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L’addiction, une maladie du cerveau selon l’ASAM

L'ADDICTION, UNE MALADIE DU CERVEAU SELON L'ASAM
Définition de l'"AMERICAN SOCIETY OF ADDICTION MEDICINE"
suivi de la réaction du Dr Alain MOREL (2nd article)

Le Flyer N°46, Février 2012

Définition de l'addiction par l'ASAM

C’est ce qu’on a pu lire dans une dépêche du 8 août 2011, sur le site Medscape, reprenant les positions de cette société savante qu’on peut lire sur son site dans sa version intégrale. Nous proposons ici, une traduction des principaux extraits de cette dépêche.

« Fondamentalement, l’addiction n’est pas seulement un problème social, moral ou criminel. C’est un dysfonctionnement cérébral qui a des répercussions dans ces différents domaines » a récemment déclaré le Pr Michael Miller, ancien président de l’ASAM.

« Cette maladie est liée au dysfonctionnement du cerveau et non aux drogues. Elle est neurologique et non liée à des facteurs externes. »

Des données issues d’études sur les fonctions cérébrales ont conduit, depuis quatre ans, plus de 80 experts à se réunir afin d’élaborer une nouvelle définition de l’addiction. Des recherches ont montré que l’addiction affecte la neurotransmission au sein du système de récompense, déclenchant des comportements addictifs basés sur la mémoire des expériences passées et altérant les aires qui dirigent l’impulsivité et le libre arbitre.

Une maladie chronique

Le résumé disponible sur le site de l’ASAM décrit l’addiction comme une maladie à part entière, ce qui signifie « qu’elle n’est pas la conséquence d’autres causes telles que des problèmes émotionnels ou psychiatriques ». L’ASAM constate, également, que l’addiction est un état chronique et qu’elle doit donc être « traitée, gérée et suivie tout au long de la vie ». Le Dr Raju Hajela, président du comité en charge de la nouvelle définition à l’ASAM et ancien président de la Canadian Society of Addiction Medicine, a déclaré que cette maladie provoque des comportements difficiles à comprendre par autrui.

« Pour le dire simplement, l’addiction n’est pas un choix, [mais] le choix joue toujours un rôle important quand il s’agit de demander de l’aide. Parce qu’il n’y a pas de pilule miracle pour soigner l’addiction, il est nécessaire de choisir de corriger les comportements pathologiques » a ajouté le Dr Hajela.

Le Dr David Kupfer, président au sein de l’American Psychiatric Association d’un groupe de travail pour la 5ème édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5) a déclaré à Medscape Medical News qu’un certain nombre de troubles mentaux actuellement présents dans le DSM-4 et qui seront dans le DSM-5 sont considérés comme chroniques et persistants.

« Les comportements addictifs, les troubles anxieux, très certainement les troubles dépressifs ou bipolaires, la schizophrénie et certains troubles neurocognitifs tels que la maladie d’Alzheimer ne sont pas différents des maladies cardiovasculaires, du diabète ou même de l’asthme d’une certaine façon » affirme le Dr Kupfer. « En réfléchissant de cette manière, de nombreuses personnes tentant de réviser l’actuel DSM ont pu réaliser que ce que nous recherchons, ce sont les causes physiologiques et psychopathologiques sous-jacentes ainsi que l’étiologie de ces troubles ».

Une définition qui diminue la stigmatisation

Le Dr Kuppfer note que cette nouvelle définition est en accord avec les développements parallèles actuellement en cours dans les autres disciplines de la psychiatrie. « Il est très satisfaisant de voir notre société approuver le fait que, d’une certaine façon, l’addiction pourrait très bien être un trouble cérébral chronique, et non simplement un trouble comportemental. Et je suis totalement d’accord avec cela. »

De surcroît, il lui semble important que cette information soit connue du grand public, pour faire savoir à ceux qui sont touchés par cette pathologie que la démarche en vue d’accéder à un traitement est bonne pour eux.

« La seule façon de mettre un terme à la stigmatisation est de continuer de montrer encore et encore, et espérons avec davantage de preuves scientifiques, que ces troubles ne sont pas différents des pathologies déjà traitées dans les autres disciplines médicales. La nouvelle définition va nous aider en ce sens. »

La définition de l’addiction selon l’ASAM est disponible sur le site de cette société, vous pouvez y accéder en cliquant ici.

Accéder à la réaction du Dr Alain Morel :