ont identifié quelques cas d’infection humaine asymptomatique par le virus de la grippe aviaire A (H5N1).

Apprendre à connaître la grippe aviaire H5N1

Largement répandu chez les oiseaux sauvages du monde entier, le H5N1 provoque depuis plusieurs années des épidémies chez les volailles. Les récentes hausses de prix des œufs aux États-Unis, liées à la « inflation », étaient en grande partie dues à une perturbation de la chaîne d’approvisionnement en œufs provoquée par le virus, qui a forcé l’abattage de troupeaux entiers pour empêcher une nouvelle propagation.

Depuis les premiers cas humains enregistrés en 1997, plus d’un millier de personnes ont été infectées par la souche hautement pathogène H5N1 dans 25 pays. Selon le CDC, le taux de mortalité dû au H5N1 observé à l’échelle mondiale est d’environ 50 %. La plupart des cas ont été attribués à une exposition à des volailles infectées, les cas récents chez des vaches laitières américaines étant liés à plusieurs cas humains récents.

Bien que l’infection asymptomatique par les virus de la grippe saisonnière soit bien documentée, on en sait beaucoup moins sur les infections silencieuses par le H5N1 chez l’homme. De telles infections pourraient fausser les évaluations des risques si elles ne sont pas détectées et sont difficiles à confirmer car les tests sérologiques et moléculaires varient en sensibilité et en fiabilité.

Revue globale pour identifier les cas asymptomatiques

Dans l’étude « Asymptomatic Human Infections With Avian Influenza A(H5N1) Confirmed by Molecular and Serologic Testing: A Scoping Review », publiée dans Réseau JAMA ouvertles enquêteurs ont recherché des rapports dans sept bases de données scientifiques jusqu’au 25 août 2025.

L’objectif était de trouver des cas humains documentés répondant aux définitions de l’Organisation mondiale de la santé pour la confirmation moléculaire et sérologique ou la confirmation moléculaire seule.

Petit nombre de cas confirmés détectés dans le monde

Sur 1 567 rapports examinés, 10 études répondaient aux critères d’inclusion d’une infection asymptomatique signalée avec des preuves de tests respiratoires ou sériques, à l’exclusion des études qui reposaient uniquement sur la détection d’anticorps.

Au sein des 10 études, 18 infections asymptomatiques à H5N1 ont été signalées, dont deux ayant obtenu une confirmation moléculaire et sérologique et 16 confirmées par des tests moléculaires uniquement.

Les deux cas entièrement confirmés sont survenus chez des adultes du Pakistan et du Vietnam identifiés lors d’enquêtes sur les contacts familiaux de parents symptomatiques. Un individu a probablement contracté le virus par transmission interhumaine, tandis que l’autre a été directement exposé à des poulets infectés.

Parmi les 16 cas confirmés moléculairement, 11 ont été identifiés lors de la surveillance d’individus exposés à des volailles infectées au Bangladesh, en Espagne et au Royaume-Uni. Les cinq autres ont été découverts grâce à des enquêtes menées auprès de ménages au Vietnam et au Cambodge.

La plupart manquaient de confirmation sérologique. Certaines détections, en particulier celles présentant des valeurs seuils de cycle élevées, peuvent refléter une contamination environnementale plutôt qu’une infection. Seuls quelques cas impliquaient des tests de suivi ou un traitement antiviral.

Lacunes dans les données et besoins futurs en matière de recherche

Les auteurs du CDC concluent que les infections asymptomatiques par le H5N1 chez l’homme sont rares et manquent souvent de la confirmation sérologique requise pour confirmer l’infection. Une surveillance incohérente des symptômes a encore limité l’interprétation.

Des recherches futures pourraient clarifier la fréquence à laquelle le H5N1 infecte les humains sans symptômes, la durée de l’excrétion du virus et si les individus asymptomatiques peuvent transmettre l’infection. De telles informations renforceraient l’évaluation des risques d’épidémie et les mesures de contrôle des infections. La collecte complète de données auprès de personnes exposées mais asymptomatiques reste essentielle pour orienter les futures réponses de santé publique.

Écrit pour vous par notre auteur Justin Jackson, édité par Sadie Harley, et vérifié et révisé par Robert Egan, cet article est le résultat d’un travail humain minutieux. Nous comptons sur des lecteurs comme vous pour maintenir en vie le journalisme scientifique indépendant. Si ce reporting vous intéresse, pensez à faire un don (surtout mensuel). Vous obtiendrez un sans publicité compte en guise de remerciement.