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Conduites à risque

Les jeux et les peurs dans les conduites à risque

 

LES JEUX ET LES PEURS DANS LES CONDUITES A RISQUE

Emmanuel Meunier, éducateur diplômé en anthropologie

Ce texte poursuit une réflexion sur les conduites à risques,
engagée avec Thibaut Pannetier, psychologue (CSAPA Emergence, RVH Synergie)
 
 La conduite à risques et ses métaphores

 

La notion de conduites à risque est malaisée à définir et elle se donne au prime abord comme un « mot valise » qui réunit pêle-mêle des conduites diverses, comme des usages plus ou moins abusifs de substances psychoactives, des comportements sexuels à risques, des jeux dangereux, qu’ils soient ceux d’enfants ou ceux d’adolescents qui réalisent des prouesses dangereuses avec des véhicules, ou encore des usages problématiques des technologies de l’information et de la communication, ou des engagements dans des modes de vie décalés et transgressifs, comme par exemple les engagements dans des petits trafics ou l’adoption de mode de vie du type « teuffeurs » ou « routard », etc.

La notion de conduite à risques n’a pas de définition arrêtée, mais nous pouvons tenter de saisir ce qu’elle est au travers de trois métaphores :

 

 

- la métaphore de la c-à-r comme « jeu » ;

- la métaphore de la c-à-r comme « défense psychique » (contre l’angoisse) ;

- la métaphore de la c-à-r comme « conduite d’adaptation » (à un environnement).

J’évoque, ici, la notion de métaphore pour sa valeur heuristique, à savoir sa capacité à décaler notre point de vue, la métaphore n’étant pas seulement, comme l’observe Paul Ricœur, une manière de désigner une chose autrement, mais aussi une manière de questionner cet objet. Dire, par exemple, que la conduite à risque possède une analogie avec le jeu, ce n’est pas dire qu’elle est réellement un jeu, mais c’est se poser la question : si je suppose que la c-à-r est une sorte de jeu, que vois-je alors de ces conduites que je ne voyais pas auparavant ?

 

1. La métaphore du jeu 

 

En explorant ces trois métaphores, nous verrons que la notion de conduites à risque entretient des liens étroits avec la question de la peur, et cela à au moins trois niveaux : celui du jeu avec la peur, celui de la peur comme euphorisant qui permet surmonter l’angoisse et celui de  la peur surmontée comme moyen d’acquérir une place enviables, notamment au sein de groupes de pairs.

Mais nous verrons aussi combien il y a lieu de distinguer la peur, de l’angoisse, d’une part, et de la terreur, d’autre part.

 

 

1. La métaphore du jeu

La c-à-r présente une ressemblance avec le jeu et cela sur deux plan logique : d’abord parce qu’il du ludique dans la c-à-r et ensuite parce que la c-à-r à une fonction analogue à celle du jeu, à savoir une celle de produire un sentiment intense d’exister dans une dynamique entre maîtrise et lâché prise. Nous parlons bien d’une métaphore, car si la c-à-r ressemble au jeu, elle n’en est pas un, ne serais-ce parce que, comme l’a observé Winnicott (1), un enfant qui joue est un enfant qui va bien, et qu’il ne peut en être dit autant d’un enfant engagé dans des c-à-r.

 

 Conduites à risques et formes élémentaires du jeu

 

Il y a du ludique dans les c-à-r, et aussi disparates qu’elles paraissent, nous trouvons des analogies entre les différentes formes qu’empruntent les c-à-r et différentes les catégories élémentaires du jeu inventoriées par Roger Caillois (2). Cet auteur distingue :

 - les jeux d’Ilinx (ou jeux de vertige), les jeux tels la balançoire enfantine ou le grand 8, jeux qui trouvent une forme d’équivalence avec certains usages abusifs de toxiques qui permettent d’aller jusqu’au bout de l’ivresse et du vertige.

- Les jeux d’Aléa (ou jeux de hasard), les jeux comme le jeu de dé ou le jeu de casino, trouvent une forme d’équivalence avec les conduites dangereuses de véhicules, où la grande vitesse expose à l’aléa d’une rencontre imprévisible avec un autre véhicule ou quelques malheureux passants.

- Les jeux d’Agôn (ou jeu de ruse et de combat), tels les jeux d’équipes ou le jeu d’échec, trouvent une forme d’équivalence dans toutes sortes de comportements attachés à des modes de vie décalés et transgressifs, comme la participation à des petits trafics, activités qui induisent des confrontations avec les autorités, les forces de répression et avec les pairs.

 

 

- Les jeux de Mimicry (ou jeux de « faire semblant »), les jeux comme jouer au papa et à la maman ou les jeux des bals masqués, trouvent une forme d’équivalence avec des « jeux » de manipulation et de séduction qui recourent à des identités masquées ou usurpées sur les réseaux sociaux.

