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Cannabis

Cannabis - Actualité 2013 - 1er semestre

CANNABIS - ACTUALITÉ 2013 - 1er SEMESTRE

L'actualité vue par la cyberpresse
par Emmanuel Meunier

Cannabis et risque d’AVC

Le cannabis augmente la libération de catécholamines, qui augmentent le rythme cardiaque, et les risques ischémique et arythmique. Une étude de l’Université d’Auckland (Nouvelle Zélande) suggère risque multiplié par 2,3 d’AVC et d'AIT (accident ischémique transitoire) chez les usagers de cannabis. Toutefois l’étude a du mal à discerner les effets imputables au cannabis et au tabac puisque la plupart fumeurs de cannabis victimes d’AVC sont des fumeurs réguliers de tabac. L'étude américaine MIOS (Determinant of MI Onset Study), publiée dans l'American Heart Journal, suggère, elle, que les consommateurs de cannabis sont exposés à un sur-risque, de 4,8, d’infarctus du myocarde (IDM) dans les heures qui suivent la consommation, mais que la consommation de cannabis ne semble pas avoir d’effet significatif sur le long terme. Le cannabis est un facteur aigu d'IDM mais il n’entre que comme facteurs parmi d’autres dans le développement de la maladie, il ne serait qu’un facteur parmi d’autres. 

 

 

Le Dr Valérie Wolff (Unité neuro-vasculaire, CHU de Strasbourg) publie dans Stroke une étude sur 59 patients ayant consommé du cannabis peut avant le déclenchement d'un trouble cardiaque (49 AVC ischémiques, 5 accidents ischémiques transitoires, 1 AVC hémorragique, et 4 AVC suspectés). Elle constate un signe qui pourrait avoir valeur de « signature » : la présence de sténoses cérébrales multiples, touchant plusieurs artères de la circulation postérieure. A titre de recommandation, elle suggère de se renseigner auprès des patients jeunes, victimes d'un AVC cryptogénique, sur leur consommation de cannabis et de réaliser systématiquement un test de dépistage urinaire dans cette population. Et de mener des investigations systématiques et exhaustives chez ces patients, y inclus par angio-IRM au stade aigu de l'AVC pour rechercher des sténoses intracrâniennes.

Sources :
16.01.13. Medscape. Quid des effets cardiovasculaires du cannabis à long terme ?
25.01.13. Heart.org. AVC associés au cannabis, mythe ou réalité ?
07.02.13. Sante Log. Le cannabis double le risque d’AVC ?

Cannabis et Schizophrénie

Le lien entre cannabis et schizophrénie fait toujours débat [Voir "Cannabis et schizophrénie" in Cannabis - Actualité 2012 - 2nd semestre]. Deux articles contradictoires ont été publiés par F1000 Medicine Reports. D’un côté le Dr David Castle, de l'Université de Melbourne plaide en faveur du lien de causalité cannabis et risque accru de symptômes psychotiques, notamment au travers d’étude épidémiologique qui ont suggéré que l'exposition précoce au cannabis peut augmenter le risque de développer un trouble psychotique. Le cannabis ne serait toutefois qu’une cause composante, ni nécessaire ni suffisante pour causer la maladie, qui interagirait avec d'autres facteurs de schizophrénie. Des chercheurs des universités de Bristol et Cardiff estiment quand à eux que la plupart des études actuelles n’apportent pas de preuves convaincantes que le cannabis joue un rôle important dans l'étiologie de la schizophrénie.

 

Pour que des liens puissent être établis, il faudrait identifier plus précisément les populations qui semblent plus à risque de développer des maladies psychotiques après avoir consommé du cannabis, ce qui impliquerait, notamment, des tests génétiques. Il faudrait aussi mieux connaître les différentes variétés de cannabis, certaines étant plus psychomimétiques (susceptibles de déclencher des modifications psychiques) que d'autres. Alors que le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) du cannabis peut induire des expériences psychotiques transitoires, des données récentes suggèrent qu’un autre composant, le cannabidiol (CBD), peut effectivement être antipsychotique…Ces  effets des différentes variétés restent à cerner précisément.