De même que bien des jeux combinent plusieurs des formes élémentaires décrites par Caillois, les conduites à risque articulent différentes modalités « ludiques ».

Ainsi, les conduites à risques qui produisent de la confrontation, par exemple, un engagement dans des trafics, ne vont pas sans des jeux de « faire semblant », puisqu’il faudra jouer au caïd et en adopter la panoplie. L’attrait produit par les jeux dangereux avec des véhicules motorisés peut aussi s’augmenter des sensations de vertige et d’ivresse que procure l’alcool.

A propos de telles pratiques, Caillois parle de jeux « corrompus ».

Jeu et apprentissage de modalités de contrôle du risque 

 

Même si les conduites-à-risques, ne sont pas tout-à-fait des jeux, à l’instar de l’activité ludique, elles offrent à celui qui les pratique, un puissant sentiment d’exister dans une dynamique entre maîtrise et lâché prise. Winnicott distingue le « play », le fait de jouer, du « game », le jeu avec ses règles et il rappelle qu’il n’y a pas de « game » sans « play » et de « play » sans « game », les règles du jeu étant là pour contenir les potentiels d’angoisses et de violences inhérents à une activité ludique, toujours susceptible de dégénérer. Ce qui peut conduire le joueur à s’exclamer comme le petit Guibus de la Guerre des boutons : « Si j'aurais su, j'aurais po v'nu ».

De même qu’il n’y a pas de jeu sans apprentissage de règles et de savoir-faire, la conduite à risque suppose elles aussi l’apprentissage de savoirs, comme l’a bien observé Howard Becker (3) dans son étude sur les conduites déviantes :

- savoirs techniques (par exemple, apprendre à débrider un moteur, à trouver et installer des logiciels illicites, à doser correctement une drogue) ;

 

 

 

- savoirs technico-relationnels, comme les codes et les modalités d'interaction (par exemple, pour communiquer avec les dealers, se comporter d’une manière qui permet d’échapper à l’attention des autorités et des force de l’ordre) ;
- de savoirs-être (par exemple, le respect de code de loyauté et d’omerta) ;

- ou encore de savoirs culturels (par exemple, la maîtrise de styles et de codes langagiers ou et l’adoption de styles vestimentaires, musicaux, etc.).

Plus la personne acquiert en savoir-faire, plus elle gagne en assurance, plus elle peut se convaincre qu’elle pourra échapper au danger... et plus elle pourra s’abandonner à la prise de risque ! La peur devient alors un stimulant, non seulement par l’intensité des sensations qu’elle procure, mais aussi en ce qu’elle indique de nouvelles gageures : le sentiment d’avoir frôlé le danger suscite le désir d’acquérir une meilleure maîtrise et une meilleure maîtrise permet de dépasser la peur et d’aller à la rencontre d’autres dangers.

2. La métaphore de la défense psychique contre l’angoisse 

 

La conduite à risque peut encore être, métaphoriquement, comparée à une défense psychique. L’analogie entre c-à-r et défense psychique se situe là encore sur deux plans logiques : d’une part, la c-à-r a une fonction similaire à la défense psychique en ce qu’elle produit un abaissement des tensions internes et parce qu’elle contribue à la régulation de l’angoisse. D’autre part, la c-à-r requiert la mobilisation de défenses psychiques massives pour que le sujet se rende subjectivement acceptable des prises de risques qui heurtent l’interdit de l’autodestruction.

Chez les auteurs de conduites à risque, le déni du danger est fréquent : « seuls des faibles pourraient mourir pour ça ! D’ailleurs, c’est juste un jeu, on rigole ! ».

 

 

Les projections, sur le mode « ce n’est pas moi, c’est l’autre », sont fréquentes : « Le premier dealer, celui qui prend les taxes sur l’alcool et le tabac, c’est pas l’Etat peut-être ? ! ? ». La banalisation est de mise : « Mais tous les jeunes consomment ! Et pas que les jeunes, d’ailleurs ! ». L’idéalisation n’est pas rare : « On s’aime, alors pourquoi voulez-vous qu’on se refile le sida ? ». Parfois la défense psychique prend une tonalité fataliste : « Vu le chômage, jouer sur Internet, c’est tout ce qui nous reste... ». Les défenses psychiques s’activent dans une fonction déculpabilisatrice, déresponsabilisante, mais surtout protectrice de l’image de soi, et avec pour conséquence une tendance à mésestimer, voir à ignorer, les risques pris.