Source :
15.01.13. Santelog. Cannabis et Schizophrénie : Le risque de psychose à nouveau débattu

Cannabis thérapeutique : douleur physique et douleur sociale

Les effets du cannabis sur la douleur sont attesté [Voir notamment "Cannabis thérapeutique : douleurs et SEP" in Cannabis - Actualité 2012 - 2nd semestre] et le gouvernement étudie la possibilité d’autoriser le Sativex® (laboratoires Bayer), un spray à base de THC [Voir "Cannabis thérapeutique" in Politique des drogues - Actualité 2013 – 1er semestre].

Une étude de l’Université Columbia à New York montre qu’un comprimé de THC (dronabinol®) est plus efficace qu’un joint. Il s’agissait d’un test où trois groupes devaient plonger leur main dans une eau à 4° et de mesurer leur résistance à la douleur causée par le froid. Les résultats ont montré que ceux qui avaient reçu du dronabinol tout comme ceux qui avaient fumé du cannabis ressentaient moins de douleur et la toléraient mieux que ceux ayant reçu des placebos. Mais le dronabinol s’avère plus efficace que le joint en retardant la sensibilité à la douleur (temps mis à exprimer la douleur) et en augmentant la tolérance à la douleur (le temps mis à retirer la main de l’eau froide).

Des associations d’handicapés appellent à l’ouverture d’un débat sur le cannabis thérapeutique et Faire-face, le journal de l'association des paralysés de France publie des témoignages d’handicapés. Un polytromatisé suite à un accident de moto raconte qu’il consomme du cannabis en le vaporisant : « C’est beaucoup plus bénéfique que le joint d’abord parce qu’on ne fume pas, ensuite parce que la combustion supprime la moitié des alcaloïdes. Or, moi, j’ai besoin de pouvoir sélectionner certains principes actifs, non le THC qui a des effets stimulants, mais plutôt ceux qui ont des effets sédatifs, relaxants et décontractants. Or, la machine que j’ai achetée sur Internet me permet de le faire selon la température de vaporisation choisie. »

 

La revue Comprehensive Psychiatry confirme et mesure la propension des personnes en souffrance psychique à consommer plus de cannabis que la moyenne, 7 fois plus d’après l’étude. Une étude de l'Université du Kentucky, publiée par revue Social Psychological and Personality Science, qui part de l’idée qu’il y a des liens étroits entre douleur physique, douleur psychique et douleur sociale (exclusion, solitude) constate que l’usage du cannabis atténuerait la douleur sociale. Ainsi les consommateurs réguliers de cannabis qui s’auto-déclarent « solitaire » ont un meilleur état de santé mentale et une estime de soi plus élevée que les solitaires non consommateurs, ce qui semble particulièrement vrai chez les étudiants solitaires. Les usagers de marijuana qui déclarent avoir ressenti une douleur ou une exclusion sociale sont moins susceptibles de connaître un épisode dépressif.

Sources :
14.03.13. Faire-face (journal de l'association des paralysés de France). « J’ai commencé à consommer du cannabis à l’hôpital pour réduire mes prises de médicaments car je ne supportais plus leurs effets secondaires. »
23.03.13. Faireface. « Le cannabis n’est pas une potion magique, mais il me permet d'aller mieux. »
04.04.13. Santé Log. Cannabis : Usage intensif et maladie mentale irrésistiblement liées (USA, revue Comprehensive Psychiatry)
22.04.13. Libération. Un comprimé de marijuana mieux qu'un joint pour soulager la douleur ? (l’étude réalisée par des chercheurs de l’Université Columbia à New York)
17.05.13. Sante log. Cannabis : Un remède ou un recours contre l'exclusion sociale ?

Cannabis et risque de diabète

Des études avait montré une moindre prévalence au diabète et une corpulence moindre chez les fumeurs de cannabis [Voir "Cannabis & Diabète" in Cannabis - Actualité 2012 - 1er semestre].
Des chercheurs du Beth Israel Deaconess Medical Center (Boston), ont constaté dans une étude une menée à partir des données de l'Enquête NHANES (National Health and Nutrition Survey) concernant 4.657 patients, que les patients consommateurs de cannabis avait taux

 
d'insuline à jeun réduits de 16% en comparaison des participants n’en n’ayant jamais consommé, un tour de taille voire un IMC plus faibles, facteurs favorables à la prévention ou à la régulation du diabète.

Source :
16.05.13. Sante log. Cannabis : Et s'il réduisait le risque de diabète (American Journal of Medicine)