Défense psychique et estime de soi 

 

L’engagement dans ces conduites est souvent corrélé avec des bénéfices psychiques prenant la forme d’une valorisation de l’image de soi par les prises de risques elles-mêmes : « je suis celui qui ose, celui qui clame : "même pas peur !" ». Et cette valorisation de l’image de soi par les prises de risque a généralement une finalité compensatrice d’une estime de soi défaillante. Défaillance qui s’inscrit dans un manque de confiance en soi, un sentiment d’insécurité sociale, un sentiment de dignité altérée, un faible sentiment d’estime sociale, notamment du fait de la stigmatisation des groupes d’appartenances auquel l’individu se réfère…

La conduite à risque et la rencontre du danger sont puissamment euphorisante, vivifiante et valorisante, en telle sorte qu’elles contribuent à réguler et à réduire les tensions internes et les angoisses.

 

 

 

Notons, que la peur est liée à une situation qui expose au danger, et qu’il est donc bien souvent possible de s’y soustraire : il suffit d’arrêter, de se « calmer sur la came » ou de se « ranger » un petit moment pour que le danger s’éloigne. Par contre, l’angoisse, qui est interne et enracinée dans les vulnérabilités de la personne, surgit sans crier gare et ne vous lâche pas comme ça. S’exposer au danger permet de s’auto-stimuler d’une manière qui permet de tenir à distance l’angoisse (4).

Le danger, pour celui qui est envahis par l’angoisse, est alors basculer dans des passages à l’acte, de viser l’excès, de se laisser entraîner dans un agir non maîtrisé, en espérant qu’il procurera un soulagement : écraser le champignon, consommer d’un coup toute sa réserve de came, provoquer des adversaires plus puissants...

3. La métaphore de la conduite adaptative 

 

La C-à-R peut enfin être regardée, métaphoriquement, comme une sorte de conduite d’adaptation à un environnement. Et, à nouveau, sur deux niveaux logiques : il y a, d’une part, dans la c-à-r une dynamique adaptative à un contexte social et/ou familial potentiellement angoissant comme nous l’avons vu. Et, d’autre part, la c-à-r a une fonction analogue à une conduite d’adaptation en ce qu’elle est recherche d’une place.

Parce que la prise de risque et la peur surmontée confère quelques prestiges, la conduite à risque permet d’acquérir une place enviable et la reconnaissance de certains groupes de pairs. Les liens tissés grâce à la c-à-r permettent d’accéder à des espaces de sociabilités nouveaux et à des ressources. Elle permet aussi de s’affirmer et de s’autonomiser vis-à-vis du monde des adultes. L’appartenance au groupe produit, d’un côté, des protections rassurantes ; mais, par un autre côté, elle crée des dépendances, des tendances au suivisme et au conformisme pour ne pas se démarquer du groupe.

 

 

 

Le groupe peut même exercer une forme d’emprise, en particulier lorsque les activités impliquent des échanges inégaux, créateurs de dettes matérielles – c’est particulièrement vrai dans les conduites à risque qui requièrent de l’argent, comme par exemple, l’engagement dans des petits trafics ou la consommation de drogues onéreuses. Mais à ces dettes s’ajoutent l’emprise symbolique qu’exercent les codes de loyauté qui obligent, parfois, à se rendre solidaires d’actes déviants.

Une fois sous l’emprise de dettes matérielles et symboliques, une forme de terreur peut s’installer, terreur qu’il faut distinguer de la peur et de l’angoisse. Et là encore, il y a risque du passage à l’acte : par exemple, faire un braquage pour réunir le cash requis pour acquitter de ses dettes ou commettre un délit sous le nez de la police dans l’espoir d’aller se cacher au fin fond d’une prison. Il y a aussi le risque de passage dans une perversité ordinaire qui va consister à manipuler d’autres personnes pour qu’ils prennent des risques à votre place.

 Peur, terreur et culture néolibérale

 

Avant de conclure, je voudrais aussi évoquer, cette forme de terreur intellectuelle qu’exerce l’idéologie dominante de la société néolibérale. Dans le monde postmoderne et néolibéral, ce qui est valorisé, ce n’est pas la persévérance à mener des projets, mais l’aptitude à prendre des risques. Ce qui justifie que les banquiers, traders et spéculateurs soient infiniment mieux payés que nous autres, qui attendons notre salaire qui tombera à la fin du mois, c’est qu’eux prennent des risques. Certes, ils prennent des risques avec notre argent, en telle sorte que quand il y a un pépin, c’est nous qui payons la note. En vérité, ce sont des rentiers, qui prospèrent sous la protection de l’Etat, et c’est bien pour dissimuler cette réalité obscène qu’ils sont aussi tonitruants dans leur apologie de la prise de risque. Mais force est de constater que l’idéologie néolibérale et l’idéologie des adeptes des conduites à risque sont parfaitement accordées : c’est la prise de risque qui mérite d’être récompensée.

C’est là, l’idéologie du Maître, au sens hégélien, le Maître étant le guerrier qui s’est exposé au risque de mourir, par opposition à l’esclave, qui est le guerrier qui a fait le choix de vivre, et qui s’est rendu.

 

 

 

L’idéologie néolibérale comme celle des preneurs de risques méprise les protections : pour le néolibéral, les protections sociales et les protections accordées aux salariés et aux consommateurs seraient les causes du manque de compétitivité et des entraves à la créativité entrepreneuriale. Pour le preneur de risque, toutes les mesures de protection, par exemple les mesures des protections des mineurs face au tabac, à l’alcool, aux jeux en ligne, sont tout simplement liberticides.

Le preneur de risque, qui fait bien souvent parti des exclus de cette société, à défaut d’accéder à une vraie place dans la société néolibérale, en est pourtant... l’un de ses porte-étendards!

En conclusion, il apparait qu’il faut distinguer la peur, qui est surtout un signal qui nous enjoint à nous dérober ou à dépasser une situation dangereuse, de l’angoisse qui s’enracine dans les vulnérabilités de l’individu et de la terreur, qui est la conséquence d’un rapport de place qui met l’individu en situation de vulnérabilité.

En guise de conclusion : quelle prévention ? 

 

Ensuite, il apparait que la prévention des conduites à risques ne saurait se fonder sur la peur. La peur est, en effet, le stimulant qui pousse le preneur de risque à acquérir de plus en plus de maîtrise sur sa pratique et cette maîtrise accrue lui confère une assurance qui lui permet de prendre encore plus de risque. La peur est non seulement l’un des condiments de la conduite à risque, mais aussi une sorte d’antidote contre l’angoisse. Et la peur surmontée, lui confère une sorte de prestige, au moins aux yeux des pairs, ce qui lui permet d’obtenir une place parmi eux.

C’est pourquoi, la prévention des conduites à risques doit surtout :

- promouvoir des outils d’évaluation/auto-évaluation des prises de risques et des outils pratiques de réduction des risques et des dommages éventuels (comme par exemple mettre à disposition des préservatifs, la pilule du lendemain, des seringues stériles, etc.).

- La prévention doit viser le renforcement de l’estime de soi par des actions qui permettent le développement de compétences psychosociales (5), dans une finalité de réassurance des personnes dans leurs capacités à s’adapter de manière efficace aux situations génératrices de stress et de mal-être.

 

 

 

- La prévention consiste aussi dans des actions de médiation en vue de réduire les tensions qui vulnérabilisent les individus et altèrent les liens protecteurs d’affiliation, d’insertion et de citoyenneté.

- Elle vise aussi à aider les individus à élaborer sur le sens de leurs conduites, par l’animation d’espace de parole collectif (groupe de parole, théâtre-forum…) et/ou par l’animation d’espace créatif et artistique qui permettent de symboliser ce que ne peut être immédiatement verbalisé.

En somme, retenons que la prévention fondée sur la peur, au mieux, ne sert à rien, et qu’au pire, elle incitera à s’engager dans les conduites à risques, les jeunes les plus fragiles pouvant s’exclamer : « si j’aurais su, j'aurais v'nu, vu qu’ça fait même pas peur ! ».

Sources 

 

(1) Winnicott, D.W., 2000, Jeu et réalité, Paris, NRF Gallimard
(2) Caillois, R., 1992, Les Jeux et les Hommes, Paris, Folio
(3) Becker, H.S., 1985, Outsiders, Paris, Métailié
(4) On pourrait trouver une analogie entre conduites à risques et des conduites comme celle de l'automutilation et des scarifications, où la douleur auto-infligée permet de réifier une angoisse et de retrouver une forme de contrôle sur soi-même : la douleur est contrôlable, on peut plus ou moins s'en affliger, en enfonçant plus ou moins profondément une lame dans la chair et on peut la retirer à volonté. Alors que l'angoisse est, elle, non-contrôlable.
(5) L’OMS définit ainsi les compétences psychosociales : « Les compétences psychosociales sont la capacité d'une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne.


 

 

C'est l'aptitude d'une personne à maintenir un état de bien-être mental, en adoptant un comportement approprié et positif à l'occasion des relations entretenues avec les autres, sa propre culture et son environnement. Les compétences psychosociales ont un rôle important à jouer dans la promotion de la santé dans le sens le plus large en termes de bien-être physique, mental et social. Plus particulièrement, quand le comportement est lié à une incapacité à répondre efficacement au stress et aux pressions de la vie. »  Sont regardée comme des compétences psychosociales, le fait : de se connaître soi-même, d’avoir confiance en soi ; de savoir gérer ses émotions et de maîtriser son stress ; de développer un raisonnement créatif et d’avoir une réflexion critique ; de développer des compétences en matière de communication et de relations interpersonnelles ; de prendre des décisions et de savoir résoudre un problème ; de se fixer des buts à atteindre et de faire des choix ; de s’observer, s’évaluer et de se renforcer.